Le FMI reconnait des « échecs flagrants » dans la gestion de la crise grecque

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La réduction des déficits et la mise en place de réformes structurelles ont été demandées trop rapidement à Athènes et n’ont pas permis au pays de retrouver la confiance des marchés, estime l’organisation.

Les exigences posées par le Fonds monétaire international (FMI) et ses partenaires en contrepartie de l’aide accordée à Athènes étaient inadaptées, a estimé mercredi 6 juin. L’organisation admet également que ses prévisions économiques pour la Grèce étaient trop optimistes, dans sa troisième évaluation du plan d’aide international.

« Echecs flagrants »

Les créanciers de la République hellénique étaient partagés entre la crainte d’une propagation de la crise de la dette à d’autres pays et les doutes sur la capacité d’Athènes à supporter durablement le fardeau de sa dette publique, explique encore le rapport publié par le FMI.

« Pour répondre (à cette préoccupation) il a été décidé d’abaisser de manière exceptionnelle les critères en matière de soutenabilité », indique le rapport.

Lorsque le plan d’aide à la Grèce a été approuvé par le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, il a été demandé à Athènes de réduire immédiatement son endettement et de mettre en place des réformes structurelles, des exigences qui ont provoqué des « échecs flagrants », ajoute-t-il.

Certes, la Grèce a pu demeurer dans la zone euro et réduire en partie son endettement, mais elle n’est pas parvenue à regagner la confiance des marchés. L’économie grecque s’est enfoncée dans l’une des récessions les plus brutales traversée par un pays en temps de paix, avec un plongeon de 22% de la production entre 2008 et 2012.

Restructuration plus rapide

Le rapport du FMI souligne que ses prévisions économiques peuvent être critiquées dans la mesure où elles se sont révélées « trop optimistes ».

Dès qu’il s’est avéré que le niveau de l’endettement de la Grèce était insoutenable, le FMI aurait dû forcer la main des créanciers privés d’Athènes d’accepter une décote, ajoute le rapport.

« Une restructuration plus précoce de la dette aurait pu alléger le fardeau de l’ajustement de la Grèce et contribuer à éviter une contraction aussi spectaculaire de la production », reconnaît-il.

Le FMI a reconnu en 2012 que la baisse des dépenses publiques pourrait avoir affecté la croissance bien plus brutalement qu’il ne l’avait imaginé et qu’il était plus sage que les pays qui affrontent des crises économiques repoussent à plus tard les coupes budgétaires.

Coopération trop étroite avec la zone euro

Le rapport laisse également entendre que la mission du FMI a peut-être été entravée par le fait qu’il coopérait trop étroitement avec la zone euro et qu’il ne s’est pas assez préoccupé de savoir si ses décisions étaient de nature à recevoir un soutien politique suffisant en Grèce.

Athènes aurait en outre peut-être besoin de voir ses partenaires européens lui accorder des réaménagements de dette plus vite que prévu si les investisseurs ne se montrent pas convaincus par les mesures d’austérité mises en place dans le pays.

« S’il s’avère que les interrogations au sujet de la viabilité de la dette pèsent sur le sentiment des investisseurs, même avec le cadre déjà mis en place pour aménager cette dette (…) une approche plus frontale concernant ce réaménagement devrait être envisagée », souligne le FMI.

Réaménager la dette

Les créanciers internationaux d’Athènes ont déjà convenu qu’ils pourraient réaménager la dette du pays, vraisemblablement via une baisse des coûts de financement, si la Grèce atteint cette année ses objectifs budgétaires.

Le FMI semble suggérer qu’il faudrait aller plus loin pour être sûr que le pays ne dévie pas des conditions de son programme d’aide.

Paul Thomsen, chargé de la Grèce au sein du FMI, déclare par ailleurs que le pays devra prendre des mesures supplémentaires de réduction des dépenses pour combler le manque de financement estimé pour l’exercice fiscal 2015-2016.

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