Vote incertain sur les règles sur le crédit à la consommation [FR]

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L’issue du vote du Parlement qui aura lieu dans les prochaines semaines sur la directive sur le crédit à la consommation reste incertaine. En effet, les négociations avec le Conseil n’ont pas abouti à un accord, alimentant la rumeur selon laquelle la procédure de conciliation serait la dernière chance de cette loi hautement controversée.

Le dernier cycle de négociations entre le Conseil et le Parlement le 10 janvier n’a pas permis d’aboutir à un accord. La question du remboursement anticipé reste la dernière pierre d’achoppement. Si le Conseil n’approuve pas le texte voté par les eurodéputés mercredi 16 janvier, la directive devra passer en procédure de conciliation. D’après certaines sources au Parlement, c’est pratiquement inévitable. 

Les nouvelles règles permettront une harmonisation du marché des crédits à la consommation, un marché de 800 milliards d’euros. Les consommateurs européens bénéficieront des mêmes droits et des mêmes normes en matière d’information et pourront comparer les offres dans l’ensemble de l’UE.

L’un des principaux objectifs de la directive est la protection des consommateurs contre le surendettement. Afin de l’éviter, l’information fournie par le prêteur doit permettre à l’emprunteur de prendre une décision responsable et le prêteur doit avoir accès aux informations concernant la solvabilité de l’emprunteur.

De plus, l’information accompagnant la signature du contrat facilitera le calcul et la comparaison du coût total du prêt en utilisant le taux annuel effectif global (TAEG) comme base de calcul. De même, les définitions de l’autorisation de découvert seront harmonisées. 
La directive donne également le droit de rembourser son prêt de manière anticipée et fixe, le cas échéant, les règles sur le calcul des paiements de compensation au prêteur.

Cependant, le niveau d’harmonisation et le calcul de la compensation reste la principale pomme de discorde dans les négociations entre le Parlement et le Conseil. 

Le BEUC, le Bureau européen des unions de consommateurs, a averti les eurodéputés de ne pas affaiblir les règles en matière de protection des consommateurs. Le BEUC estime les dispositions bien trop vagues, particulièrement sur le remboursement anticipé. 

Monique Goyens, directrice générale du BEUC, a déclaré que les organisations de consommateurs ont attendu pendant cinq ans une législation pour mettre fin aux nombreux problèmes quotidiens des consommateurs. A moins que les eurodéputés ne changent d’approche, cette directive sera inutile.

Kurt Lechner (PPE-DE), rapporteur du Parlement pour la directive sur le crédit à la consommation, a sérieusement remis en cause l’utilité de cette directive, dans l’état actuel des choses. D’après lui, les règles votées par la commission parlementaire imposent une surcharge d’informations et de bureaucratie et entraîneront une augmentation des prix pour les consommateurs. 

En revanche, Kurt Lechner reconnaît que l’harmonisation des règles bénéficierait au secteur bancaire en facilitant les opérations transfrontalières. 

Le 10 décembre, la commission parlementaire du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) a voté 236 amendements sur la directive proposée par la Commission en 2002.

Le taux des crédits à la consommation varie actuellement de 6 % en Finlande à 12 % au Portugal. Deux Européens sur trois ont recours aux crédits pour acheter des meubles, une machine à laver ou une voiture. Cependant, peu de consommateurs européens devraient bénéficier des règles harmonisées en la matière, dans la mesure où le crédit à la consommation reste une question locale, moins de 1 % des transactions menées actuellement étant transfrontalières. 

  • 15 janv. 2008 : débat sur la directive relative au crédit à la consommation au Parlement.
  • 16 janv. 2008 : vote au Parlement en seconde lecture.

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