Le Parlement souhaite que les banques suivent le modèle de Ryanair [FR]

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Aujourd’hui, 5 juin, le Parlement européen approuvera un rapport qui appelle à plus de transparence dans les coûts des services bancaires et suggère de suivre un modèle du type de Ryanair concernant les banques de détail, proposant davantage de services séparés que de forfaits bancaires. Gianni Pittella, le rapporteur du Parlement européen pour le rapport, s’explique dans un entretien à EURACTIV.

Au cours de l’enquête  sectorielle menée par la Commission dans le domaine de la banque de détail en 2005, l’absence de mobilité des consommateurs a émergé comme l’un des éléments expliquant le faible niveau de concurrence entre les banques. Les clients restent généralement dans la même banque même si les coûts deviennent supérieurs à ceux des concurrents (EURACTIV 01/02/07). 

Dans son rapport, le Parlement reconnaît que l’absence de mobilité des consommateurs est souvent dictée par la relation de confiance à long terme entre les banques et les clients. Parallèlement, il souligne néanmoins l’existence d’obstacles administratifs et économiques qui empêchent le changement de banque.

Payer pour la fermeture d’un compte bancaire est l’un des coûts que le Parlement souhaite réduire, sinon supprimer. De plus, le rapport fait pression pour diminuer le nombre de produits groupés, car ils compliquent d’autant plus le changement de compte et augmentent également les coûts pour les citoyens.

« Chacun doit être capable de choisir d’accéder à un service unique ou à tout un ensemble de services », a déclaré M. Pittella à EURACTIV. En d’autres termes, à l’instar de la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair qui permet à ses clients d’acheter des billets d’avions séparément de l’assurance, l’alimentation ou les frais appliqués aux bagages à main, les banques devraient également permettre à leurs clients d’acheter ce qu’ils veulent plutôt que des forfaits comprenant des produits dont ils n’ont pas l’utilité.

M. Pittella plaide également en faveur d’une approche équilibrée à la question complexe des commissions multilatérales d’interchange (CIM), que les entreprises émettrices des cartes de paiement facturent aux détaillants. Alors que MasterCard et Visa sont menacés par de possibles amendes de la Commission pour leurs CIM anticoncurrentielles, la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes ne prévoit pas d’abolir directement les commissions comme le demandent les détaillants. M. Pittella souhaite que la Commission « analyse davantage le secteur ».

Un vote sur le rapport, qui a été largement approuvé par la commission parlementaire Affaires économiques, aura lieu aujourd’hui en plénière, où il devrait encore être approuvé à l’unanimité. 

Parallèlement, la Commission  a lancé une consultation publique suite à son enquête. Un livre blanc sur la banque de détail est attendu à l’automne.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici. 

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