Les investissement d’efficacité énergétique du plan Juncker suspendus à leur rentabilité

Jyrki Katainen à la conférence de presse suite à la réunion avec les ministres européens des Finances. [James Crisp]

Les projets de rénovation et d’efficacité énergétique des bâtiments  sont une priorité pour la Commission, qui rappelle toutefois que c’est au secteur privé de décider des projets éligibles au plan Juncker.

Jyrki Katainen, commissaire en charge de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité, a déclaré le 9 mars qu’il reviendrait au secteur privé de décider à quels projets seraient destinés les fonds du plan Juncker, qui doit démarrer prochainement.

Les fonds publics du plan Juncker agiront comme des garanties contre les risques afin d’attirer les investisseurs privés vers les projets concernés.

Suite à la publication d’un rapport le 9 mars réalisé par Copenhagen Economics, un cabinet de conseil, le secteur du bâtiment a demandé qu’une partie du plan d’investissement soit réservé à la rénovation de bâtiments.

Selon le rapport, les projets de rénovation profonde offriraient des retours sur investissements importants, aideraient l’UE à atteindre ses objectifs sur l’efficacité énergétique et créeraient de l’emploi et de la croissance. Les projets rapides à déployer, prêts à démarrer et bénéfiques à la société devraient être placés en priorité, indique le rapport.

« L’efficacité énergétique est l’une des priorités de la Commission », a rappelé Jyrki Katainen, « voilà pourquoi j’espère qu’il y aura des projets concernant l’efficacité énergétique, mais c’est au secteur privé de mettre en place ces projets. »

Réseaux intelligents en première ligne

Les plateformes nationales ou régionales peuvent néanmoins demander des ressources pour l’efficacité énergétique au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), a déclaré Jyrki Katainen lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Ces ressources pourraient ainsi être attribuées à des projets d’efficacité énergétique tels que les réseaux intelligents, a-t-il ajouté. Les réseaux intelligents utilisent la technologie numérique pour améliorer l’efficacité et la fiabilité de la distribution de l’électricité.

Jyrki Katainen venait de rencontrer les ministres européens des Finances, qui se sont accordés sur la réglementation pour mettre en place le FEIS.Le FEIS est le fonds qui distribuera 21 milliards d’euros d’argent public qui seront censés lever au moins 315 milliards d’euros d’investissement privé sur les trois prochaines années.

>> Lire : Le plan Juncker s’oriente vers des plans de relance nationaux

http://www.euractiv.com/video/katainen-no-efficiency-ring-fence-juncker-investment-plan-312781

Des projets efficaces et rentables

Selon le rapport Copenhagen Economics, les projets de rénovation de bâtiments correspondent, en termes d’efficacité et de coûts, aux objectifs clés du FEIS.

« Le FEIS vise à donner la priorité à des projets qui encouragent une activité à court et à moyen terme et qui sont bénéfiques à la société », a déclaré Adrian Joyce, secrétaire général d’EuroAce et directeur de Renovate Europe. « Ce rapport montre que la rénovation des bâtiments possède toutes ces caractéristiques. »

Selon Jan te Bos, directeur général de l’Association européenne des industriels de l’isolation (EURIMA), la recherche et l’expérience ont montré que les projets de rénovation profonde de nos édifices sont totalement adaptés aux priorités de l’UE.

« Ils permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance vis-à-vis de l’importation et créent de l’emploi et de la croissance, la stratégie de l’Union de l’énergie l’a récemment reconnu », a-t-il déclaré.

« Les institutions européennes doivent emboiter le pas en allouant une partie du Fonds européen pour les investissements stratégiques à l’investissement dans de grands programmes de rénovation », a-t-il ajouté.

Maroš Šef?ovi? : « de grandes opportunités » dans l’efficacité énergétique des bâtiments

À l’occasion d’un évènement du Centre politique européen la semaine dernière, le vice-président de la Commission, Maroš Šef?ovi? avait affirmé qu’une partie du plan d’investissement devrait être attribué à l’efficacité énergétique des édifices.

Environ 29 % des projets avancés par les États membres dans le cadre du programme de financement concernaient les infrastructures énergétiques, qui ont été négligées à cause de la crise, a-t-il indiqué.

Selon lui, « seuls 10 % de nos bâtiments sont énergétiquement efficaces, si nous investissons dans les technologies disponibles sur le marché de grandes possibilités s’offrent à nous pour dépenser moins, aux investisseurs pour investir, et aux propriétaires, aux foyers, et aux organes administratifs pour économiser beaucoup d’énergie ».

Selon Maroš Šef?ovi?, l’Union de l’énergie, l’initiative de l’UE pour renforcer sa résistance aux pénuries, jouera aussi un rôle dans l’attribution des investissements.

« J’ai rencontré les représentants d’un fonds de pension qui sont prêts à investir dans des projets d’efficacité énergétique », a-t-il déclaré. « Ils m’ont fièrement annoncé que leurs actifs représentaient 9 000 milliards d’euros. »

« Ce dont ils ont besoin, c’est de l’aide pour préparer et présenter des projets à des investisseurs institutionnels de long terme et pour garantir une stabilité réglementaire qui est toujours importante pour ce genre de projets », a-t-il ajouté.

Selon la campagne « Renovate Europe », la demande d'énergie pourrait être diminuée de 80 % grâce aux nouvelles technologies. Il est néanmoins nécessaire de mettre en place une réglementation et un cadre législatif efficace afin d'atteindre un tel objectif.

L'Union de l'énergie concernera des secteurs divers, comme l'énergie, les transports, la recherche et l'innovation, la politique étrangère, la politique européenne de voisinage, le commerce et l'agriculture, explique la Commission.

Les objectifs de cette Union de l'énergie se sont diversifiés pour inclure des problèmes tels que la lutte contre le changement climatique.

Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé un plan de mobilisation de 300 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne.

Le commissaire à l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité, Jyrki Katainen espérait que le paquet comprenne un partenariat public-privé, une plus grande capacité de prêt pour la BEI, ainsi que d'autres organes de prêt de l'Union, un plus grand nombre « d'investissements » par les États membres dans les domaines comme les infrastructures et la réalisation du marché unique.

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