Le G20 parvient à un compromis pour éviter une guerre des devises

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Après deux jours d'intenses discussions, les dirigeants du G20 ont balayé leurs différends et ont abouti à un vague compromis sur la dévaluation de la monnaie et sur le déséquilibre commercial, deux questions épineuses qui ont secoué les relations diplomatiques au cours de ces dernières semaines.

Lors du sommet du G20 à Séoul aujourd'hui (22 novembre), les riches pays exportateurs et les nations endettées consommatrices se sont engagés à travailler ensemble pour combattre les "tensions et vulnérabilités" économiques mondiales qui ont suscité la crainte d'une guerre des devises et d'un protectionnisme commercial.

"Nous nous sommes engagés à réduire les déséquilibres excessifs et à maintenir les déséquilibres de la balance courante à des niveaux viables. Notre méthode, qui utilise des indicateurs pour une évaluation des déséquilibres macro-économiques et de leurs causes, a été soutenue par les dirigeants du G20", ont déclaré conjointement José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen.

Les dirigeants se sont déjà accordés sur un "cadre" pour une croissance équilibrée et ils ont soumis des plans économiques à moyen terme qui devront être révisés par le Fonds monétaire international (FMI) pour s'assurer qu'ils ne soient pas incompatibles. Toutefois, le communiqué final du sommet de Séoul n'a pas été beaucoup plus loin.

On oublie les objectifs

Les dirigeants n'ont pas pu tomber d'accord sur des objectifs pour résoudre les déséquilibres de la balance courante entre les pays comme l'avaient demandé les Etats-Unis, et, à la place, ont fait appel au FMI ainsi qu'à d'autres organisations internationales pour qu'ils les conseillent sur des "directives indicatives" afin de les aider à identifier les grands déséquilibres qui nécessitent qu'une action préventive et corrective soit entreprise.

Les progrès sur ces directives, composées d'une série d'indicateurs, seront discutés par les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales au cours du premier semestre 2011.

Résister à une guerre des devises

Dans la mesure où les déséquilibres commerciaux affectent les taux de fluctuation des échanges, les chefs d'Etats se sont accordés pour se diriger vers un système de taux de change basé sur le marché qui reflèterait les données économiques fondamentales sous-jacentes et réfrénerait une dévaluation compétitive des monnaies, ce à quoi les ministres des finances du G20 s'étaient déjà engagés le mois dernier.

Les Etats-Unis, entre autres, ont accusé la Chine de garder une monnaie sous-évaluée pour gagner un avantage commercial et ont tenté de s'assurer que Pékin promette de laisser le yuan augmenter plus rapidement.

Cependant, Washington a également passé un sale quart d'heure dans la mesure où nombre de ses alliés ont vu l'argent de la Réserve fédérale comme un moyen de dévaluer le dollar.

Lors du précédent sommet du G20, les chefs d'Etat avaient envisagé d'introduire une remarque dans la déclaration commune pour distinguer la Chine à cause de sa monnaie sous-évaluée. Encore une fois, cela ne s'est pas produit.

"La cohésion et la coopération ont défini le G20 durant la crise. Cela a permis une action politique décisive pour évite une seconde Grande dépression. Aujourd'hui, le défi est de sécuriser la relance et de créer la croissance et l'emploi dont à besoin le monde. Nous reconnaissons tous qu'il reste beaucoup à faire, mais le Plan d'action de Séoul est un pas dans la bonne direction, a déclaré Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI.

Réformer le FMI

Les dirigeants ont approuvé un paquet de réformes proposées par leurs ministres des finances le mois dernier afin de reformer le FMI pour refléter un changement dans l'équilibre du pouvoir économique mondial.

D'après cet accord, plus de 6 % des votes au Fonds passeront aux mains des pays en voie de développement tels que la Chine, qui deviendra le troisième membre le plus important du FMI fort de 187 membres et basé à Washington.

"Ces quotas et les réformes sur la gouvernance vont, comme l'a reconnu le G20 à Séoul, améliorer la légitimité du Fonds, sa crédibilité et son efficacité, le rendant encore plus fort pour promouvoir la croissance et la stabilité financière mondiales pour tous ses membres", a noté M. Strauss-Kahn, saluant l'approbation de changements en matière de gouvernance au FMI par les leaders du G20.

Fin de la partie avec Doha

Les dirigeants ont promis de réengager des négociations "générales" pour mener rapidement le cycle de Doha pour le développement vers une fin fructueuse, ambitieuse, intelligente et équilibrée.

Les pays essayent depuis des années de clôturer les négociations houleuses visant à libérer le commerce mondial et à étendre les bénéfices de la mondialisation aux pays en développement. Les dirigeants reconnaissent à présent que 2011 représente une fenêtre d'opportunités décisive.

"Nous devons terminer la partie. Une fois qu'un tel résultat sera atteint, nous nous engageons à demander une ratification dans nos systèmes respectifs", peut-on lire dans le communiqué final de Séoul.

Les leaders mondiaux sont actuellement engagés dans un conflit sur les déséquilibres et les politiques monétaires qui maintiennent artificiellement les monnaies à un faible taux.

Ce conflit a culminé lors des discussions du G20.

La Chine a, de manière répétée, permis à sa monnaie de dévaluer, ce qui a mis en colère ses partenaires commerciaux. L'Europe a essayé à maintes reprises de convaincre la Chine de rectifier sont déséquilibre au niveau des taux de change, poussant Pékin à se focaliser davantage sur son marché intérieur en croissance plutôt que sur les exportations.

  • Première partie de 2011: Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales évalueront les progrès sur les directives indicatives pour identifier les importants déséquilibres de la balance courante entre les pays.

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