Juncker veut renforcer l’intégration de la zone euro

Jean-Claude Juncker à la conférence de presse du sommet. Bruxelles, 12 évrier. [European Council]

Lors du Conseil européen du 12 février, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a avancé l’idée d’une union de la zone euro, un concept de coopération renforcée qui ne fait pas l’unanimité. 

Jean-Claude Juncker a présenté une note d’analyse sur l’Union économique et monétaire (UEM), préparée en collaboration étroite avec Donald Tusk, le président du Conseil, Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe et Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne.

Lors du sommet de l’euro du 24 octobre 2014, Jean-Claude Juncker avait été invité à « préparer les prochaines étapes d’une meilleure gouvernance économique dans la zone euro », en collaboration avec Jeroen Dijsselbloem et Mario Draghi.

Union monétaire partielle mal adaptée

Selon Jean-Claude Juncker, la zone euro ne s’est pas remise de la crise économique de 2008 de la même manière que les États-Unis, ce qui pourrait vouloir dire qu’une union monétaire partielle s’adapte moins bien aux tempêtes économiques que les unions bénéficiant d’un cadre institutionnel plus complet.

La note d’analyse ne va pas jusqu’à demander l’instauration d’institutions et d’un budget séparés pour la zone euro et ne mentionne pas de modification des traités, mais elle soulève un certain nombre de questions qui vont dans ce sens.

>>Lire: Benoît CœuréLa dimension politique de l’intégration économique européenne

« Jusqu’où le cadre de l’Union économique et monétaire peut-il s’appuyer principalement sur des règles fortes ; et à quel point des institutions communes renforcées sont-elles nécessaires ? », interroge Jean-Claude Juncker.

« Comment la responsabilité et la légitimité peuvent-elles être assurées dans une structure multiniveaux comme l’UEM ? » Cette question suggère par exemple que Jean-Claude Juncker envisage l’instauration d’un parlement pour la zone euro.

>> Lire : L’idée d’une zone euro politique chemine en France

Le président de la Commission ne s’arrête pas là. « Comment assurer une meilleure application du cadre de gouvernance économique et fiscale ? », « De quels instruments avons-nous besoin quand la surveillance dans le cadre de gouvernance existant ne parvient pas à redresser les politiques nationales ? », « Le partage de souveraineté actuel est-il adéquat pour répondre aux exigences économiques, financières et fiscales de la monnaie unique ? »

Un premier pas

Comme l’explique Jean-Claude Juncker, cette analyse prépare le terrain pour de plus amples discussions et constitue la première étape d’un rapport des quatre présidents (Commission, Conseil, Eurogroupe, BCE) sur l’avenir de l’Union économique et monétaire, attendu dans le courant du mois de juin. Les États membres devraient participer à la préparation du rapport.

Noyeau dur européen 

Les pays d’Europe centrale et orientale qui ne sont pas encore membres de la zone euro ne voient cependant pas d’un bon œil l’idée d’un noyau dur européen. Ils sont toutefois rassurés par le fait que le Polonais Donald Tusk, soit également président du sommet sur l’euro et donc étroitement impliqué dans la préparation des propositions à venir.

Si le rapport des quatre présidents n’est attendu que pour le mois de juin, les propositions de Jean-Claude Juncker pourraient faire des vagues au Royaume-Uni, où des élections générales se dérouleront le 7 mai. Le Premier ministre actuel, David Cameron, a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance du pays à l’UE s’il était réélu.

>>Lire: Le Royaume-Uni lance un ultimatum à l’UE

Le projet de David Cameron est fondé sur l’obtention de nouvelles conditions pour la Grande-Bretagne dans l’Europe, ce qui sous-entend une modification du traité européen, un objectif diamétralement opposé à une coopération renforcée dans la zone euro.

Prochaines étapes

  • juin 2015: remise du rapport sur l'avenir de la zone euro 

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