Le nouveau gouvernement français donne des gages à l’Europe libérale

Emmanuel Macron

Le casting paritaire du nouveau gouvernement français atteste d’une orientation clairement social-libérale.

Le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a annoncé mardi 26 août la composition d’un nouveau gouvernement, placé sous le signe de la « clarté » selon le désir du Premier ministre, Manuel Valls. Le nouveau collège est composé de 8 femmes et de 8 hommes dont 12 étaient déjà présents dans l’équipe sortante.

Le choix d’une orientation plus social-libérale semble clairement assumé dans le casting choisi par Manuel Valls, un choix qui interroge l’aile gauche de la majorité.

Virage libéral avec un banquier à l’Economie

La crise gouvernementale a été accentuée quelques jours après la rentrée des ministres par des déclarations d’Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie, et Benoit Hamon, ministre de l’Education. L’ancien ministre de l’Economie regrettait l’austérité de la politique économique européenne et le poids démesuré de l’Allemagne.

Emmanuel Macron, 36 ans, qui était conseiller à l’Elysée depuis deux ans, remplace Arnaud Montebourg à l’Economie. Ancien banquier passé par la banque Rotschild, formé à l’ENA et Normal Sup, le jeune ministre a fait des études de philosophie poussées. Sa nomination a concentré l’attention après l’annonce des nominations, qu’il s’agisse de critiques de la part de l’aile gauche du Parti socialiste, ou d’éloges de la part du centre et de la droite. Son rôle majeur dans le sauvetage de la société Alstom au printemps dernier aurait joué.

Emmanuel Macron a néanmoins pris des positions fermes faces à l’Allemagne, notamment sur la question des excédents excessifs que l’on reproche au pays.

« Dans la mesure où on impose une cohérence budgétaire à beaucoup d’Etats qui font des efforts très durs, comment utiliser l’excédent allemand ? Est-ce qu’ils ne doivent pas faire de la relance ? Est-ce que les Allemands ne doivent pas être un peu plus keynésiens en ce moment » avait-il déclaré lors d’un débat organisé par Sciences Po Paris en 2013.

Cette nomination devrait rassurer les partenaires européens de la France. Notamment les autres chefs d’Etat sociaux-démocrates attendus à Paris samedi matin, alors qu’une coalition droite-gauche doit mettre en place un nouvel exécutif européen dans les dix premiers jours de septembre.

Des femmes à des postes majeurs

Contrairement au futur exécutif européen, le nouveau gouvernement donne une bonne place aux femmes, qui sont  aussi nombreuses que les hommes dans le gouvernement.

En plus de Christine Taubira qui reste garde des Sceaux, Najat Vallaud Belkacem devient ministre de l’Education nationale, une grande première pour ce ministère. De son côté, Fleur Pellerin reprend le ministre de la Culture.

Vives réactions

La gauche du Parti socialiste a vivement réagi aux choix du Premier ministre, en critiquant le virage libéral et la nomination d’Emmanuel Macron. A droite, Laurent Wauquiez, député UMP, et Nadine Morano, député européenne, ont estimé que nommer Najat Valaut Belkacem à l’Education représentait une provocation.

«C’est un gouvernement conforme au projet du président pour réformer l’économie française» assure un porte-parole du PS.

Frémissements de la politique économique européenne

Le Premier ministre, Manuel Valls, a lui insisté mardi soir sur France 2  sur l’évolution actuellement en cours en Europe concernant la politique économique.

«Il y a un débat européen, aujourd’hui. Mario Draghi, le président de la BCE a lui même reconnu qu’il fallait moins d’austérité. Alors au moment où les choses bougent, alors que Jean-Claude Juncker prévoit un plan d’investissement de 300 milliards d’euros,  c’est au moment où le débat évolue que certains disent : la France ne pèse pas. Et bien c ‘est faux, nous sommes en train d’obtenir des résultats».

Selon Pierre Laurent, du PCF, « la composition du nouveau gouvernement consacre une orientation plus droitière »

«Les banquiers d’affaires sont au pouvoir, au mépris des peuples » a estime Nicolas Dupont Aignan, député du mouvement Debout La République

Patrick Kanner, le nouveau ministre de la Ville, a déclaré sur LCI : « j’ai un ennemi, c’est le Front national, et ce ministère va me permettre de le combattre »

«Il y a toujours des politiques alternatives, mais celle que nous menons est calibrée, et c'est la bonne pour redonner confiance aux Français» a assuré Manuel Valls, le Premier ministre, sur France 2

L'aile gauche du Parti socialiste est très critique sur la politique économique du gouvernement français depuis le printemps dernier. Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a de son côté pris l'habitude de régulièrement fustiger les politiques européennes, qu'il s'agisse de la politique de la concurrence ou de politique monétaire. La cohésion gouvernementale était sérieusement remise en question par les divergences fondamentales du Parti socialiste en matière de politique économique, et le Premier ministre Manuel Valls a du former un nouveau gouvernement mardi 26 août 2014.

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