Le PPE accusé de vouloir «saboter» le débat sur la dette grecque

Dimitris Papadimoulis accuse le PPE et Jeroen Dijsselbloem de ne pas vouloir la fin de la crise grecque. [GUE/NGL / Flickr]

Le Parti populaire européen aurait tenté de « saboter » un débat sur le renflouement grec au Parlement européen, en l’absence de Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, selon l’eurodéputé Syriza Dimitris Papadimoulis.

Un débat sur le renflouement grec est prévu pour le 14 février au Parlement européen, dans le contexte de négociations tendues sur la conclusion de la deuxième revue de la politique de sauvetage du pays. La Commission et le Conseil y assisteront également.

Les institutions européennes et le Fonds monétaire international (FMI) sont notamment en désaccord sur l’excédent budgétaire que la Grèce sera en mesure de réaliser après 2018. Ce désaccord a paralysé les négociations sur la conclusion du deuxième examen du renflouement.

Le montant de l’excédent primaire de 2017, le solde budgétaire avant le prélèvement des coûts du service de la dette, pose déjà problème entre les gouvernements de la zone euro et l’IMF, qui ne pense pas que celui-ci excédera 1,5 %.

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Dans ses prévisions d’hiver, publiées le 13 février, la Commission européenne prévoit quant à elle qu’Athènes suive ses engagements, et atteigne l’excédent primaire prévu de 3,5 % en 2017 et 2018. Si l’excédent dépasse le montant prévu, la Grèce n’aura pas besoin d’un allégement de dette.

Le 10 février, les représentants de la zone euro et du FMI ont rencontré Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances. Ils sont tombés d’accord sur un programme nécessitant 3,6 milliards de coupes budgétaires supplémentaires d’ici 2018.

Dijsselbloem « occupé »

Dans un effort pour sortir de l’impasse, Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires financières, se rendra à Athènes le 15 février.

Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, acteur clé du renflouement du pays, ne semble pas aussi bien disposé, puisqu’il ne participera pas au débat du Parlement.

« Le Parlement l’a invité à plusieurs reprises, et je sais qu’il a été informé », a indiqué Jaume Duch Guillot, porte-parole du Parlement européen, qui précise que la conférence des cinq présidents avait insisté pour que le Néerlandais soit présent. « J’imagine que son absence est liée à ses activités aux Pays-Bas, je suis dans l’impossibilité de fournir davantage d’explications. »

« Sabotage » du PPE

Lors d’un entretien avec le site grec left.gr, l’eurodéputé Syriza et vice-président du Parlement Dimitris Papadimoulis a déclaré que « Jeroen Dijsselbloem refuse de participer à la discussion et prétexte une charge de travail trop importante ».

Pour l’élu Syriza, le débat public sur la dette grecque est essentiel, puisqu’il permettra de mettre en lumière un sujet pour lequel « toutes les décisions ont été prises à huis clos ».

Il estime également que le Parti populaire européen, de centre droit, a tenté de tirer profit de la non-participation du président de l’Eurogroupe.

« Le Parti populaire européen a essayé de saboter le débat, avec l’excuse de l’absence de Jeroen Dijsselbloem », a-t-il assuré. Malgré les pressions, le débat aura cependant bien lieu. « Je veux que le Parlement européen ait plus de poids, parce que c’est l’acteur le moins puissant, alors que c’est l’institution européenne ayant l’attitude la plus favorable par rapport à la Grèce », indique l’eurodéputé.

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Plus de temps à perdre

Dans le même temps, Roberto Gualtieri, président de la commission parlementaire aux affaires économiques et monétaires, a déclaré qu’il était essentiel que la deuxième revue du renflouement soit finalisée rapidement, afin que la Banque centrale européenne puisse évaluer correctement les progrès d’Athènes et son accès aux programmes de l’institution.

L’eurodéputé italien, issu du S&D, souligne qu’après sept ans d’une grave récession, le programme de réforme a commencé à produire ses premiers résultats positifs.

« Il est à présent temps pour toutes les parties impliquées d’intensifier leurs efforts et d’aller encore plus loin », a-t-il ajouté, soulignant que les créanciers de la Grèce devraient respecter leurs engagements et cesser de demander des mesures d’austérité supplémentaires.

Les mesures d’allégement de la dette doivent être discutées dans le cadre de la feuille de route adoptée en mai 2016, a-t-il poursuivi, reconnaissant qu’un excédent primaire de 3,5 % ne pouvait durer « qu’une très courte période ».

« Il n’y a pas de temps à perdre, surtout étant donné que les élections à venir dans plusieurs États membres pourraient compliquer considérablement l’obtention d’un accord. C’est pourquoi la réunion de l’Eurogroupe du 20 février sera essentielle pour la suite des opérations », a-t-il prévenu.

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