Malgré l’évidence, Le Pen croit à un «Frexit» rapide

Marine Le Pen veut suspendre les accords de Schengen. [Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]

Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, estime dans un entretien au Monde paru jeudi qu’« on peut tomber d’accord assez rapidement sur la négociation sur le Frexit », alors que Londres, sept mois après le Brexit, ne l’a pas encore commencée.

À la suite du référendum du 23 juin, la Première ministre britannique, Theresa May, s’est engagée à lancer le divorce d’avec l’UE avant fin mars en déclenchant la procédure dite de l’article 50 du traité de Lisbonne. Les négociations de sortie ont ensuite deux ans pour aboutir.

Si elle est élue à l’Élysée, Marine Le Pen entend pour sa part entamer des négociations de six mois avec Bruxelles pour récupérer « quatre souverainetés: monétaire, législative, budgétaire, territoriale ». En fonction du résultat de ces négociations, elle indiquera sa position pour le référendum sur l’appartenance française à l’UE.

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« Il y a beaucoup de bouleversements au sein de l’UE », selon la présidente du Front national. « De nombreux pays vont en profiter pour venir eux aussi obtenir le retrait de réglementations et de traités qui nuisent à leur sécurité ou leur économie. Je ne vais pas être toute seule dans cette négociation. Je suis convaincue que je lancerai un mouvement. Il va y avoir des élections dans toute l’Europe – Pays-Bas, Allemagne, Italie, peut-être -, l’UE est en très fâcheuse posture », insiste-t-elle.

« À partir du moment où le peuple français dit qu’il ne veut plus rester dans l’UE » lors du référendum qu’elle veut organiser, « je mettrai en œuvre toutes les mesures qui étaient interdites par l’UE », même si la France en est toujours membre, soutient Marine Le Pen. « Comme la Première ministre Theresa May est en train de le faire au Royaume-Uni. Elle met en place tout de suite les conditions de limitation de l’immigration. Pour elle, c’est terminé.

Elle « ne pense pas » que si la France quitte l’euro, celui-ci survivra. « La seule structure qui pourrait rester c’est l’ancienne région mark: Autriche, Pays-Bas, Allemagne. Comme je le dis depuis cinq ans, on ne s’opposera pas à une monnaie commune » avec les autres pays européens, « comme l’ancien Ecu. La seule devise en circulation en France sera notre nouvelle monnaie française. Et la dette sera libellée dans la monnaie nationale. »

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Dans un billet de blog ultérieur, Marine Le Pen a qualifié de « magnifique événement démocratique » le feu vert donné mercredi soir par les députés britanniques à l’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne. « Cet événement n’aurait pas dû en être un: quoi de plus normal, quoi de moins surprenant qu’un Parlement respectant la volonté du peuple exprimée par référendum quelques mois auparavant? », écrit la candidate.

Et Marine Le Pen de se désoler que cela « apparaisse désormais à nos yeux de Français comme une surprise extraordinaire » après l’adoption en 2008 par le Parlement français du traité de Lisbonne, trahison à ses yeux du référendum français de 2005 rejetant le projet de Constitution européenne.

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