Paris s’aligne avec les exigences budgétaires de Bruxelles

Ministère de l'Economie et des Finances - Bercy

Ministère de l'Economie et des Finances - Paris

Le gouvernement a présenté son plan pour ramener le déficit public sous les 3 % du PIB. Un objectif qui ne relève « ni du fétichisme ni de la soumission » assure Michel Sapin.

Le conseil des ministres a adopté le 23 avril un programme de stabilité pour la période 2014-2017. En ligne de mire de ce vaste plan de restrictions budgétaires et de soutien à l’économie, le respect des engagements européens de la France en matière de déficit.  Une marche arrière par rapport aux hésitations affichées en début de mois par le gouvernement.

Ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB d’ici à 2015 «  n’est ni du fétichisme ni de la soumission » a insisté le ministre de Finances, Michel Sapin, lors de la présentation du plan à la presse.

Asseoir la crédibilité de la France en Europe

« C’est notre capacité à redresser les finances publiques qui assoit notre crédibilité » a affirmé Michel Sapin. Une crédibilité indispensable pour « peser en Europe »a-t-il affirmé.

Le gouvernement compte sur une accélération de la croissance, à 1 % cette année et 1,7 % l’en 2015 pour ramener le déficit public de 4,3 % du PIB fin 2013 à 3,8 % en 2014 puis à 3 % en 2015. Des prévisions qui restent proches de l’objectif précédent de 2,8 % en 2015 fixé précédemment par le gouvernement.

>>Lire : Manuel Valls s’engage auprès de Bruxelles

Après avoir obtenu un délai de deux ans en 2009 auprès de la Commission, Paris avait semblé envisager la négociation d’un nouveau délai pour honorer ses engagements budgétaires, avant que le premier ministre, Manuel Valls réaffirme publiquement l’engagement de la France.

«  Le contexte européen ne s’y prête absolument pas » a reconnu Michel Sapin. « Le rythme est un peu plus long, mais les objectifs seront tenus ».

Soumise comme l’ensemble des États membres de la zone euro à cet exercice de prévision, la France a transmis son programme de stabilité à la Commission européenne, le 15 avril. La Commission doit rendre son verdict et éventuellement prendre des sanctions à l’égard du pays déjà placé sous surveillance.

Inquiétudes à Bruxelles

Début mars, la Commission européenne avait tiré la sonnette d’alarme sur la trajectoire française en matière de réduction des déficits, anticipant un dérapage. Selon l’exécutif européen, la France pourrait réduire son déficit public à 3,9 % du PIB en 2015, soit loin de l’objectif européen.

Le programme du gouvernement prévoit une réduction des déficits via un plan d’économie ambitieux de 50 milliards d’euros. En parallèle de cette mise à la diète qui touchera à la fois l’État, les collectivités locales et l’assurance maladie, le gouvernement va mettre en place une série de mesures visant à restaurer la  compétitivité des entreprises et faire repartir les embauches, notamment grâce à son  « pacte de responsabilité ».

>>Lire : La dette publique française frôle les 2000 milliards d’euros

Selon le gouvernement, le programme de stabilité et le redressement des comptes publics répondent également à l’impératif de garder à un niveau bas les taux auxquels emprunte la France. « Un demi-point de taux d’intérêt en plus sur la dette française, cela représenterait 10 milliards d’euros de charges supplémentaires » a averti Michel Sapin.  

Les propositions du gouvernement, si elles sont en ligne avec les exigences de Bruxelles, risquent cependant de mettre les socialistes dans une position délicate à quelques semaines des élections européennes. En effet, afin de se distinguer de la droite représentée par le PPE et son candidat Jean-Claude Juncker, le Parti socialiste européen mise sur une campagne anti-austérité. 

Avec un déficit annuel probablement supérieur à 4,1 % de son PIB pour 2013, la France est sortie des clous balisés par le traité de Maastricht. La Commission, qui avait engagé une procédure pour déficit excessif, lui a donné deux ans pour revenir à un niveau de 3 %. La dette publique frôle les 95 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires à 46 % est déjà élevé. L'option qui consiste à réduire les dépenses de l'État tente d'être privilégiée via un plan d’économie de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017.

2 juin : la Commission européenne rend son avis sur le programme de stabilité de la France

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