Le Letton Valdis Dombrovskis joue la prudence devant le Parlement européen

Le vice-président letton en charge de l'Euro et du Dialogue social, Valdis Dombrovskis, lors de son audition au Parlement européen - 6 octobre 2014 - ©Parlement européen

Le vice-président letton en charge de l'Euro et du Dialogue social, Valdis Dombrovskis, lors de son audition au Parlement européen - 6 octobre 2014 - ©Parlement européen

Le vice-président letton en charge de l’Euro et du Dialogue social a insisté sur la prise en compte des aspects sociaux dans l’Europe de demain. Il a botté en touche sur la répartition des tâches avec le commissaire français, Pierre Moscovici.

Le letton Valdis Dombrovskis s’est montré prudent lors de son audition, lundi 6 octobre après-midi. Auditionné par la commission des Affaires économiques du Parlement européen (ECON), le candidat a eu à cœur de convaincre les eurodéputés de sa fibre sociale.

Une gageur alors que sa réputation de rigueur est déjà faite et ne colle pas nécessaire à l’intitulé de sa fonction. Nommé vice-président à l’Euro par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, il est également en charge du dialogue social.

Premier ministre de la Lettonie de 2009 à 2013, il a imposé des réformes structurelles et des réductions de salaire très importantes pour que son pays sorte de la crise. Il avait démissionné de son poste après l’effondrement du toit d’un supermarché à Riga.

Défenseur de l’euro et de la stabilité jusqu’alors, il a largement infléchi sa position durant cette audition.

Des recommandations plus que des sanctions

Autant Pierre Moscovici avait été interrogé sur les déboires budgétaires de la France, autant M. Dombrovskis a été épargné sur le sujet. Il a toutefois évoqué à plusieurs reprises la notion de flexibilité à propos du pacte de stabilité. À propos du semestre européen, il a répété l’intérêt des recommandations formulées par la Commission européenne.

« Il ne s’agit pas de sanctions en tant que telles, il faut renforcer l’appropriation de ces recommandations par les pays concernés » a-t-il déclaré, insistant sur l’importance d’intégrer, dans le futur, les partenaires sociaux dans le travail de la Commission européenne lors de la prépartion du budget des Etats-membres.

Refonte de la directive travailleurs détachés

Le commissaire s’est montré déterminé sur la renégociation de la directive travailleurs détachés, contrairement à Marianne Thyssen, la commissaire à l’emploi qui avait été interrogé par la même Commission la semaine dernière.

>>Lire aussi : La commissaire à l’emploi promet d’ajouter du social à l’Europe

Interrogé sur l’évolution à donner au dialogue social, le commissaire a promis de le renforcer. « Les partenaires sociaux n’ont pas pu présenter de propositions au niveau de l’Union européenne, or il faut qu’ils puissent le faire, il faut renforcer le dialogue social entre les partenaires eux-mêmes »

« Je suis d’accord avec Marianne Thyssen : les indicateurs sociaux doivent s’appliquer avec plus de pertinence. S’il devait y avoir des déséquilibres excessifs, il faudrait donner plus de poids aux aspects sociaux » a-t-il affirmé. 

Soutien à la garantie pour la jeunesse

« Je suis défenseur de l’euro et je me suis battu durant la crise de la zone euro» a répété à plusieurs reprises le commissaire, tout en rappelant que la priorité de la Commission Juncker était désormais l’emploi et la croissance. L’ancien premier ministre a notamment insisté sur l’emploi des jeunes.

« A propos de la garantie jeunesse : il faut accélérer la mise en œuvre de ces instruments et élargir la mise en œuvre de ce programme : nous devons trouver une réponse au niveau européen, c’est un excellent programme » a-t-il assuré.

Problème sur la répartition des tâches

Le candidat a peu été mis en difficulté, sauf par les élus français. Ainsi, Sylvie Goulard, eurodéputée centriste, lui a demandé quelle serait exactement la répartition des rôles entre lui et Pierre Moscovici, et notamment lequel d’entre eux représenterait la zone euro à l’international.

Le commissaire a simplement répondu que leurs cabinets respectifs étaient en train de se répartir les rôles « de façon pragmatique ». Une réponse qui a été peu appréciée des parlementaires.

De même, le commissaire s’est attiré des critiques après n’avoir pas répondu à une question de l’eurodéputé socialiste Pervenche Berès qui l’interrogeait sur l’hypothèse de sortie d’un pays de la zone euro.

« Votre solution à la crise de l’euro, c’est la dislocation ? »  a demandé l’eurodéputée. Le commissaire lui a répondu qu’il pourrait lui répondre en aparté, suscitant l’ire des élus.

La répartition des rôles entre les différents commissaires en charge des portefeuilles économiques, qui a fait l’objet de l’essentiel des questions adressées à Pierre Moscovici, reste encore floue.

« Je serai un coordinateur pas un superviseur. Je ne vais pas faire du micro management du travail de Pierre Moscovici » a simplement promis l’homme politique letton dans une réponse évasive.

En matière économique, une seule audition manque à l’appel avec celle de Jyrki Katainen, le vice-président en charge de l’emploi, de la croissance, des investissements et de la compétitivité, mardi 7 octobre.

>>Lire aussi : Les 22 questions du Parlement européen à Pierre Moscovici

Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne, a annoncé le 10 septembre la distribution des portefeuilles au sein de sa nouvelle équipe.

Avec 18 anciens (premiers) ministres, la nouvelle Commission sera « très politique », comme l'a indiqué le Luxembourgeois lors de la présentation de son nouvel exécutif, qui doit entrer en fonction le 1er novembre 2014.

La nouvelle composition de la Commission doit maintenant être approuvée par le Parlement européen, qui doit auditionner les commissaires européens entre le 29 septembre et le 7 octobre. Au cours de ces deux semaines, les 27 commissaires seront entendus par les eurodéputés des commissions parlementaires compétentes sur leur portefeuille. Le Parlement européen doit ensuite avaliser ou rejeter l'équipe dans son intégralité. Pour l'heure, certaines auditions se sont mal passées : 6 candidats commissaires sont actuellement remis en question soit pour leur compétences soit pour des conflits d'intérêt soit pour l'inadéquation de leur portefeuille et de leur profil.

 

 

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