Boïko Borissov renvoie un de ses ministres et prévoit d’acheter un réacteur russe

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Le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a renvoyé un de ses ministres et a annoncé aujourd'hui (16 mars) que son pays achèterait un réacteur nucléaire russe. Dans de précédentes déclarations, M. Borissov s'était vivement opposé à la réalisation d'autres projets nucléaires russes.

M. Borissov a surpris tout le monde en renvoyant son ministre de l'économie et de l'énergie, Traycho Traykov et en annonçant que son pays achèterait un réacteur russe commandé pour la centrale nucléaire de Belene en construction.

Il a toutefois ajouté que cette unité pourrait être installée sur la centrale nucléaire existante de Kozloduy qui dispose aujourd'hui de deux réacteurs en marche (voir « Contexte »).

M. Borissov a pris cette décision alors que pendant longtemps, il s'est dit réceptif aux conseils des alliés de son gouvernement à Bruxelles et Washington qui lui affirmaient que ce projet renforcerait la dépendance énergétique de la Bulgarie vis-à-vis de la Russie.

La Bulgarie dépend de la Russie pour 89 % de son pétrole, 100 % de son gaz naturel et 100 % du combustible nucléaire nécessaire pour la centrale électrique de Kozloduy. Une autre centrale dotée de la technologie russe devrait être construite à Belene, mais le projet a été gelé en raison d'un litige sur les coûts.

La catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon l'an dernier a poussé Sofia à évoquer la nécessité de revoir ses normes de sécurité et de clarifier les conditions du financement russe du projet de Belene.

Les organisations de défense de l'environnement sont fermement opposées à la centrale de Belene. En revanche, la centrale de Kozloduy, dont quatre des six réacteurs ont été mis hors service avec l'aide de l'UE, a fait l'objet de très peu de controverses.

M. Borissov a fortement réagi aux déclarations de Martin Dimitrov, le leader du petit parti de l'opposition SDS (Union des forces démocratiques), qui a affirmé que M. Traykov était le dernier à pouvoir empêcher la construction de la centrale de Belene.

Le premier ministre a argué que dans la mesure où la Bulgarie avait déjà payé deux tiers du prix du réacteur, la meilleure solution serait de payer le montant restant et d'utiliser cette unité. Il a par ailleurs insisté sur le fait que le placement du nouveau réacteur à Kozloduy était son idée.

Les détracteurs de la centrale de Belene affirment quant à eux que ces récents évènements indiquent que M. Borissov a cédé et que cette centrale sera construite selon les désidératas de Moscou.

La Bulgarie dépend fortement de l'énergie nucléaire depuis les années 1970, lorsque la centrale nucléaire Kozloduy, construite par l'Union soviétique, est devenue opérationnelle. Toutefois, sous la pression de l'UE lors des négociations d'adhésion, le pays a accepté de fermer quatre des six réacteurs de la centrale.

Avant que les unités quatre et cinq ne soient fermées, la centrale Kozloduy produisait 44 % de l'électricité du pays, 20 % desquels étaient exportés. Cette situation procurait à la Bulgarie une position stratégique dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

 

Dans ce contexte, le projet de Belene est devenu une priorité du précédent gouvernement du premier ministre socialiste Sergueï Stanishev. Après des années de difficultés, M. Stanishev a finalement lancé la construction de la centrale de 2000 mégawatts de Belene en septembre 2008.

 

Le nouveau premier ministre bulgare, Boïko Borissov, avait affirmé qu'il interromprait tous les grands projets énergétiques impliquant une participation des Russes négociée par les précédents gouvernements tant qu'il n'aurait pas reçu le feu vert de ses pays partenaires de l'Occident. En plus de Belene, les projets en question sont le gazoduc South Stream et le pipeline Burgas-Alexandroupolis.

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