Des manifestations qui tournent mal en Roumanie

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La police anti-émeute roumaine a aspergé de gaz lacrymogène les manifestants qui lui jetaient des briques et des bouteilles hier (19 janvier). Les protestations contre les mesures d’austérité du gouvernement durent depuis maintenant plus d’une semaine.

La police a arrêté une cinquantaine de personnes soupçonnées d'avoir commis des actes de violence, notamment celles qui ont jeté des grilles métalliques sur les forces de police, selon la chaîne de télévision privée Realitatea

Des centaines de participants au rassemblement de l'opposition qui s'est déroulé dans la journée ont rejoint le soir même la manifestation sur la place principale de Bucarest. La circulation a été bloquée et 1500 manifestants étaient présents, selon les chiffres de la police.

Près de 7000 opposants ont rejoint Bucarest jeudi dernier pour réclamer la démission des dirigeants du pays, à l'issue d'une semaine de manifestations contre l'austérité qui ont parfois mal tourné.

Ce rassemblement était organisé par le parti de gauche USL dans l'opposition qui réclame la démission de la coalition centriste du premier ministre, Emil Boc, et de son allié, le président Traian B?sescu. L'Union sociale libérale (USL) est une alliance entre les trois partis de l'opposition : le Parti social-démocrate de Victor Ponta et l'alliance de centre-droit du Parti national libéral de Crin Antonescu et du Parti conservateur de Daniel Constantin.

Ils ont défilé dans l'artère principale de Bucarest depuis l'arc de triomphe de la ville (construit sur le modèle de celui de Paris) jusqu'au siège du gouvernement en scandant « B?sescu, dehors! » et en comparant le président à l'ancien dictateur communiste Nicolae Ceau?escu.

« Les gens sont descendus dans les rues de toutes les villes roumaines », a lancé le codirigeant de l'USL, Victor Ponta, devant la foule amassée malgré les températures hivernales.

« Les gens sont exaspérés, ceux qui ont perdu leur emploi, ceux qui ont perdu une partie de leur retraite et ceux qui sont humiliés tous les jours par les dirigeants. Mais nous sommes unis par une même volonté : celle de voir partir B?sescu. »

L'USL a défilé en marge des manifestations organisées sur la place principale de la ville. Ces dernières ont débuté spontanément la semaine dernière suite à la démission d'un secrétaire d'État et médecin chevronné après un différend avec M. B?sescu sur le projet controversé de réforme de la santé.

Les centaines de manifestants qui soutiennent ce mouvement spontané se réunissent tous les jours sur cette place, mais aussi dans d'autres villes. Ils s’insurgent contre les diminutions de salaire et la hausse des impôts décidées par le gouvernement après la conclusion d'un accord avec le Fonds monétaire international.

Les mesures d'austérité ont aidé la Roumanie à stabiliser ses finances en difficulté, mais elles l'ont empêché de se remettre d'une récession profonde et douloureuse.

L'USL s'est engagé à respecter l'accord passé avec le FMI, mais elle a déclaré qu'elle annulerait les mesures d'austérité si elle accédait au pouvoir. Le parti a demandé la tenue d'élections parlementaires dès la fin de l'année.

Les derniers sondages d'opinion estiment que 50 % de la population soutient l'USL, une alliance de gauche pourtant fragile, contre 18 % pour le PDL de M. Boc.

Selon certains experts, ces manifestations ne sont pas suffisamment importantes pour influencer les politiques, mais elles compliqueront la tâche du PDL qui souhaite regagner du terrain et rester au pouvoir.

Raed Arafat, le sous-secrétaire d’État au ministère de la santé, a démissionné en janvier dernier suite à son opposition à la réforme du système de santé proposée par le gouvernement roumain, dont l'objectif était de privatiser la moitié du système.

Cet incident a déclenché un mouvement de protestations qui s'est vite transformé en manifestations violentes contre le gouvernement et ses mesures d'austérité. Les autorités ont fait marche arrière dans leurs réformes, mais elles n'ont pas réussi à apaiser la frustration des manifestants qui poursuivent leurs actions.

Le premier ministre a annoncé que le ministre de la santé allait former un groupe de travail pour élaborer un nouveau projet de loi sur la santé en prenant en compte l'avis de médecins, de patients et d'organismes sociaux. M. Arafat a repris son poste de sous-secrétaire d'État.

 

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