Le parlement allemand s’apprête à voter sur l’aide aux banques espagnoles

Spain bank bailout.jpg

La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré dimanche qu’elle était convaincue que la majorité des législateurs allemands soutiendraient l’aide au secteur bancaire espagnol lors d’une session extraordinaire de la chambre basse, le Bundestag, prévue ce jeudi (19 juillet).

 

Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé lundi dernier un programme de sauvetage de 100 milliards d'euros maximum pour les banques espagnoles mises à mal par l'éclatement d'une bulle immobilière.

 

Le gouvernement de Mme Merkel a besoin d'obtenir le feu vert du Bundestag avant que le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, ne s'engage vendredi auprès des ministres des finances de la zone à verser la part allemande du renflouement.

 

« Nous obtenons toujours la majorité dont nous avons besoin », a déclaré Mme Merkel lors d'un entretien pré-enregistré pour la chaîne télévisée ZDF diffusé dimanche dernier.

 

Jeu parlementaire

 

Michael Grosse-Boehmer, le coordinateur des conservateurs de Mme Merkel, et Volker Kauder, le chef de file des conservateurs, ont tous deux déclaré dans des interviews publiées dimanche qu'ils étaient persuadés que Mme Merkel obtiendrait la majorité, même si cette majorité n'est pas absolue.

 

M. Grosse-Boehmer s'est toutefois montré prudent, affirmant que même si la grande majorité de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) soutenait Mme Merkel, certains membres du parlement hésitaient encore à la soutenir sur ce point.

 

« Tous sont conscients des inquiétudes de leur électorat », a-t-il expliqué au Spiegel.

 

Une faible minorité de législateurs de la coalition de centre-droit de Mme Merkel a récemment voté contre le nouveau fonds de renflouement de la zone euro, ainsi que contre les règles budgétaires, ce qui met en exergue le malaise qui règne en Allemagne quant aux coûts occasionnés par le soutien des membres plus faibles de la zone.

 

Le gouvernement de Mme Merkel a aisément obtenu une majorité des deux tiers sur ces deux mesures, mais uniquement grâce à l'aide des partis de l'opposition.

 

Dimanche, Mme Merkel a également déclaré que la zone euro n'avait pas encore résolu le problème de savoir si ce serait ses fonds de sauvetage (l'actuel Fonds européen de stabilité financière ou son successeur, le Mécanisme européen de stabilité) ou les Etats bénéficiaires qui alloueraient les futures aides aux banques.

 

« Nous n'avons pas encore adopté de position définitive sur la manière de résoudre la question de la responsabilité, nous n'avons pas encore décidé si un superviseur bancaire (paneuropéen) pourrait intervenir auprès des banques nationales, les restructurer et leur imposer des conditions », a-t-elle précisé.

 

La dirigeante conservatrice a réaffirmé que le prix du soutien continu aux pays de la zone euro en difficulté serait le respect strict par les gouvernements des objectifs budgétaires et un contrôle de leurs progrès par l'UE.

 

« Toutes les tentatives […] de mettre en place un système solidaire sans supervision ou condition n'auront aucune chance d'aboutir avec moi ou l'Allemagne », a martelé Mme Merkel.

 

Conditions de l'opposition

 

Le coordinateur parlementaire des sociaux-démocrates dans l'opposition, Thomas Oppermann, a déclaré dimanche que Mme Merkel ne devrait pas prendre pour acquis le soutien de son parti.

 

« La chancelière doit toujours obtenir une majorité absolue sur les questions clés. C'est également le cas pour l'aide à l'Espagne. Une décision sur un programme d'aide de plus de 100 milliards d'euros n'est pas une question secondaire », a-t-il affirmé dans un communiqué.

 

L'opposition adopte souvent cette position avant les votes, mais en réalité, Mme Merkel n'a besoin que d'une majorité simple pour donner le feu vert au programme d'aide à l'Espagne.

 

M. Oppermann a précédemment confié au Spiegel Online que son parti voterait en faveur d'une aide aux banques espagnoles dans le cadre du FESF.  « L'Espagne doit s'engager à mettre sur pied un nouveau système bancaire sain », a-t-il toutefois ajouté.

 

Rapport de la troïka

 

Concernant la Grèce, Mme Merkel a fait savoir qu'elle souhaitait attendre un rapport de la troïka sur les progrès d'Athènes en matière de réformes avant d'envisager les étapes suivantes.

 

La troïka, qui rassemble des fonctionnaires de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, a commencé à examiner les progrès de la Grèce après des semaines de paralysie politique lors de la campagne électorale.

 

La Grèce, à quelques semaines seulement du manque de liquidités, souhaite renégocier les conditions de son plan de renflouement de 130 milliards d'euros avec l'Union européenne et le FMI, mais les prêteurs, menés par l'Allemagne, ont expliqué qu'ils ne pourraient qu'ajuster le programme et non pas le réécrire dans son intégralité.

 

« Je ne prendrai ma décision que sur la base du rapport [de la troïka] et nous attendrons donc encore quelques semaines », a déclaré Mme Merkel.

 

Le 10 juillet dernier, les ministres de la zone euro ont décidé de donner une année supplémentaire à l'Espagne pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit en échange de nouvelles coupes budgétaires et ils ont défini les conditions d'un paquet d'aide pour les banques espagnoles à la dérive.

 

Ils devraient se réunir à nouveau d'ici la fin du mois pour finaliser et approuver la première tranche de 30 milliards d'euros du plan de renflouement des banques espagnoles (100 milliards d'euros au total).

 

Les banques des pays de la zone euro qui respectent les règles de discipline budgétaire de l'Union européenne pourront bénéficier directement du fonds de sauvetage de la zone, conformément à un accord annoncé le mois dernier (29 juin) lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles.

 

  • 20 juillet 2012 : les ministres des finances de la zone euro devraient approuver le versement de la première tranche d'aide (30 milliards d'euros) à l'Espagne pour le renflouement de ses banques. 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.