Le rapport de la troïka devra sans doute attendre la fin des élections américaines

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Le rapport de l’UE et du FMI sur la gestion de la crise en Grèce ne devrait pas être publié avant le 6 novembre, car les décideurs politiques souhaitent éviter tout choc à l’économie mondiale en amont des élections américaines, selon des fonctionnaires et des diplomates de l’UE.

 

Le rapport de la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international) était attendu dans le courant du mois d'octobre, voire avant la réunion des ministres des finances de la zone euro prévue le 8 octobre.

 

Les divergences d'opinions au sein de la troïka quant à l'étendue exacte des problèmes de dette de la Grèce, combinées à la pression politique en faveur d'un report de la décision de quelques semaines, devraient reporter la publication du rapport à la mi-novembre. En attendant, la Grèce se maintiendra à flot en émettant des bons du Trésor à court terme et ses banques auront accès aux fonds d'urgence de la banque centrale grecque.

 

« L'administration Obama ne veut voir aucun événement à l'échelle macroéconomique susceptible de bouleverser l'économie mondiale avant le 6 novembre », a expliqué un haut fonctionnaire européen, ajoutant que la date de la publication des précédents rapports de la troïka avait également été repoussée.

 

Plusieurs sources en Allemagne ont fait savoir que de hauts fonctionnaires à Washington avaient affirmé au cours de nombreuses conversations avec leurs homologues allemands et européens qu'ils préfèreraient éviter toute surprise en amont des élections qui s'annoncent déjà serrées.

 

La plupart des sondages donnent l'actuel président, Barack Obama, gagnant contre son rival républicain, Mitt Romney, mais les électeurs restent attentifs à tout événement qui pourrait porter atteinte à la croissance économique américaine et à l'emploi.

 

« Il est probable que le rapport de la troïka ne soit pas publié avant la fin des élections américaines », a déclaré un fonctionnaire à Berlin sous le couvert de l'anonymat. Quant à savoir s'il s'agissait d'une requête spéciale de Washington, il a répondu : « Il ne veulent aucune surprise. »

 

Le porte-parole de la Commission européenne pour les finances a déclaré vendredi que la troïka ferait une pose d'une semaine, la deuxième depuis le début de sa mission fin juillet. Il a ajouté qu'il était donc probable que le rapport prenne du retard.

 

« Les inspecteurs devraient revenir à Athènes dans environ une semaine », a annoncé ce porte-parole, Simon O'Connor, à la presse.

 

« Quant à la clôture de cette mission, je n'ai aucune date à vous donner », a-t-il expliqué, précisant qu'elle devrait se terminer dans le courant du mois d'octobre. « Nous ne pouvons pas donner de date exacte. »

 

Ils ne veulent pas de Mitt Romney

 

Même si la mission termine son travail sur le terrain en octobre, il lui faudra du temps pour coucher son avis sur papier. Ce rapport devrait déterminer si la Grèce sera un jour capable de ramener sa dette à un niveau acceptable.

 

Cette analyse déterminera si Athènes pourra ramener sa dette sous la barre des 120 % du PIB d'ici 2020, comme le demande le FMI, ou si l'objectif ne sera pas atteint.

 

Si la Grèce s'avère incapable d'atteindre son objectif, comme le prévoient de nombreux économistes, les marchés financiers s'en trouveront bouleversés et craindront qu'une nouvelle restructuration de la dette ne soit requise pour remettre les finances du gouvernement sur les rails.

 

Un rapport négatif de la troïka pourrait également accentuer les pressions en faveur d'une sortie du pays de la zone euro, ce qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur les autres pays européens et l'économie mondiale.

 

Les dirigeants européens, tout comme le président américain, ont tout intérêt à ne pas déstabiliser les marchés, étant donné que leur économie a été affectée par les problèmes de Grèce, où la crise de la dette souveraine a débuté en janvier 2010.

 

Une autre source a toutefois affirmé que les dirigeants européens ne s'inquiétaient pas uniquement de la stabilité macroéconomique. Selon lui, ils ont également des raisons politiques d'éviter tout chamboulement en amont des élections américaines.

 

« Les dirigeants européens ne veulent pas de Mitt Romney, donc ils vont sans doute faire tout ce qu'ils pourront pour aider M. Obama », a déclaré ce fonctionnaire européen impliqué dans les discussions visant à trouver des solutions à la crise de la dette.

 

La troïka (UE, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) s'apprête à mettre la touche finale à un rapport qui déterminera si la Grèce recevra la prochaine tranche d'aide prévue dans le cadre de son dernier renflouement afin d'éviter un défaut de paiement désordonné.

 

Le premier ministre grec, Antonis Samaras, espère quant à lui surmonter rapidement les différends qui l'opposent à ses partenaires de coalition concernant des coupes budgétaires supplémentaires de 10 milliards d'euros. Ces espoirs s'amenuisent toutefois, alors que les bailleurs internationaux du pays rejettent certaines de ses idées et affirment qu'il reste encore du chemin à parcourir avant qu'ils n'acceptent son plan de redressement.

 

La troïka a accordé un prêt de 117 milliards d'euros à la Grèce, mais elle ne compte pas verser la dernière tranche de 30 milliards d'euros, ainsi qu'un second prêt de 130 milliards d'euros tant que le gouvernement de M. Samaras n'aura pas entrepris de nouvelles mesures et réformes.

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