La Roumanie accueille le bouclier anti-missile américain et donne des détails

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Le président roumain, Traian Basescu, a annoncé aujourd'hui (3 mai) la localisation précise des intercepteurs de missiles qui font partie du projet américain de bouclier anti-missile en Europe. Il a également annoncé qu'une base aérienne ainsi que le principal port maritime du pays serait à la disposition des troupes américaines.

Lors d'une conférence de presse à Bucarest, M. Basescu a déclaré que la partie roumaine du bouclier anti-missile serait située à Deveselu, une base aérienne près de la ville de Caracal, à environ 70 km de la centrale nucléaire bulgare de Kozloduy.

M. Basescu a ajouté que la base aérienne de Deveselu resterait sous commandement roumain, mais qu'entre 200 et 500 membres du personnel américain y seraient stationné.

Il a également affirmé que la base aérienne Mihail Kogalniceanu, à l'aéroport international de la principale ville portuaire de Constanta, ainsi que le port de Constanta, seraient à la disposition des troupes américaines comme base arrière pour leurs actions en Irak et en Afghanistan.

En décidant d'accueillir un élément clé du bouclier anti-missile des Etats-Unis, la Roumanie a atteint « le plus haut degré de sécurité de son histoire », a déclaré M. Basescu, cité dans la presse roumaine. Il a ajouté que cette garantie de sécurité était du « long terme ».

La base aérienne Kogalniceanu et le port de Constanta deviendront des infrastructures stratégiques pour les Etats-Unis également, a précisé M. Basescu. Quatre avions ravitailleurs et quatre avions de transport C-17 américains seront stationnés à Kogalniceanu, a-t-il dit.

M. Basescu a insisté sur le fait que la décision d'accueillir une partie du bouclier anti-missile américain n'était pas prise contre la Russie.

Dans un entretien accordé à l'agence AP, la sous-secrétaire d'Etat américaine, Ellen Tauscher, a déclaré que les intercepteurs seraient opérationnel d'ici 2015 comme prévu.

« Nous continuer à faire ce que nous avions dit s'agissant de la défense anti-missiles », a déclaré Mme Tauscher.

La diplomate américaine répondait apparemment à des critiques selon lesquelles l'administration Obama aurait perdu un temps précieux en modifiant les plans initiaux qui localisaient le bouclier en Pologne et en République tchèque.

« Nous sommes sur la bonne voie et dans les temps », a-t-elle insisté.

Le site du bouclier anti-missile en Roumanie semble être un second choix, après que l'administration Obama a mis en suspens les projets de l'administration Bush d'utiliser des intercepteurs à longue portée en Pologne et des installations radars en République tchèque pour contrer des menaces en provenance des « Etats bandits », comme l'Iran et la Corée du nord. La Russie n'était pas d'accord avec ce projet.

Les plans voués à relocaliser le bouclier anti-missile américain en Roumanie n'ont pas rencontré d'opposition de la part de Moscou. Les détracteurs nationaux d'Obama ont affirmé que ce nouveau plan prouvait qu'il avait cédé aux demandes des Russes et ont exprimé leurs doutes quant au fait que l'administration puisse construire un bouclier efficace en respectant le calendrier prévu.

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