Le sommet en faveur d’une réponse européenne à la crise [FR]

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Les directives sur le renflouement des banques accepté dimanche dernier à Paris par les pays de la zone euro et le Royaume-Uni ont été approuvées par l’ensemble des 27 Etats membres au cours de la première journée du sommet européen à Bruxelles. Les dirigeants ont en outre décidé de réviser les lois régissant le capitalisme mondial et de renforcer la supervision transfrontalière des banques.

Malgré la crainte que la République tchèque et d’autres Etats membres de l’Europe de l’Est s’opposent au plan anti-crise décidé par les grandes économies européennes (EURACTIV 13/10/08), le Conseil européen a réussi à trouver un terrain d’entente pour répondre à la crise financière. 

Toute l’Europe, sans exception, a approuvé les mesures adoptées à Paris, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE,  lors d’une conférence de presse qui a clôturé le premier jour du sommet. 

Après s’être mis d’accord sur les questions les plus urgentes, les dirigeants pourraient se concentrer sur des sujets à long terme, notamment la gouvernance économique mondiale et la supervision des groupes financiers internationaux. « Nous ne voulons pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets », a souligné M. Sarkozy, en invoquant un nouveau « Bretton Woods » dans le même ordre d’idée que la proposition lancée auparavant par le Premier ministre britannique Gordon Brown (EURACTIV 15/10/08).

Une restructuration du capitalisme devrait être fondée sur davantage de transparence et sur la supervision de toutes les institutions sans aucune exception, a déclaré M. Sarkozy, citant les irrégularités constatées dans les hedge funds. Avant la fin de l’année, la Commission européennes présentera sa réponse à la requête du Parlement européen pour une réglementation plus stricte des participations privées et des hedge funds. Toutefois, il est difficile de savoir si Bruxelles va appuyer les points de vue les plus critiques à l’égard de la spéculation (EURACTIV 22/09/08).

La crise a également permis à de nombreux pays de l’UE de relancer l’idée d’un superviseur européen unique pour les groupes financiers transfrontaliers, qui détiennent deux tiers des actifs des banques européennes. Mais beaucoup de voix se sont élevées contre cette idée, et le Conseil a décidé, à la place, de renforcer la coopération entre les superviseurs nationaux. Il est encore peu clair si cette mesure sera fondée sur un groupe de supervision plus intégré ou sur un collège de supervision plus lourd. Toutefois, le dernier projet de conclusions du sommet mentionne la création d’une cellule de crise financière qui permettra à l’UE de réagir plus rapidement en cas de nouvelle crise. 

Hier 15 octobre, la Commission a présenté une mesure consistant à réviser les règles comptables en vue d’éliminer les divergences entre les institutions financières américaines et européennes, une proposition qui a été soutenues par les dirigeants. En outre, Bruxelles a proposé de porter le niveau de garantie minimal des dépôts bancaires en Europe à 100 000 euros en l’espace d’une année. Le niveau de garantie est actuellement fixé à 20 000 euros. 

Les marchés financiers du monde entier ont dégringolé suite à la crise américaine des emprunts hypothécaires à haut risque au début août 2007, forçant les banques centrales à injecter des capitaux considérables afin de maintenir le fonctionnement du système et d’éviter une éventuelle crise des liquidités. La situation est devenue critique lorsque la crise s’est étendue à d’autres marchés financiers, touchant certains des investissements les mieux notés de Wall Street et plongeant les Etats-Unis dans la récession. Par la suite, la crise a soudainement explosé en Europe. 

Après une semaine qui a vu les bourses européennes plonger de plus de 20 %, les quinze dirigeants de la zone euro ainsi que le Royaume-Uni se sont réunis pour un sommet d’urgence le dimanche 12 octobre à Paris, où ils ont conçu un « plan d'action concertée européen » englobant une série de « principes » destinés à sauver leur secteur financier.

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