Ouf de soulagement en Europe après le vote allemand sur le FESF

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C’est finalement à une large majorité que le Bundestag a approuvé le nouveau plan d’aide à la Grèce. L’avenir de la coalition de la chancelière allemande n’en reste pas moins incertain.

La zone euro peut respirer, au moins un peu. Les députés allemands ont voté massivement en faveur de l’élargissement des compétences du Fonds européen de stabilité financière avec 523 voix pour et seulement 85 contre, jeudi 29 septembre. 

Vote crucial en janvier

Angela Merkel n’a même pas eu besoin du soutien de l’opposition. Le Bundestag compte 620 sièges. La Chancelière devait obtenir 311 votes chrétien-démocrates. Elle en a eu 315. Depuis plusieurs semaines, des membres de la coalition menaçaient de voter contre pour marquer leur désaccord avec la gestion de la crise.

Ce succès ne signifie pas la fin des turbulences politiques pour la chancelière. Le député libéral Franck Schäffler, a déclaré à EURACTIV Allemagne qu’il était « convaincu » qu’Angela Merkel ne pourrait pas réunir la majorité de sa formation en janvier prochain, lors du vote sur le Mécanisme européen permanent de stabilité, qui doit entrer en vigueur après 2013. Si cela se produit, le gouvernement allemand pourrait tomber.

211 milliards

Le vote d’aujourd’hui, très attendu, intervient alors que les inspecteurs de la « troïka », qui réunit les bailleurs de fonds de la Grèce (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne) se rendent en Grèce.

Selon la réforme décidée lors du sommet européen du 21 juillet, le FESF disposera de nouveaux pouvoirs « préventifs » lui permettant d’acheter des obligations d’États membres de la zone euro, d’émettre des lignes de crédit de précaution et de prêter aux États de la zone euro pour recapitaliser leurs banques. 

Certains craignent toutefois que le FESF ne suffise pas à juguler la crise et que les contribuables doivent remettre la main au porte-monnaie. L’Allemagne supporte à elle seule 211 milliards d’euros des garanties du fonds, sur un total de 440 milliards d’euros.

Progression modérée

La Commission européenne a aussitôt salué le feu vert allemand au renforcement du FESF et s’est dit confiante de voir le processus de ratification achevé d’ici la mi-octobre. 

Le président de la République, Nicolas Sarkozy s’est entretenu personnellement avec la chancelière allemande à l’issue du vote. Dans un communiqué, l’Elysée précise qu’il l’a « vivement félicitée pour ce vote positif ». Les deux dirigeants se sont aussi réjouis « de l’adoption hier par le Parlement européen des textes sur la gouvernance économique européenne ». Le chef de l’État français doit rencontrer demain, le Premier ministre grec, George Papandreou, de passage à Paris. 

Le ministre de l’Économie, François Baroin y voit la confirmation de « la détermination allemande à préserver la stabilité financière de la zone euro ».

Pour le groupe Nouveau Centre de l’Assemblée nationale, c’est « un virage important vers une attitude européenne plus décisive en matière de solidarité collective des pays membres de l’Union européenne ».

Les autres formations politiques françaises ne sont pas encore exprimées. 

Six pays restants 

Les marchés ont accueilli favorablement la nouvelle, mais les hausses restent modérées. 

L’Allemagne est le 11e pays à ratifier le texte sur les 17 que compte la zone euro. Les yeux se tournent maintenant vers les six États qui doivent encore avaliser la réforme : l’Autriche, Chypre, l’Estonie, Malte, les Pays-Bas et la Slovaquie.

Cette dernière est particulièrement sous pression après avoir laissé entendre dernièrement qu’elle ne pourrait ratifier le texte qu’en décembre. Toutefois, le Premier ministre a déclaré hier qu’un vote pourrait avoir lieu avant le conseil européen des 17 et 18 octobre. 

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