Le plan de privatisation imposé à Chypre plonge le pays dans le noir

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Les employés du principal producteur d’électricité du pays ont lancé une grève de trois jours après que le gouvernement chypriote a annoncé la privatisation de leur entreprise sous la houlette de la Troïka. 

En 2013, le gouvernement chypriote avait conclu un accord avec la troïka, constituée de représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, pour un sauvetage de 10 milliards d'euros.

Le plan de sauvetage comprenait dans ses clauses la privatisation de l'Office chypriote de l'électricité (ECA), de l'autorité des télécommunications CyTA et enfin de l'autorité portuaire de Chypre, qui est à moitié détenu par l'État.

L'accord conclu avec la troïka comprend un remboursement à hauteur de 5,8 milliards d'euros sur fonds propre sur les 10 milliards d'euros prêtés par la communauté internationale. Nicosie projette de lever 1,4 milliard d'euros grâce à la vente des trois entreprises semi-publiques.

L'ECA a menacé de faire grève depuis que le gouvernement chypriote a annoncé qu'il adopterait la privatisation de l'entreprise au plus tard le 5 mars prochain. Le projet de loi est actuellement devant le Comité des finances du pays, et devrait passer en plénière jeudi 27 février.

Le Cyprus Mail a écrit le 24 février que le Parlement ressemblait à un champ de bataille quand les manifestants de l'ECA affrontaient les forces de l'ordre. Deux personnes ont été blessées lors de l'escarmouche entre policiers et manifestants puis transférées à l’hôpital.

Le conflit a débuté devant le Parlement de Chypre lundi matin, quand les employés de l'ECA ont saboté le générateur du bâtiment. Les députés, ainsi que les employés de l’institution, se sont retrouvés plongés dans le noir complet et bloqués dans l’édifice. Des milliers de manifestants hurlaient « bande de vendus » et agressaient verbalement les députés. Les heurts entre la police et les manifestants ont provoqué des blessés des deux côtés.

Dans une déclaration, le gouvernement a réaffirmé son respect du droit à la manifestation, mais a aussi indiqué qu'il ne tolérerait pas « des attitudes anarchiques qui créent un climat de terreur ».

« Les actes de vandalisme à l'intérieur et à l'extérieur du Parlement ainsi que les moqueries à l'encontre des députés ne sont et ne seront pas tolérés. Le président a demandé une enquête sur les lacunes et le caractère inadapté de l'action policière dans le cadre du maintien de l'ordre et de la sauvegarde du bon fonctionnement du Parlement, » a déclaré le porte-parole du gouvernement, Cristos Stylianides.

Le gouvernement a réitéré son engagement de poursuivre le programme de relance économique, car « c'est la seule manière de ramener le pays vers la croissance ».

Mardi, le pays était touché par des coupures d'électricité.

Lors d'une intervention sur une radio publique, le chef gestionnaire de réseau de transport d'électricité (GRT), Christos Christodoulides, a confirmé qu'il y avait bien eu des coupures d'électricité à partir 8 heures de la même journée et qu’elles étaient censées s’arrêter à 17 heures. Les coupures d'électricité ont duré une heure à chaque fois et ont touché un certain nombre de régions chypriotes.

Le président de l'ECA, Costas Gavrielides, a indiqué qu'il respectait le droit des employés à manifester, mais a ajouté que les manifestations ne devaient pas se faire au détriment des citoyens. Les employés de CyTA, l'entreprise de télécommunication semi-publique du pays, ont annoncé qu'ils prendraient part à une grève de trois jours qui se terminerait jeudi minuit.

En dépit de la période difficile actuelle, Chypre a fait montre de courage. Le président chypriote, Nicos Nastasiades, a déclaré dernièrement que la détermination chypriote permettrait une reprise économique rapidement.

Le secteur bancaire chypriote a été frappé de plein fouet par la crise grecque de la dette et notamment par la décote infligée aux titres grecs, leurs détenteurs ayant accepté d'essuyer de lourdes pertes.

Chypre a conclu un accord de dernière minute avec les prêteurs internationaux le 25 mars. Cet accord prévoit la fermeture de sa deuxième plus grande banque et l'imposition de lourdes pertes aux déposants non assurés, dont des Russes aisés, en échange d’un renflouement de 10 milliards d’euros.

L'accord est survenu quelques heures avant une échéance en vue d'éviter un effondrement du système bancaire lors de négociations tendues à Bruxelles entre Nicos Anastasiades, le président chypriote, et les dirigeants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).  L'accord conclu avec la troïka de rembourser à hauteur de 5,8 milliards d'euros sur fonds propre en vue de rembourser 10 milliards d'euros prêtés par la communauté internationale.

Rapidement adopté par les ministres des Finances de la zone euro, le projet sauvera Chypre d'une débâcle financière en liquidant la Popular Bank, dite Laïki et transférant des dépôts inférieurs à 100 000 euros à Bank of Cyprus afin de créer une banque assainie (« good bank »).

Les dépôts supérieurs à ce montant dans ces deux banques, qui ne sont pas assurés par la législation de l'UE, seront gelés et utilisés en vue de régler les dettes de Laïki et de recapitaliser la Bank of Cyprus à travers une conversion des dépôts en participations.

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