Le recul de l’euro en 2015 devrait éloigner le risque de déflation

L’euro s’est déprécié de 5,2 % ces six derniers mois (Credit: [canadastock]/Shutterstock)

La prolongation du recul de la monnaie devrait permettre à la zone euro de relancer sa croissance en 2015. L’Espagne serait alors la grande gagnante selon l’OFCE.

La zone euro s’éloigne du risque déflationniste. C’est en tout cas ce qu’estime une  étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques. En effet, selon les auteurs de l’étude, la dépréciation de la monnaie unique depuis mai 2014 devrait limiter le risque de déflation.

Entre mi-2012 et mi-2014 l’euro a connu une période d’appréciation de 10 % par rapport aux autres devises mondiales. Ces six derniers mois, cette tendance s’est inversée et le taux de change effectif réel de l’euro s’est déprécié de 5,2 % par rapport aux autres monnaies mondiales.

Selon les auteurs de l’étude, cette dépréciation devrait se poursuivre sur le début de l’année 2015. Leur estimation indique que le taux de change de l’euro pourrait atteindre 1,2 dollar dès le deuxième trimestre 2015. Par ailleurs, cette baisse de l’euro pourrait permettre à la zone euro d’éviter de tomber dans la déflation, risque qui menace actuellement la zone.

L’euro fort est fortement critiqué car il empêche les  entreprises d’être suffisamment compétitives à l’export.

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Ainsi la dépréciation de l’euro est selon l’étude « une condition nécessaire pour accompagner les réformes structurelles en Europe et soutenir la demande alors que les politiques budgétaires d’austérité l’affaiblissent par ailleurs ».

La croissance de la zone euro dopée par le recul de la monnaie unique

La baisse de l’euro devrait encourager les exportations vers les pays hors zone-euro qui bénéficient alors de produits meilleur marché. De même, la compétitivité des producteurs nationaux serait améliorée, amenant ainsi une baisse des importations au bénéfice de la production domestique.

La croissance au sein de la zone euro serait ainsi dopée et l’éloignerait du risque de la déflation. Ces derniers temps, les États ont craint de faire plonger leur économie dans la déflation faisant ainsi augmenter la valeur de leurs dettes.

Selon l’étude, sur les six pays étudiés (France, Allemagne,  Espagne, Italie, Royaume-Uni, États-Unis), c’est l’Espagne qui bénéficierait le plus d’une dépréciation de l’euro du taux de change et d’une politique de désinflation compétitive. Pour les auteurs du document, cela s’explique par l’élasticité-prix des exportations.

Un effet de court terme en France

Les estimations de l’OFCE indiquent qu’une dépréciation de 10 % l’euro par rapport aux autres monnaies entraînerait un gain de compétitivité-prix à l’exportation pour la France vis-à-vis du reste du monde. Le gouvernement français plaide d’ailleurs pour une dépréciation de la monnaie unique depuis longtemps.

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« La Direction générale du Trésor considère qu’une baisse de 10 % du taux de change effectif de l’euro (contre toutes monnaies) permettrait la première année d’accroître notre PIB de 0,6 point, de créer 30.000 emplois, de réduire le déficit public de 0,2 point de PIB et d’augmenter les prix à la consommation de 0,5% », précise l’étude.

En revanche, un euro faible a aussi des inconvénients. Il fait monter le prix des importations. Résultats : la facture énergétique augmente, une hausse des prix de production des entreprises ainsi qu’une baisse du pouvoir d’achat des ménages.

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Par ailleurs, selon l’OFCE, cet effet bénéfique ne serait que de court terme. Ainsi au bout de sept années, l’augmentation du PIB de la France ne serait que de 0,1 % et les créations d’emplois stagneraient à 43.000.

La Banque centrale européenne a abaissé, début mai 2013, son taux directeur à 0,5%, ce qui représentait alors le niveau le plus faible de son histoire. Très inquiète de l'inflation dans la zone euro, la BCE a toujours mené, depuis sa création, une politique monétaire rigoureuse qui a un impact sur le taux de change de la monnaie unique. Alors que les Etats-Unis conduisent une politique monétaire plus laxiste, l'euro a tendance a s'apprécier, ce qui pénalise les exportateurs européens.

Le 4 septembre 2014, le taux directeur a de nouveau été abaissé de 0,15 % à 0,05 %, ce qui montre un nouveau changement de braquet dans la politique

Son taux directeur est le taux de refinancement auquel elle prête aux banques de la zone euro.

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