Orbán considère l’Union de l’énergie comme une menace pour la Hongrie

Vladimir Poutine et Viktor Orbán à Budapest le 17 février. [Le Kremlin]

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a déclaré que son pays avait un « profond différend » avec Bruxelles au sujet du projet de la Commission d’instaurer une Union de l’énergie. Projet qui, selon lui, entraverait la souveraineté nationale.

Il y a deux jours, Viktor Orbán a accueilli le président russe, Vladimir Poutine, qui lui a accordé un important rabais sur les prix du gaz. Le premier ministre hongrois a déclaré que son pays n’acceptait pas de devoir informer la Commission des accords d’approvisionnement de gaz qu’il passe avec la Russie.

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Un des éléments clés de l’Union de l’énergie est que tout accord énergétique conclu entre un pays membre et un pays hors UE doit être préalablement examiné par la Commission européenne. La Russie a toujours insisté pour que ces accords restent confidentiels.

>> Lire : La Commission met son nez dans les accords bilatéraux sur l’énergie

Viktor Orbán a déclaré que la Hongrie recevait désormais du gaz russe à 230 euros les 1000 mètres cubes au lieu des 440 qu’elle payait en 2009. De son côté, la Russie a également abandonné l’idée de faire payer la Hongrie pour le gaz non utilisé sous la clause de l’enlèvement ferme (« take or pay »).

Le premier ministre hongrois a affirmé que son pays ne redistribuerait plus de gaz russe à l’Ukraine. Ces derniers mois, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie ont redistribué du gaz russe, qu’ils achètent à plus bas prix que Kiev, à l’Ukraine, pays par où transite le gaz. L’UE soutient l’initiative et finance une partie de l’équipement nécessaire pour transporter le gaz en sens inverse.

« Nous avons promis [à Moscou] que le gaz russe ne repartirait pas vers l’Ukraine », a annoncé Viktor Orbán selon le Wall Street Journal.

Le premier ministre hongrois a ajouté que le seul gaz qu’il pourrait vendre à l’Ukraine serait celui acheté sur le marché au comptant, provenant de la plateforme gazière autrichienne. Selon le Wall Street Journal, Viktor Orbán a expliqué que « cette décision vise à s’assurer que la Hongrie ne tire pas profit de la différence entre le prix bas qu’elle paye à la Russie et les prix du gaz sur le marché au comptant. »

« L’Ukraine voit là un problème politique, mais il s’agit d’un problème de prix », a commenté Viktor Orbán. 

Une des grandes priorités de la Commission Juncker est la mise en place d'une Union de l’énergie grâce à une connexion des infrastructures, à l'application des lois et à l'augmentation de la compétitivité  afin de baisser les coûts pour les citoyens et les entreprises et relancer la croissance.

Pour ce faire, l'UE veut diversifier ses ressources énergétiques, mettre en commun ses infrastructures et unir son pouvoir de négociation vis-à-vis des pays tiers. L'UE veut également que l'Europe devienne le numéro 1 des énergies renouvelables.

La Commission considère que désormais, les futurs accords intergouvernementaux (IGA) des États membres ainsi que « tout autre type de contrats » conclus avec des pays exportateurs de gaz seront soumis à un examen préalable afin de s'assurer que les règles du marché intérieur de l'UE et les critères de sécurité d'approvisionnement sont respectés. 

Plusieurs pays européens avaient conclu des accords bilatéraux avec la Russie dans le cadre de la construction du gazoduc South Stream. La Commission européenne a affirmé le 4 décembre dernier que ces accords, sous l'égide de Gazprom, enfreignaient la législation européenne et devaient être renégociés dans leur intégralité. 

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