L’UE a surpassé les Etats-Unis en termes de croissance de productivité en 2006, mais la plus grande partie de cette progression provient d’un redressement cyclique dans la croissance économique, selon le bilan 2007 de l’économie de l’UE, présenté par la Commission le 21 novembre 2007.
D’après ce bilan, « la croissance de la productivité a augmenté, atteignant 1,5 % dans l’UE (1,4% dans la zone euro) contre 0,9 % aux Etats-Unis, et la comparaison devrait rester favorable à l’Europe en 2007-2008, mais à des taux légèrement inférieurs ».
L’UE a perdu du terrain par rapport aux Etats-Unis en termes de productivité depuis les années 1990, mais de nouvelles données ont montré une reprise significative depuis la mi-2005, affirme le rapport.
Selon le rapport, une part importante de la récente accélération dans la croissance de la productivité dans la zone euro était en fait due à des améliorations dans le secteur privé en Allemagne. La productivité de l’Allemagne a augmenté de 2,7 % en 2006, dépassant la hausse de la France de 1,2 %.
En dehors de la zone euro, la productivité de la Grande-Bretagne a augmenté de 2 % et les nouveaux Etats membres européens, principalement en Europe orientale, ont enregistré de fortes hausses, les chiffres ayant révélé que la Lettonie accusait une hausse de 7 %.
Malgré ces signes encourageants, « on dispose de peu d’éléments permettant de conclure à la présence d’une relance structurelle et, partant, durable de la productivité », avertit le rapport.
L’écart de la croissance structurelle de la productivité avec les Etats-Unis a montré la faible performance européenne dans le secteur des services, en particulier dans les services de détail, de distribution et financiers et dans les services aux entreprises, d’après la Commission.
Le bilan affirme que l’utilisation moins efficace des TIC, l’adaptation plus lente des pratiques de travail et l’insuffisance de l’encouragement à la concurrence sont les principales raisons expliquant cet écart transatlantique.
Les résultats encourageants proviennent des entreprises de réseau, dans lesquelles l’UE sort beaucoup plus performante que les Etats-Unis « grâce à des améliorations de l’efficience liées à la déréglementation opérée durant les deux dernières décennies ».
Le rapport conclut en insistant sur « l’importante cruciale » de la mise en œuvre complète de la stratégie de Lisbonne, destinée à faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde d’ici 2010, en augmentant les investissements dans la recherche et le développement et en supprimant les obstacles au marché unique européen.
« L’Europe doit devenir plus compétitive pour tirer pleinement parti de la mondialisation. Or, l’accroissement de la compétitivité passe nécessairement, mais pas uniquement, par une amélioration de la productivité », a commenté Joaquin Almunia, commissaire aux Affaires économiques et monétaires.

