Les agriculteurs veulent protéger le budget de la PAC

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Budget UE 2014-2020.

Des centaines d’agriculteurs européens rassemblés à Bruxelles à la veille d’un sommet sur le budget de l’UE ont envoyé un message abrupte aux dirigeants nationaux : pas touche à la PAC.

 



Quelque 400 représentants d'organisations agricoles et de coopératives ont convenu d'une déclaration en cinq points mercredi (6 février), en prévenant que les dirigeants de l'UE devaient maintenir le financement de la politique agricole commune au risque de provoquer la perte d'emploi et de perturber la sécurité alimentaire.

« Ce secteur est la colonne vertébrale du développement rural », a déclaré Gerd Sonnleitner, président de l'organisation Copa qui représente les agriculteurs. « Nous ne pouvons pas résoudre des problèmes en Europe en réduisant […] des domaines qui fonctionnent bien. »

Antónia Figueiredo, vice-présidente de l'organisation des coopératives agricoles Cogeca, a ajouté que les agriculteurs insistaient sur le maintien du budget alloué à l'agriculture, qui s'élevait à 58,6 millions d'euros en 2012. « Il est vital et crucial d'avoir un budget au niveau actuel », a-t-elle ajouté.

Les chefs d'État essaieront de négocier un budget d'un peu moins de mille milliards d'euros pour 2014-2020 après l'échec d'un exercice similaire en novembre 2012. Ils subissent une pression intense pour réduire le budget en épargnant les principaux programmes de l'UE, dont la PAC et la cohésion régionale.

La PAC représente 40 % de l'ensemble du budget de l'UE, soit le plus grand programme de l'Union. Elle constitue ainsi une cible facile pour les défenseurs de l'austérité, dont font partie l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les grands États agricoles comme la France et la Pologne se méfient des coupes dans le soutien à l'agriculture.

Des représentants de l'agriculture déclarent qu'une réduction de 17 à 25,5 milliards d'euros est envisagée par rapport aux 386,9 milliards d'euros de budget proposé par la Commission pour 2014-2020.

Gerd Sonneleitner a cependant expliqué à des journalistes que les agriculteurs s'opposeront à toute réduction. Ils ont appelé le Parlement européen, qui dispose pour la première fois d'un droit de parole direct sur le budget, à lutter contre des coupes dans un programme « bon marché » et dans un secteur qui fournit 26 millions d'emplois directs.

« Nous ne pouvons pas permettre un affaiblissement de notre PAC », a-t-il affirmé.

Agir de concert

De leur côté, les agriculteurs estoniens, lettons et lituaniens envisagent de chanter pour rassembler les dirigeants européens jeudi afin de demander un traitement plus équitable des agriculteurs baltes et d'autres nouveaux États membres de l'UE. Certains agriculteurs baltes reçoivent des paiements directs qui représentent 33 % de la moyenne de l'UE. La commission de l’agriculture du Parlement européen a appelé à une réduction de l'écart entre les anciens et nouveaux États membres.

D'autres groupes de pression tirent profit des négociations pour demander aux chefs d'État de s'attaquer à d'autres problèmes, comme les propositions de réduction des mesures présentées par la Commission, qui coupleraient les paiements directs aux agriculteurs à leurs performances environnementales.

« Les dirigeants politiques ne peuvent pas mettre de côté l'opinion publique », a affirmé Tony Long, le directeur du bureau de politique européenne du WWF. « Les contribuables souhaitent que la PAC future garantisse de bonnes pratiques environnementales dans la campagne et une nourriture saine. Ces demandes ont été largement ignorées jusqu'à présent. »

« Les contribuables de l'UE n'accepteront un budget solide pour l'agriculture que s'il s'accompagne d’un verdissement complet de l'ensemble de la PAC », a déclaré Christopher Stopes, le président d'IFOAM EU qui représente les agriculteurs biologiques.

« Les paiements du pilier 1 non ciblés ont trop longtemps contribué à l'intensification de l'agriculture et aux exploitants agricoles à grande échelle ainsi qu'aux entreprises agricoles au détriment de notre environnement. [Ils] ont un impact négatif sur notre économie rurale », a indiqué M. Stopes dans un communiqué.

Contexte

En 1986, la PAC représentait 70 % des dépenses de la Communauté européenne. À l'heure actuelle, elle s'élève à moins de 40 % et les chefs d'État envisagent de la diminuer davantage.

Le budget de la PAC était de 58,6 milliards d'euros en 2012, une hausse de près de 1,3 milliard d'euros par rapport à 2011. Les trois domaines principaux de dépenses étaient :

  • 40,5 milliards d'euros pour les paiements directs aux agriculteurs ;
  • 14,6 milliards d'euros pour les projets de développement rural, sans les financements correspondants fournis par les gouvernements ;
  • 3,2 milliards d'euros pour les soutiens au marché et l’intervention sur les prix.

Prochaines étapes

  • 7-8 févr. : sommet européen sur le budget à Bruxelles
  • 11-14 mars : séance plénière du Parlement
  • 18-19 mars : le Conseil de l'UE discute de l'accord général sur la PAC
  • 2014-2020 : prochaine phase de la politique agricole commune
  • 2014-2020 : prochain budget de l'UE

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