Klaus Iohannis élu président en Roumanie dans un contexte tendu

Klaus Iohannis fête sa victoire après les élections présidentielles du 16 novembre. [Reuters]

Le contexte houleux des élections roumaines a permis à Klaus Iohannis de remporter le scrutin, alors que des manifestations exigent la démission du premier ministre, Victor Ponta, également candidat à la présidentielle. Un article d’EURACTIV Roumanie.

Bien que l’actuel premier ministre, Victor Ponta, ait facilement remporté le premier tour des élections, les problèmes liés aux procédures de vote à l’étranger ont donné lieu à de grandes manifestations contre le candidat social-démocrate et un taux de participation électorale jamais vu depuis les années 1990, avec 11 millions de votes.

Les résultats partiels officiels publiés au matin du lundi 17 novembre indiquent que Klaus Iohannis, représentant l’alliance chrétienne-démocrate, a remporté 54,81 % des voix, et Victor Ponta, du parti social-démocrate, a récolté 45,18 % des suffrages.

L’actuel premier ministre a reconnu sa défaite et félicité Klaus Iohannis. Lors d’une interview donnée après les premiers résultats à la sortie des urnes, Victor Ponta a déclaré qu’il n’avait encore aucune raison de démissionner, et qu’il resterait à la tête du gouvernement jusqu’à ce que son parti lui demande de quitter le poste de premier ministre. Le parti social-démocrate en est donc à sa troisième défaite consécutive lors d’élections présidentielles. L’écart de presque 10 % qui sépare les candidats est également une première.

De son côté, le président nouvellement élu, Klaus Iohannis, a remercié les Roumains qui se sont déplacés pour le vote et conseillé à ses représentants de rester vigilants lors du dépouillement. Peu après l’annonce des premiers résultats, Klaus Iohannis s’est joint aux quelques milliers de Roumains qui manifestaient dans les rues de la capitale.

Le problème du vote à l’étranger et les manifestations anti-Ponta

Le week-end des élections a été marqué de manifestations contre Victor Ponta en solidarité avec les citoyens roumains résidant à l’étranger qui n’ont pas pu voter, une défaillance inacceptable du processus électoral selon nombre de Roumains.

Ces manifestations, qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes dans toutes les grandes villes du pays, font suite à des événements similaires menés à l’issue du premier tour des élections présidentielles début novembre.

 >> Lire : Les irrégularités des élections en Roumanie menacent le second tour 

La semaine passée, le ministre des affaires étrangères a démissionné et déclaré qu’il serait illégal d’augmenter le nombre de bureaux de vote à l’étranger sans décision officielle du Bureau électoral central. Son remplaçant, Theodor Mele?canu, ancien candidat aux présidentielles et ex-directeur du service de renseignement étranger, est du même avis et a indiqué que les mesures prises pour renforcer le personnel des bureaux de vote à l’étranger suffiraient à régler le problème. De plus, les procédures d’enregistrement précédant les votes à l’étranger, à l’origine de nombreux retards lors du premier tour des élections, ont été simplifiées.

Malgré ces mesures, des milliers de Roumains n’ont pas pu voter le dimanche 16 novembre, ce qui a engendré les manifestations en faveur de droits de vote égaux pour tous les citoyens et de la démission du premier ministre.

Qui est Klaus Iohannis ?

Klaus Iohannis, 55 ans, est le président du Parti national libéral et maire de Sibiu. Issue de l’ethnie germanique, le nouveau président élu a été à la tête du forum démocratique des Allemands vivants en Roumanie. En 2009, suite à un vote de confiance négatif pour le gouvernement d’Emil Boc (Parti libéral-démocrate), il avait déjà été proposé qu’il remplace le premier ministre, mais cette option avait été rejetée par Traian B?sescu, le président de l’époque.

En 2013, Klaus Iohannis a rejoint le Parti national libéral et a été au centre du conflit qui a mené à la séparation ultérieure de l’Union socio-libérale. Vainqueur des élections internes de 2014 qui l’opposaient à Crin Antonescu, il est devenu président du parti. Après l’alliance conclue entre le Parti national libéral et le Parti démocrate-libéral, Klaus Iohannis a été nommé candidat à la présidence.

Dans les médias, les autres candidats ont vivement critiqué son incapacité à expliquer comment il était devenu propriétaire de six maisons. 

Les élections en Roumanie ont été marquées par des irrégularités et des dysfonctionnement lors du scrutin. En Roumanie comme à l'étranger, les citoyens ont dû faire la queue pendant des heures avant d'accéder à l'isoloir. Nombre d'entre eux n'ont au final pas pu voter au premier tour, et des problème sont également apparus au second tour, le 16 novembre. Des milliers de Roumains résidant au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Italie, et même aux États-Unis n'ont ainsi pas pu s'exprimer par les urnes suite à des problèmes d'organisation ou d'ordre logistique.

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