Les deux pays, souvent considérés comme « les moteurs de l’Union européenne », se sont heurtés hier 1er octobre en tentant de déterminer si l’UE devait créer un fonds pour sauver les banques touchées par la crise financière internationale.
La proposition du président français Nicolas Sarkozy pour un fonds européen a été critiquée par l’Allemagne. Le Royaume-Uni a lui aussi fait part de son scepticisme.
La ministre française des Finances Christine Lagarde a soulevé la possibilité de mettre en place un fond européen pour soutenir le secteur financier. Elle a suggéré que les banques des plus petits Etats de l’UE auraient tout particulièrement besoin de ce fonds de secours. Mme Lagarde n’a pas formulé de chiffres, mais des officiels ont indiqué que ce fonds pourraient s’élever à quelque 300 milliards d’euros.
Cependant, l’Allemagne a rejeté le plan. Torsten Albig, porte-parole du ministre des Finances, a d’ailleurs affirmé que son pays ne soutenait pas l’idée. Berlin semble privilégier des solutions personnalisées pour chaque banque en difficulté plutôt que de mettre en place un plan global.
La France convoque un mini sommet de l’UE
De son côté, la présidence française a convoqué pour le samedi 4 octobre un mini sommet des membres européens du G8 afin de discuter de la réponse de l’Union face à la crise financière internationale. Mais le Premier ministre britannique Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel semblent douter des résultats éventuels d’une telle réunion. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui devrait également participer au mini sommet en tant que président de l’Eurogroupe, a appelé à une approche européenne plus cohérente. Il a d’ailleurs reçu le soutien de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne.
Le plan français de sauvetage des banques semble similaire au plan Paulson américain, un paquet de sauvetage de 700 milliards que les législateurs américains peinent à faire passer (EURACTIV 01/10/08). M. Juncker avait récemment déclaré que l’UE n’imiterait pas les Etats-Unis dans le domaine de la lutte contre la crise financière (EURACTIV 18/09/08).
Parallèlement, le président de la Commission José Manuel Barroso a indiqué que la crise internationale rendait nécessaire le renforcement de la supervision bancaire au niveau européen. M. Barroso a récemment rejeté les comparaisons entre les crises bancaires aux USA et en Europe, estimant qu’elles résultaient en grande partie des déséquilibres budgétaires américains. Selon lui, l’Europe a tout à fait raison de conserver des règles solides et raisonnables pour maintenir des budgets stables.

