La Commission juge que la Bulgarie a brisé la confiance de ses partenaires européens

Delyan Peevski

Exclusif. Selon un rapport de la Commission sur la Bulgarie et la Roumanie consulté par EURACTIV, la nomination d’un profil douteux à la tête de l’Agence de Sécurité Nationale bulgare a rompu la confiance des pays membres.

A dates fixes, la Commisssion publie des rapports étapes correspondant au Mécanisme de Coopération et de Vérification sur la Roumanie et la Bulgarie. Le prochain, à paraître le 22 janvier et que EURACTIV.com a pu consulter, est particulièrement critique.

Il évoque notamment un scandale qui a provoqué les manifestations les plus longues de l’histoire de la Bulgarie. Voici 222 jours que les Bulgares manifestent tous les jours, en exigeant la démission du gouvernement.

Un homme d'affaires contesté

Tout a démarré le 16 juin dernier. Le gouvernement de Plamen Orécharski, en place depuis 2 semaines après des élections, avait alors nommé Delyan Péevski à la tête de l’Agence de sécurité nationale bulgare. Cet homme d’affaires enrichi dans le domaine de l’énergie, et propriétaire du groupe de media New Bulgarian, traîne avec lui une réputation sulfureuse.  À l’âge de 33, Péevski est membre du parlement par le Mouvement des Droits et des Libertés, le parti politique qui représente la minorité turque en Bulgarie.  Son Mouvement fait partie d’une coalition qui, avec le Parti socialiste bulgare, s’est arrangé pour mettre en place un gouvernement malgré une position minoritaire au Parlement. Sans cesse contesté, le gouvernement subsiste depuis grâce au support non officiel du parti nationaliste et xénophobe Ataka.

Péevski a depuis longtemps retiré sa candidature au poste de l’ASN. Mais les manifestations n’ont pas cessé ; au contraire. C’est désormais la démission du gouvernement qui est réclamée. Si la Commission ne nomme pas le cas de Péevski, est néanmoins limpide.

« Les compétences de l’Agence de sécurité nationale bulgare dépendent du choix de son président. La Commission recommande, pour ce poste, un choix qui s’appuie  sur des procédures transparentes, ce qui permettrait une vraie compétition entre les candidats. Le candidat choisi a du être démis à cause des réactions publiques. Ces évènements ont remis en question la confiance que ses partenaires avaient en la Bulgarie, et les autorités doivent travailler dur pour surmonter ce problème », souligne le rapport.

Qui a proposé Péevski ?

  Les politiciens bulgares continuent d’être interrogés sur cette question – qui a proposé Péevski pour présider l’Agence. Mais la réponse reste floue. Le président du Parti Social Bulgare – Sergei Stanichev, également président du Parti socialiste Européen (PSE), a récemment été accusé par l’ex-président de Bulgarie et ex-président du Parti Socialiste Bulgare Georgi Parvanov d’avoir fait des choix douteux pour son pays, y compris à propos de Péevski. L’ex-premier ministre et le président du parti de centre droit, GERB, Boyko Borissov a affirmé que l’épouse de Stanichev – Monika Yossifova, propriétaire d’ une agence de relations publiques, et Délyan Péevski règnent aujourd’hui sur la Bulgarie.

Stanichev a réfuté ces affirmations, les qualifiant  de «pures spéculations ». De même, il a défendu son épouse. Monika Yossifova a récemment été accusée par une élue allemande du Parlement européen, Ingeborg Gräßle, d’avoir profité de contacts privilégiés avec le Parlement européen. « Le pays est dirigé par le gouvernement de Plamen Orecharski qui a été légitimement élu par le peuple bulgare» a répondu Stanichev.

Parvanov a ajouté que Péevski soutient Stanichev par son groupe de médias. Le même groupe s’est mobilisé contre Parvanov et le membre du Parlement européen Ivaylo Kalfin, qui a annoncé récemment qu’il allait participer aux élections européennes de 2014 dans une liste séparée du Parti Socialiste Bulgare.

La restauration de la confiance en faveur du gouvernement bulgare sera une tâche difficile. Selon les derniers sondages, le cabinet d’Orécharski obtient le record du plus bas niveau de soutien – 26% contre 65% de méfiance. Selon les chiffres des sondages, s’il y a des élections préliminaires, le Parti socialiste obtiendra 22% des votes, contre 18% pour GERB. 40% disent prévoient de s’abstenir de voter. 

Lorsque la Bulgarie et la Roumanie ont adhéré le 1er janvier 2007, de nombreuses questions sur la réforme judiciaire et la corruption restaient ouvertes. Dans le cas de la Bulgarie, les liens avec le crime organisé  demeurent un sujet de préoccupation.

Le Mécanisme de Coopération et de Vérification, géré par la Commission européenne, veille au suivi de ces questions

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