La Russie demande à la Moldavie de choisir entre son gaz bon marché et l’intégration européenne

La Moldavie est tiraillée entre la Russie et l'UE

Russia told impoverished Moldova yesterday (12 September) to choose between low-priced gas from Russia and its pledge to adopt European energy liberalisation measures opposed by Moscow, which is girding for a conflict with Europe over natural gas.

 

« Tout d'abord, nous proposons que la Moldavie renonce au protocole relatif à sa participation à l'accord sur la Communauté énergétique de l'Europe. Il s'agit pour nous d'une condition préalable pour l'ouverture des discussions sur le prix du gaz et l'allègement de la dette qui, pour le moment, s'élève à 4,1 milliards de dollars [3,17 milliards d'euros] », a déclaré le ministre russe de l'énergie, Alexander Novak, cité par Reuters.

 

La Moldavie a rejoint la Communauté de l'énergie en 2009 en même temps que l'Ukraine. Cette communauté, créée en 2005, vise à intégrer le marché énergétique de l'Europe du Sud-Est à celui de l'Union européenne

 

M. Novak a tenu ces propos avant que le président russe, Vladimir Poutine, ne rencontre le premier ministre moldave, Vlad Filat, à Sochi.

 

M. Novak n'a pas fait mention des 20 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz qui transitent chaque année par la Moldavie avant d'atteindre l'Europe qui importe environ 150 mmc de gaz russe chaque année.

 

L'imposition d'un ultimatum à un pays de transit risque d'alarmer l'Europe.

 

L'approvisionnement du gaz qui transite par la Moldavie pour terminer sa course en Europe a déjà été interrompu en janvier 2006 en raison d'un conflit sur les prix. Ce ne fut toutefois qu'une perturbation mineure en comparaison à celles causées par les conflits qui ont opposé Moscou et Kiev, dans la mesure où l'Ukraine gère un bien plus grand volume de gaz russe.

 

L'an denier, la Moldavie, une ancienne république soviétique de 3,5 millions d'habitants, a payé 1 milliard de dollars (770 millions d'euros) pour 3,1 mmc de gaz russe, bien moins que les consommateurs européens.

 

M. Novak a expliqué que le pays demandait actuellement une ristourne de 30 %. La Moldavie a par le passé accumulé des obligations sur le gaz acheminé dans l'enclave de Transdniestr d'ethnie russe qui bénéficie du soutien de Moscou.

 

M. Poutine a laissé entendre que la Russie pourrait aider la Moldavie, dont l'économie est en difficulté et dépend lourdement des exportations agricoles, par le biais d'investissements d'entreprises telles que Gazprom ou d'une plus grande part de marché pour le vin moldave.

 

Gazprom possède déjà la moitié des gazoducs de transit moldaves qui acheminent le gaz russe vers les pays Baltes.

 

Les relations entre la Russie et l'Union européenne se sont envenimées au début du mois, lorsque la Commission européenne a ouvert une enquête sur les pratiques de tarification et d'approvisionnement de Gazprom en Europe.

 

L'UE a expliqué que Gazprom était suspectée d'abuser de sa position sur le marché en imposant des prix injustes aux consommateurs dans le cadre de ses contrats à long terme liés au pétrole et en entravant la libre circulation du gaz.

 

Le Kremlin soutient Gazprom et a publié un décret qui pourrait empêcher les régulateurs européens d'obtenir les informations nécessaires à l'enquête.

 

Les pays de l'UE négocient leurs importations de gaz avec le monopole russe du gaz, Gazprom, sur une base individuelle. Gazprom vend son gaz à des prix très différents en fonction des pays. L'entreprise est généralement considérée comme une arme de politique étrangère pour la Russie et ses accords tendent à « récompenser » ou à « punir » certains pays.

 

En dehors de l'UE, l'exemple le plus frappant est le Bélarus, un pays proche de Moscou, qui paye 100 dollars (76 euros) pour 1000 mètres cubes, tandis que l'Ukraine, une autre ancienne république soviétique, paye 416 dollars (314 euros) pour 1000 mètres cubes. Les Ukrainiens tentent de négocier un prix plus juste à 250 dollars (189 euros).

 

Le 4 septembre dernier, la Commission a lancé une enquête sur Gazprom pour abus de position dominante.

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