Le nouveau record de l’euro inquiète les ministres européens des finances [FR]

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Pour la première fois, les ministres des Finances des 15 pays de la zone euro ont fait part de leur préoccupation commune concernant le nouveau record franchi par leur monnaie. Selon eux, les Etats-Unis devraient travailler davantage pour faire face à la faiblesse du dollar.

« Dans les circonstances actuelles, nous sommes préoccupés par l’évolution excessive des taux de change (…) Nous ne pensons pas que les récentes évolutions reflètent les fondamentaux économiques », a déclaré le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, ajoutant que le groupe n’avait encore jamais déclaré être inquiet.

Les déclarations sont survenues au lendemain du nouveau record de 1,5275 dollar franchi par l’euro le 3 mars. Ce record augmente encore le prix des exportations de l’Union pour ses plus grands partenaires commerciaux.

Pendant des mois, la France a fait pression pour que la Banque centrale européenne agisse face à la hausse de l’euro, affirmant qu’elle nuisait à la compétitivité de ses entreprises exportatrices. Mais certains pays de la zone euro, notamment les Pays-Bas et l’Allemagne, considèrent qu’un euro fort à des avantages – plus particulièrement pour contrôler la forte augmentation des taux d’inflation, qui ont atteint un niveau record en 14 ans de 3,2% en février.

Alors que la force de l’euro devrait augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs européens, la hausse considérable des prix de l’énergie et de l’alimentation empêche une telle situation de se produire. De plus, les dépenses des consommateurs ont en fait diminuées au dernier trimestre 2007, selon Eurostat, l’agence européenne de statistiques.

Face à cette situation, la BCE, qui organisera sa réunion mensuelle le 6 mars, devrait maintenir les taux d’intérêt à 4%, malgré des signes d’intérêt croissant pour les évolutions du marché de la monnaie.

Le 4 mars, dans un commentaire inhabituel sur les taux de change, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a déclaré : « je considère comme très important ce qui a été réaffirmé par les autorités américaines, y compris le secrétaire au Trésor et le président George W. Bush, selon lesquels la politique du dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis ».

La déclaration est survenu après que le président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke a provoqué une autre baisse de la valeur de la monnaie en déclarant au Congrès que ce déclin contribuait à réduire le déficit commercial considérable des Etats-Unis.

Les mots de M. Trichet sont également considérés comme un signe que la BCE pourrait envisager de réduire les taux dans les mois à venir. Ils ont été immédiatement salués par Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, qui a simplement voulu souligner que le président de la BCE, contrairement à son habitude, avait choisi de parler des taux change dès le début la réunion.

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