Le gouvernement français s’inquiète pour la place financière de Paris

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Michel Sapin a lancé le 16 juin un comité pour plancher sur l’avenir de la place financière de Paris, dont la compétitivité est mise à l’épreuve par ses consœurs européennes telles que la City ou Francfort. La vente d’Euronext qui sera mise sur le marché le 20 juin est aussi une source d’instabilité.

 Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, a installé lundi 16 juin le Comité « Place de Paris 2020 ». Objectif pour le gouvernement : remettre la  finance « au service de l’économie réelle » a martelé Michel Sapin. Et renforcer la compétitivité d’une place financière clairement en perte de vitesse.

« Le développement d’une industrie financière qui assure le financement de l’économie, dans ses différentes composantes, et notamment celui de nos entreprises, de manière compétitive et sûre est un enjeu majeur pour la  France » a affirmé le ministère de l’Economie et des Finances dans un communiqué.

Cette initiative intervient au beau milieu de l’introduction en bourse d’Euronext, la place de marché paneuropéenne dont la bourse de Paris est le principal actif. Racheté en 2007 par l’américain Nyse, lui-même ensuite absorbé par ICE, Euronext a été jugé non stratégique et sera remis sur le marché le 20 juin.

Pour éviter la prise de contrôle d’un autre acteur boursier lors de l’introduction en bourse, le gouvernement français s’est mobilisé. La Banque publique d’investissement, BNP Paribas et la Société Générale ont été prisé de prendre d’office une minorité de blocage de 33 % du capital.

Comité 2020  mis en place à l’heure de l’introduction en bourse d’Euronext

Le Comité sera co-animé par Gérard Mestrallet, Président de GDF Suez et de l’Association Paris Europlace et par le Directeur Général du Trésor. Par ailleurs, il rassemblera  des représentants du Trésor, de la Banque de France et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) -, mais aussi des élus franciliens comme Jean-Paul Huchon, le président du conseil régional d’Ile-de-France, ou du secteur privé (banques, assureurs, entreprises, etc) la feuille de route du comité comprend trois objectifs.

  • développer les marchés financiers répondant de manière sûre et efficace aux besoins des entreprises
  • mobiliser au mieux l’épargne abondante des ménages français au service de la croissance
  • promouvoir à horizon 2020 un modèle pour une place financière de Paris attractive et dynamique, tournée vers le financement de l’économie.

 

A l’issue de la réunion de travail, trois groupes de travail ont été instaurés. Ces derniers devront  présenter des  propositions d’ici la fin de l’année.

Objectif, trouver des relais de compétitivité pour Europlace. Un objectif qui a le mérite de mettre d’accord les principaux acteurs concernés. « « Pour nous, entreprises industrielles, nous avons besoin d’avoir une place financière forte » a souligné Gérard Mestrallet à l’occasion d’une  conférence de presse avec Michel Sapin.

Aujourd’hui, le financement des entreprises provient à 70% des banques et à 30% des marchés financiers. Mais la tendance devrait évoluer.  « Le financement du marché sera largement majoritaire à la fin de cette décennie » a-t-il rappelé.

Reste que le gouvernement français avance avec des marges de manœuvres plutôt restreinte sur le sujet.

La TTF pomme de discorde

Pour accroître la compétitivité de la place financière de Paris, Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, a immédiatement dénoncé les effets néfastes de la future taxe européenne sur les transactions financières.

« Nous avons évoqué en toute franchise avec le ministre le problème de la taxe sur les transactions financières si elles ne s’appliquent qu’aux 11 pays de l’UE candidats » a avancé le président d’Europlace.

Même son de cloche du côté de la Fédération bancaire française (FBF). «  Il faut lever l’hypothèque du projet de taxe de transaction financière européenne qui serait mis en place par 10 Etats membres dont la France. Etendu aux produits dérivés, il générerait une délocalisation massive des transactions, en totale contradiction avec le développement de la Place de Paris et le financement de l’économie réelle par les marchés »  affirme le secteur bancaire dans un communiqué.

Selon l’Autorité des marchés financiers, la TTF  française a entrainé  par une baisse significative des transactions de l’ordre de 20 % lors de son introduction et de 10 % sur le moyen terme. 

 Je salue le lancement par Michel SAPIN, Ministre des Finances et des Comptes publics, du Comité « Place de Paris 2020 » au service du financement de l’économie. L’enjeu est essentiel pour la poursuite du financement des entreprises et la relance de la croissance. Il ne peut être question de reporter les décisions qui s’imposent. L’urgence est de mettre en place des premières mesures concrètes et d’engager un processus de moyen terme pour renforcer la compétitivité de la place financière de Paris en Europe et dans le monde, d’ici à 2020. »  a souligné Gérard Mestrallet,  Président de Paris EUROPLACE.

L'association Paris Europlace est le lobby de la place financière parisienne. L'industrie financière représente 6 % de la popuation active en France, et 4,6 % du PIB. Elle est vent debout contre la mise en place au niveau européen d'une taxe sur les transactions financières, alors qu'une telle taxe a déjà été instaurée en France en 2012.

  • « Comité Place de Paris 2020 » : L'Urgence de Relancer la compétitivité de la place de Paris au Service du Financement de l'Economie et de la Croissance ! – Communiqué d’Europlace – 16 juin 2014

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