La Bulgarie pourrait suivre la Lituanie et organiser un référendum sur ses centrales nucléaires

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La Lituanie organisera un référendum sur la construction de la centrale nucléaire de Visaginas en même temps que les élections législatives du 14 octobre. Les Bulgares se prononceront sur l’avenir de la centrale nucléaire de Béléné avant la fin de l’année.

 

Les électeurs lituaniens devront décider d'approuver ou de rejeter la déclaration suivante : « Je suis en faveur de la construction d'une nouvelle centrale nucléaire dans la République de Lituanie. »

 

En juillet dernier, le parlement lituanien a décidé que le référendum sur la centrale de Visaginas serait organisé en même temps que les élections, afin de réduire les coûts et d'accroître le taux de participation. Au moins la moitié des électeurs devront voter lors du référendum pour que les résultats puissent être validés.

 

Le gouvernement actuel de centre-droit, dirigé par Andrius Kubilius, souhaite vivement construire cette centrale.

 

La présidente, Dalia Grybauskait?, a déclaré que ce référendum était l’occasion de consulter les électeurs sur une décision importante. « Le gouvernement est obligé de présenter le projet en détail à la population », a-t-elle affirmé dans un communiqué présidentiel, cité dans le Lithuania Tribune.

 

Si sa construction est approuvée, la nouvelle centrale nucléaire devrait être sur pied dans une dizaine d'années. Elle remplacerait la centrale nucléaire soviétique d'Ignalina (voir « Contexte ») et devrait être construire à proximité du même site.

 

Ce projet a le soutien du parlement et du ministre des finances, mais il reste à déterminer si la Pologne y apportera sa contribution. Il s'agit d'un élément important de ce projet, dont les partenaires incluent l'Estonie, la Lettonie et l'entreprise japonaise Hitachi Ltd. Les coûts sont estimés à 5 milliards d'euros et la construction devrait débuter en 2015.

 

Référendum possible en Bulgarie

 

En Bulgarie, aucune date n'a encore été fixée pour la tenue d'un référendum sur l'avenir de la centrale nucléaire de Béléné près du Danube, mais il est très probable que la population soit consultée d'ici la fin de l'année.

 

La construction a été interrompue en mars, suite à ce qui est apparu comme une décision politique du gouvernement de centre-droit du premier ministre, Boyko Borissov, dans le but de ne pas accroître la dépendance énergétique du pays vis-à-vis de la Russie. La Russie souhaite en effet fournir les réacteurs.

 

Lorsque le projet de Béléné a été annulé, le Parti socialiste bulgare dans l'opposition (BSP) a fustigé le gouvernement pour avoir pris une décision « influencée par certaines ambassades, dont l'ambassade américaine ».

 

Le BSP affirme avoir rassemblé 800 000 signatures en faveur de la tenue d'un référendum sur la construction de la centrale nucléaire conformément aux plans initiaux. Conformément à la constitution, 500 000 signatures valides sont nécessaires pour l'organisation d'un référendum. Il s'agirait du premier référendum dans l'histoire du pays sous sa forme actuelle.

 

Le gouvernement de M. Borissov s'est d'abord montré réticent à cette idée. Le mois dernier néanmoins, l'entreprise russe Atomstroyexport a annoncé qu'elle réclamait 1 milliard d'euros de compensation à la Bulgarie suite à sa décision d'abandonner le projet de Béléné. L'entreprise américaine Global Power Consortium, récemment enregistrée, se serait par ailleurs dite prête à financer la centrale de Béléné. L'idée d'équiper cette centrale avec des technologies occidentales est également dans l'air.

 

Des représentants de Global Power Consortium auraient exprimé leur intérêt à reprendre le projet et à installer deux réacteurs de 1 000 mégawatts, sans fonds ou garanties de l'État. M. Borissov a déclaré qu'il examinerait cette offre avec attention si les investisseurs faisaient un dépôt de 200 millions d'euros, acceptaient de reprendre tout le passif de la centrale jusqu'à présent et de la construire sans garanties d'État ou d'accords d'achat d'énergie à long terme.

 

Tentant sans doute de reporter sa décision, le gouvernement a annoncé qu'il négocierait avec les investisseurs, mais pas avant le référendum. Le président, Rosen Plevneliev, a déclaré qu'il jouerait le rôle de « garant personnel » du succès du « premier référendum de l'histoire démocratique du pays ».

 

Le problème semble à présent résider dans la formulation de la question qui sera posée lors de ce scrutin. Les socialistes souhaitent qu'il se fonde sur la même question que celle utilisée lors de la campagne de collecte des signatures : « L'énergie nucléaire en Bulgarie devrait-elle être développée via la construction d'une centrale sur le site de Béléné ? »

 

D'autres affirment que ce texte entre en contradiction avec la législation du pays et qu'un investissement ne devrait pas faire l'objet d'un référendum. La Coalition bleue dans l'opposition, un petit parti de centre-droit, a menacé de porter l'affaire devant la Cour constitutionnelle.

 

En 1992, lors d'un sommet du G7, il a été décidé que quatre unités de la centrale nucléaire de Kozloduy en Bulgarie, ainsi que celle de Bohunice en Slovaquie et celle d'Ignalina en Lituanie, devraient être fermées en raison de leur faible niveau de sûreté. Toutes ces unités nucléaires sont aujourd'hui fermées, la dernière ayant été la seconde unité de la centrale d'Ignalina en décembre 2009.

 

La fermeture de ces centrales nucléaires a été négociée dans le cadre des traités d'adhésion à l'UE de ces trois pays. Etant donné que cette fermeture prématurée représente un fardeau important, l'Union européenne leur apporte une aide financière.

 

Le démantèlement nucléaire est l'étape finale du cycle de vie d'une installation et couvre toutes les activités, de la fermeture et du transport des matières fissiles à la réhabilitation de l'environnement.

  • 14 oct. : premier tour des élections en Lituanie.

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