Les différences culturelles pèsent sur l’espace unique de paiements

online shopping.jpg

ÉDITION SPÉCIALE / De nouvelles règles visant à favoriser un espace unique de paiements en euros (SEPA) seront présentées ce mois-ci. L’exécutif européen est toutefois confronté à des problèmes en matière de culture et de réglementation. 

La Commission européenne devrait publier sa mise à jour de la directive sur les services de paiement (DSP II). L'objectif est d'harmoniser les règles d'un marché en évolution constante entre, d'une part, les fournisseurs actuels de cartes ainsi que de services de paiement en ligne et mobile et, d'autre part, les nouveaux fournisseurs.

 

L'exécutif européen souhaite que ces modes de paiement atteignent de plus grandes parts de marché. Il propose de combler le fossé entre la normalisation et l'interopérabilité dans des pays qui maintiennent des marchés strictement nationaux en termes de règles sur les paiements.

 

Le SEPA est confronté à un manque de normalisation et d'interopérabilité entre différents systèmes de paiement (par carte, en ligne, mobile) et à des différences entre les États de l'UE, selon le projet de proposition, consulté par EURACTIV.

 

La Commission se retrouve plutôt face à des défis d'ordre culturel. Les habitudes de paiement varient énormément entre les États membres en raison de traditions et de comportements nationaux différents.

 

Des attitudes opposées

 

Les cartes de paiement sont plus utilisées au Royaume-Uni que dans n'importe quel autre État membre de l'UE. Le nombre de cartes de crédit et de débit devrait pratiquement y doubler au cours de la prochaine décennie, selon un rapport publié ce mois-ci par l'association professionnelle UK Cards Association.

 

Neuf adultes britanniques sur dix, soit environ 47 millions de personnes, possédaient une carte de débit en 2012. Ce nombre a augmenté d'environ un million par rapport à 2011, ce qui est conforme à la croissance observée au cours de la dernière décennie.

 

Les innovations technologiques qui facilitent l'utilisation de cartes favoriseront cette tendance à la hausse, grâce aux jeunes qui ont grandi avec des cartes et qui ont déjà l'habitude de les utiliser, peut-on lire dans le rapport.

 

D’après l’indice de préparation aux paiements mobiles de MasterCard, une variété de personnes en Europe utilise régulièrement les paiements mobiles. Le Royaume-Uni pourrait servir de banc d'essai aux futurs paiements mobiles en Europe, selon cet indice.

 

« Le Royaume-Uni ressemble plus aux États-Unis, au Canada et à l'Australie qu'à l'Allemagne, la France et l'Italie ».

 

Les Italiens préfèrent les paiements en espèces

 

En Italie, les paiements mobiles restent au contraire « aux premiers stades du point de vue de la préparation du marché et des consommateurs ».

 

Les obstacles financiers et réglementaires sur le marché italien portent une part de responsabilité, mais l'indice souligne que les consommateurs italiens préfèrent payer en espèces.

 

Si les consommateurs veulent rattraper leur retard, « des efforts importants dans le domaine de l'enseignement et du marketing seront nécessaires afin de les sensibiliser et de les inciter davantage à l'utilisation de cette technologie ».

 

S'il existe des différences entre l'Italie et le Royaume-Uni, elles sont encore plus importantes entre l'Europe orientale et occidentale.

 

L'utilisation de méthodes modernes de paiement (par carte, par téléphone portable ou en ligne) reflète les conclusions du rapport Europe B2C Ecommerce 2013. Les plus grands pays européens comme le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France dominent le marché.

 

Le rapport indique également que les marchés les plus porteurs se situent en Europe centrale et dans la région méditerranéenne frappée par l'austérité.

 

Le SEPA matérialise les paiements mobiles et en ligne à l'échelle européenne et pourrait être prometteur dans ces régions. Même si ces pays absorbent moins les nouveaux systèmes de paiement, ils ont beaucoup plus rapidement accès à l'Internet que dans les pays d’Europe occidentale, où l'accessibilité était déjà élevée.

 

La Commission a prévu que le SEPA maintiendrait une gouvernance souple sur les nouveaux entrants sur le marché de détail, introduirait de nouvelles formes de paiement et refléterait les nouvelles manières d'acheter en ligne en Europe.

 

Harmonisation des règles

 

L'Europe conserve un rôle de premier plan dans la vente au détail en ligne. Il n'y a donc aucune raison pour que les différences existantes ne soient pas rapidement gommées.

 

Selon l'association professionnelle Ecommerce Europe, l'année 2013 marquera une rupture définitive avec le passé. La part du commerce en ligne des téléphones portables et des tablettes, et non plus des ordinateurs traditionnels, atteint en effet de nouveaux pics.

 

Wijnand Jongen, le président du comité exécutif de Ecommerce Europe, a déclaré que le comportement d'achat des consommateurs dans les grands pays européens était semblable à celui des « jeunes » en termes de commerce en ligne. Dans les pays émergents, « nous sommes comme des bébés qui apprennent le fonctionnement des choses et les possibilités existantes ».

 

« Au cours des cinq à dix prochaines années, le commerce en ligne fera partie intégrante de la vie quotidienne. Les consommateurs s'adapteront et cette adaptation sera exponentielle », a-t-il expliqué.

 

« L'innovation et l'esprit d'entreprise dans le commerce en ligne sont promus à l'échelle européenne et grâce aux entreprises remarquables qui ouvrent la voie de la nouvelle ère du commerce interactif », a déclaré Marc Lolivier, directeur général de la fédération française FEVAD et vice-président d'Ecommerce.

 

Ces possibilités d'achat et la technologie joueront un rôle important dans le nouveau paysage du SEPA. 

Contexte

L'UE a adopté la directive sur les services de paiement (DSP) en 2007, mais, depuis lors, le commerce en ligne se développe et de plus en plus de personnes utilisent et achètent des smartphones.

 

Dans le même temps, la Commission a mené plusieurs enquêtes antitrust sur le marché des paiements par carte, en s'intéressant plus particulièrement aux commissions multilatérales d'interchange (CMI).

 

La compagnie Visa s'est engagée à limiter les CMI pour les transactions par cartes de débit à 0,20 %. Cet engagement est devenu contraignant en décembre 2010. Les procédures sur les CMI pour les transactions par cartes de crédit se sont poursuivies jusqu'à ce que la société s'engage à limiter ses commissions interbancaires à 0,3 % de la valeur des transactions en mai 2013. Cette limite deviendrait donc juridiquement contraignante dans le courant de l'année.

 

Dans le même temps, la Commission enquête également sur MasterCard et a récemment ouvert de nouvelles procédures sur ses commissions interbancaires et ses achats transfrontaliers.

 

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV : Directive sur les services de paiement : la nouvelle ère des transferts d’argent

 

Prochaines étapes

  • Juil. 2013 : la Commission européenne devrait présenter une proposition législative pour une mise à jour de la directive sur les services de paiement (DSP II) ainsi qu'un rapport d'évaluation d'impact

Plus d'information

 

 

Entreprises et industrie

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.