Plus de punch dans les teintes du nouveau billet de 10 euros

La BCE a lancé son nouveau billet de 10 euros le 23 septembre 2014 (Credit: [European Central Bank]/Flickr)

Fibrettes tricolores, impression en relief : le nouveau billet de 10 euros est un concentré de technologies pour lutter contre les contrefaçons.

Après le billet de 5 euros sorti en mai 2013, le billet de 10 euros fait lui aussi peau neuve. Les banques centrales de la zone euro ont ainsi lancé les nouvelles coupures de la gamme « Europe » le 23 septembre. Le nouveau billet est disponible dans toutes les banques centrales de la zone euro et les distributeurs automatiques.

Ce billet de 10 euros a « un peu plus de punch en termes de teinte », a expliqué Érick Lacourrège, directeur général de la fabrication des billets à la Banque de France. Sa couleur était en effet jugée trop fade et trop pastel.

Du côté de l’esthétique du billet, la thématique des cartes, ponts et fenêtres de l’ancien billet est maintenue. Les signes de sécurité sont également dans la continuité du billet de 5 euros. On retrouve ainsi le portrait de la princesse Europe, inspiré par le dessin d’un vase du musée du Louvre à Paris. Ce visage apparait en hologramme sur une bande métallique et en filigrane.

On retrouve également le numéro 10 dont la couleur émeraude varie en fonction de l’inclinaison du papier. Enfin, un vernis permet à présent d’augmenter la durabilité du billet. Celle-ci doit donc dépasser l’espérance de vie des billets de première génération qui était de 18 à 24 mois.

Tous ces procédés technologiques doivent faciliter l’authentification par les coupures par les utilisateurs notamment grâce à la méthode « toucher, regarder et incliner ». Une consigne que l’on retrouve d’ailleurs dans une vidéo de présentation de la Banque centrale européenne.? L’institution a en effet voulu mettre l’accent sur la communication pour la sortie de son nouveau billet.

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Une nouvelle gamme de billets pour lutter contre la contrefaçon

L’objectif de ce changement est de protéger les billets contre la contrefaçon. « C’est une sécurité résiliente qu’il n’est pas possible de contrefaire actuellement », a indiqué Érick Lacourrège.

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Selon le Banque de France, une gamme de billets doit être renouvelée environ tous les dix ans pour éviter la contrefaçon. « Il s’agit d’un concentré de technologie parmi les plus sécurisés de la planète avec des signes plus ou moins invisibles par exemple, les fibrettes tricolores visibles sous lampes UV ou encore l’impression en relief, qui est un élément mal contrefait », a expliqué le fonctionnaire.

Dans les mois à venir, un nouveau billet de 20 euros devrait également être présenté. Celui-ci apportera avec lui un grand nombre de nouveautés en termes de sécurité.

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En effet, au premier semestre 2014, les billets les plus contrefaits étaient les coupures de 20 € et de 50 €. « Ces deux valeurs ont représenté 81 % des contrefaçons, soit une légère progression par rapport au semestre précédent », a précisé la BCE dans une note publiée en juillet dernier.

Un billet de 10 euros très apprécié en France

Les Français sont de gros utilisateurs du billet de 10 euros. Depuis 2002, la France a émis 38 % des billets de 10 euros de toute la zone euro. Chaque mois, ce sont plus de 200 millions de coupures de 10 euros qui quittent la Banque de France pour fournir tout le territoire.

Si l’ensemble de l’Eurosystème a fabriqué 4,5 milliards de billets de 10 euros de la gamme « Europe », un billet sur cinq est fabriqué par la Banque de France. Celle-ci est en effet l’une des seules banques centrales de l’Eurosystème à voir à la fois une papeterie et une imprimerie fiduciaire.

L’ancienne série va continuer à circuler parallèlement au nouveau billet jusqu’à l’épuisement des stocks et sera détruite au fur et à mesure. Cependant, la Banque de France précise qu’il sera toujours possible d’échanger les anciennes coupures aux caisses des banques centrales, sans limite de temps.

Contexte

La Banque centrale européenne a le droit exclusif d’autoriser les banques centrales nationales de la zone euro à émettre des billets de banque en euros. Leur production et leur mise en circulation relèvent de la responsabilité des différentes banques centrales. Les pièces sont frappées par les États membres de la zone euro en quantités approuvées chaque année par la BCE et leur production est du ressort de l’hôtel des monnaies de chaque pays.

Les billets en euro comportent plusieurs caractéristiques de sécurité bien visibles comme les impressions en relief, les filigranes ou encore des couleurs changeante. Ces signes distinctifs permettent de repérer facilement les contrefaçons. Elles ont aussi pour objectif de dissuader les faux-monnayeurs.

Pour lutter contre la contrefaçon,  la BCE coopère notamment avec Europol. Cet office de police criminelle intergouvernementale fourni des informations relatives à la contrefaçon de l’euro notamment sur les saisies avant mise en circulation des contrefaçons.