Les eurodéputés socialistes sceptiques face au remaniement

Abstimmung in Straßburg. Die EU-Wahlen im Mai bringen neue Leute ins Parlament. Foto: EP

Plusieurs députés de la délégation socialiste au Parlement européen ont ouvertement critiqué la décision de François Hollande de demander la démission du gouvernement de Manuel Valls.

La division du Parti socialiste n’épargne pas les élus européens. La politique du gouvernement français divise également la délégation d’eurodéputés socialistes, au sein de laquelle plusieurs voix se sont élevées le 26 août pour critiquer le choix du remaniement.

Dans une interview à France Bleu Nord, le député européen Gilles Pargneaux, proche de Martine Aubry,  a pointé du doigt un « acte d’autoritarisme, un acte d’autorité dans la lignée de la cinquième république  et  une réponse disproportionnée qui ajoute de la crise à la crise ».

« Il faut infléchir cette politique économique, il faut permettre une relance de la consommation » a insisté l’eurodéputé, également premier secrétaire du PS dans le Nord. « Je suis aussi député européen et je vois bien qu’il faut que nous puissions – à l’échelle de la zone euro et de l’Europe – infléchir la politique » d’austérité a-t-il poursuivi.

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Moins surprenantes, les prises de position des eurodéputés Guillaume Balas et Emmanuel Maurel, qui représentent l’aile gauche du PS, s’attaquent également sans concession au remaniement-surprise.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Emmanuel Maurel  place le début de la crise de la majorité présidentielle à « l’acceptation par le président Hollande du Traite budgétaire européen que le candidat Hollande n’avait eu de cesse de dénoncer pendant la campagne présidentielle. »

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« En ratifiant le TSCG, alors qu’il avait l’onction des Français pour tenter d’imposer un rapport de forces favorable à une réorientation de la politique économique de l’Union face à Madame Merkel, l’exécutif se privait de marges de manœuvre précieuses » rappelle l’eurodéputé.

Guillaume Balas a lui aussi critiqué la décision présidentielle sur France 24. « Je pense qu’il y a un cap et c’est bien le problème car ce n’est pas celui qui a été pris lors de la campagne présidentielle» » a déploré l’eurodéputé. 

Sur son compte  Twitter, l’élu européen a ensuite accusé le nouveau gouvernement, annoncé dans la soirée du 26 août d’être «un gouvernement hollando-hollandiste» et a qualifié la nomination du successeur d’Arnaud Montebourg au poste de ministre de l’Economie, Emmanuel Macron,ancien banquier passé par la banque Rotschild de «provocation». 

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La question du positionnement politique de la France et de son nouveau gouvernement sur l’assouplissement du pacte de stabilité européen pourrait s’inviter à l’occasion de la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement sociaux-démocrates prévue à Paris le 30 août au matin, en amont du sommet européen de Bruxelles. 

L’Allemagne refuse tout assouplissement du pacte budgétaire européen, alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre les politiques de rigueur et dénoncent leur manque d’efficacité. De son côté l’’Italie, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne depuis le 1er juillet, s’est affirmée comme un des défenseurs de l’assouplissement du pacte budgétaire.

Les critiques récurrentes venant des ministres de l'Economie du gouvernement Valls, Arnaud Montebourg, ont conduit le président de la République à demander à Manuel Valls la formation d'un nouveau gouvernement, lundi 25 août.

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