La Slovénie s’inflige des mesures d’austérité pour éviter un renflouement

Alenka Bratušek

La Slovénie s’est engagée jeudi (9 mai) à vendre 15 entreprises publiques, dont sa deuxième banque, son plus grand opérateur de télécommunications et sa compagnie aérienne nationale, afin d’éviter un renflouement international.

 

Les mesures très attendues ne prévoient aucun calendrier pour la privatisation des entreprises publiques et une décision sur les coupes dans les salaires du secteur public tombera après les négociations avec les syndicats.

 

Soutenus par des exportations de voitures Renault, d'appareils ménagers et de produits pharmaceutiques, les gouvernements successifs ont évité la vente impopulaire d’actifs publics, dont les plus grandes banques du pays, une réforme du système de sécurité sociale et un marché du travail rigide.

 

Les exportations ont chuté depuis le début de la crise financière mondiale, ce qui a augmenté le nombre de créances douteuses, les coûts d'emprunt, l'exposition au copinage politique et à la corruption qui ont donné lieu à des prêts désastreux accordés à des hommes d'affaires proches de la scène politique.

 

La première ministre slovène, Alenka Bratušek, a annoncé que le taux de TVA serait relevé de deux points, à 22 %, à compter du 1er juillet. Cette mesure permettrait au pays d'éviter de suivre le chemin de Chypre, en attente d’un renflouement de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.

 

La première ministre slovène envisage de se rendre à la Commission européenne vendredi.

 

« Ce programme permettra à la Slovénie de rester un État complètement souverain », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. Son ministre des finances, Uroš ?ufer, a indiqué : « La Slovénie est un avion qui perd de l'altitude et nous devons d'abord stabiliser cette altitude. »

 

L'Union européenne s’inquiète de plus en plus de l'engagement de la Slovénie à réviser son économie encore contrôlée à environ 50 % par l'État et embourbée dans des créances douteuses dans des banques locales à hauteur de 7 milliards d'euros.

 

Réaction prudente

 

« Si toutes les mesures se concrétisent et ne sont pas seulement mises par écrit, je pense que nous sommes toujours en mesure de résoudre les problèmes nous-mêmes », a expliqué le gouverneur de la Banque centrale slovène, Marko Kranjec, un membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, à la chaîne de télévision autrichienne ÖRF.

 

Sašo Stanovnik, un économiste principal de l'entreprise d'investissement Alta Invest, a expliqué que le projet permettrait de gagner du temps, mais ne constituait pas une « solution permanente ».

 

« Le plus grand problème de ce programme, c'est qu'il ne met pas suffisamment en évidence la réduction des coûts », a-t-il indiqué à Reuters. « L'annonce de privatisation est une bonne surprise, mais, en raison d’expériences antérieures, nous doutons que la Slovénie vende réellement ces entreprises. »

 

Le pays a pu respirer un peu la semaine dernière quand il a émis deux obligations d’une valeur totale de 2,7 milliards d'euros. Il devra cependant emprunter à nouveau à partir du premier trimestre de 2014 avant l’arrivée à échéance le 2 avril 2014 d’une obligation de 1,5 milliard d'euros sur cinq ans.

 

Un porte-parole du commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré que la Commission étudiera le projet et donnera sa réponse le 29 mai.

Contexte

 

Selon des estimations, un renflouement de la Slovénie, membre de l'UE depuis 2004 et de la zone euro depuis 2007, pourrait s'élever à 5 milliards d'euros, en grande partie pour la consolidation de ses banques.  Bien qu'inférieur à celui de la Grèce ou de l'Irlande, un renflouement serait politiquement délicat alors que la zone euro lutte également contre des problèmes financiers en Espagne, en Italie et au Portugal.

 

Un plan de sauvetage serait plus sévère pour la Slovénie et le gouvernement devrait réduire davantage les dépenses et les emplois, mais sous le contrôle international.

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