L’UE à la recherche d’une solution pour l’âge de la retraite

Sans pouvoir sur le sujet, la Commission européenne s’est malgré tout positionnée sur les systèmes de pension. L’âge du départ à la retraite est un sujet épineux pour l’ensemble des pays de l’UE. Un dossier des rédactions d’EURACTIV en Europe.

Récemment, le premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, a déclaré qu’en Suède, les citoyens pourraient avoir à prolonger leur carrière jusqu’à l’âge de 75 ans, contre 65 ans aujourd’hui, s’ils veulent conserver les mêmes conditions de vie. La population de la plupart des pays de l’UE n’est toutefois pas prête à accepter un changement aussi radical. 

L’UE n’a aucune compétence pour légiférer sur les retraites. Mais, pour tenter de donner une impulsion à un cadre commun des systèmes en Europe, la Commission européenne a fait des propositions, jeudi 16 février.
 
Bruxelles « soutient des réformes qui créent plus d’opportunités pour les personnes capables de rester plus longtemps sur le marché du travail et d’améliorer l’employabilité des travailleurs âgés ». « Augmenter l’âge de la retraite n’est pas suffisant », indique le document. 
 
La Commission appelle également les États à utiliser le plus possible le Fonds social européen pour promouvoir le « vieillissement actif ». 
 
Bruxelles suggère également de mettre en place des mécanismes d’ajustement automatique de l’âge du départ à la retraite en fonction de l’augmentation future de l’espérance de vie. « Ceci pourrait permettre de réaliser des économies budgétaires représentant plus de la moitié de la hausse prévue des dépenses consacrées aux pensions au cous des cinquante prochaines années », indique le document. 
  • France

En France, la retraite est l’un des thèmes de la campagne électorale. La réforme adoptée en 2010 prévoit le recul de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans à partir de 2017. Pour pouvoir recevoir les prestations de retraite dans leur intégralité, les Français devront travailler jusqu’à l’âge de 67 ans.

Mais le candidat socialiste a indiqué que les travailleurs qui ont commencé à travailler tôt devraient pouvoir prendre leur retraite à 60 ans s’ils ont cotisé pendant 42 annuités. 

  • Allemagne

En Allemagne, souvent citée en exemple par la droite français, Nicolas Sarkozy en tête, les socio-démocrates du SPD et les chrétiens démocrates de la CDU/CSU ont voté pour un recul progressif de l’âge de la retraite malgré la résistance des syndicats. 

Cette réforme très controversée est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. L’âge légal pour l’obtention d’une retraite complète va donc progressivement passer de 65 à 67 ans d’ici 2031.

La ministre fédérale du travail, Ursula von der Leyen (CDU) a récemment déclaré qu’il n’y avait pas d’alternative au passage à 67 ans. Selon elle, de plus en plus de personnes âgées bénéficient de prestations de retraites et de moins en moins de jeunes travaillent pour les financer.

Les seuls autres moyens de compenser ce déséquilibre seraient de réduire le montant des prestations ou d’augmenter de manière significative les cotisations. Ces autres solutions ne sont toutefois « pas raisonnables », a-t-elle expliqué. En Allemagne, l’âge de la retraite a été utilisé par les politiques comme un outil de pression sur les pays de l’UE dont l’économie est en difficulté pour qu’ils acceptent d’appliquer le même genre de réforme.

En mai 2011, Angela Merkel a fustigé les pays d’Europe du Sud lourdement endettés, affirmant qu’ils devaient reculer l’âge de la retraite et réduire les jours de congé.

« Il est également important que les citoyens dans des pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal ne puissent pas prendre leur retraite plus tôt qu’en Allemagne, que tout le monde soit logé à la même enseigne. C’est important », a expliqué Mme Merkel. Elle a ajouté : « Nous ne pouvons pas avoir une monnaie unique si certains bénéficient de beaucoup de jours de vacances et d’autres non. Cela ne fonctionnera pas sur le long terme. »

  • Italie et Espagne

En Italie et en Espagne, les partis de gauche ont soutenu des réductions budgétaires, le recul de l’âge de la retraite et le gel ou la réduction des salaires du secteur public dans le cadre de programmes d’austérité visant à empêcher que ces pays ne se voient refuser l’accès aux marchés des capitaux. En Grèce, la retraite avant l’âge de 65 ans est un rêve qui s’envole peu à peu pour ceux qui travaillent encore.

  • République tchèque

En République tchèque, la réforme des retraites est l’un des principaux problèmes de l’actuel gouvernement du premier ministre Petr Ne?as (Parti démocratique civique). La version finale de la réforme a été approuvée en septembre 2011 et devrait entrer en vigueur en janvier 2013.

Les citoyens qui ont 50 ans aujourd’hui partiront à la retraite à 63 ans, ceux d’environ 20 ans prendront leur retraite à 69 ans et les enfants nés cette année devront attendre 73 ans.

Le principal parti de l’opposition dans le pays, ?eská strana sociáln? demokratická (?SSD), est le plus fervent opposant à la nouvelle réforme. Une grève a été organisée en juin 2011 par les syndicats dans plusieurs grandes villes. Mais M. Ne?as a campé sur ses positions.

  • Slovaquie

En Slovaquie, l’âge maximum de la retraite a été établi à 62 ans pour les hommes et les femmes. Avant la chute du gouvernement en octobre 2011, il était prévu de lier l’espérance de vie des plus âgés et l’âge de la retraite à partir de janvier 2016. Les prochaines étapes seront définies après les élections législatives anticipées de mars 2012. Selon les experts, le système actuel n’est pas soutenable et l’âge de la retraite devra être reculé.

  • Pologne

En Pologne, le premier ministre, Donald Tusk, et son parti libéral, Plateforme civique (PO), ont proposé de reculer l’âge de la retraite pour les femmes de 60 à 67 ans et pour les hommes de 65 à 67 ans. Ce changement devrait s’opérer progressivement à partir de 2013.

Le parti conservateur dans l’opposition, Droit et justice (PiS), et à gauche l’Alliance de la gauche démocratique (SLD), réclament un référendum sur cette question. Le syndicat Solidarno?? a déjà rassemblé plus d’un million de signatures et devrait envoyer sa demande de référendum à la Sejm (la chambre basse du parlement polonais) cette semaine.

Selon le dirigeant de Solidarno??, Piotr Duda, les Polonais vivent toujours statistiquement moins longtemps que les citoyens des pays dans l’UE et c’est la raison pour laquelle ils devraient avoir la possibilité de partir à la retraite plus tôt que les autres. L’espérance de vie en Pologne est de 71,5 ans pour les hommes et de 80,1 ans pour les femmes.

  • Roumanie

En Roumanie, la récente évolution de la loi sur les retraites implique que les hommes arrêtent leur vie professionnelle au même âge que les femmes, à savoir 65 ans. Toute personne prenant sa retraite avant pourra être pénalisée. Cette loi s’appliquera pour les hommes dès 2015 et pour les femmes à partir de 2030.

Les premières femmes à prendre leur retraite à 65 ans seront celles nées en 1965. Les syndicats roumains se sont opposés à cette loi, car selon eux, les Roumains ont moins de chance de trouver un emploi après 45 ans, contrairement aux citoyens des autres pays européens, et leur espérance de vie est considérablement réduite en comparaison à leurs voisins dans l’UE.

  • Bulgarie

En Bulgarie, conformément à la réforme adoptée il y a peu, l’âge de la retraite passera de 60 ans à 63 ans pour les femmes et de 63 à 65 ans pour les hommes.

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