Vladimir Poutine assistera bien aux cérémonies du débarquement en France

A US veteran in a Normandy cemetery. Archive photo

Un vétéran américain dans un cimetière normand [EURACTIV Archive]

Le 6 juin, le président russe, Vladimir Poutine, sera en France pour célébrer le 70e anniversaire de la journée du débarquement. Alors que les tensions entre l’Occident et la Russie n’ont jamais été aussi fortes depuis la chute de l’URSS.

Vladimir Poutine prendra part aux célébrations du débarquement en Normandie le 6 juin prochain. Le Kremlin et l’Élysée ont confirmé cette annonce le 6 mai. La venue du président russe était prévue depuis des mois, et sera maintenue malgré les tensions actuelles générées par la crise ukrainienne.

L’Élysée a déclaré maintenir l’invitation. De son côté, le Kremlin a confirmé que Vladimir Poutine « devrait effectivement venir » à la cérémonie.

Les services du président français ont expliqué qu’il s’agissait d’un évènement lié à l’histoire et devait en conséquence être dissocié des évènements actuels.

« Nous avons en partage avec les Russes des morts et des héros », selon une source de l’Élysée. Il s’agit d’un évènement qui n’a rien à voir avec le sommet du G8, a-t-elle ajouté.

L’annexion russe de la Crimée ukrainienne, a entraîné l’exclusion de Moscou du G8 et l’annulation du sommet du groupe des 8 pays les plus industrialisés, qui était prévu à dans la ville russe de Sotchi en juin. En lieu et place, un sommet du G7 se tiendra à Bruxelles le 4 et 5 juin prochains. L’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni constituent les membres du G7.

La Russie est devenue en 1998 le huitième membre du groupe regroupant les nations les plus industrialisées au monde, après avoir déposé une première candidature dès sa création en 1975.

La cérémonie sera l’occasion pour le président français d’envoyer un « message de paix » à son homologue russe. La semaine dernière, déjà, une lettre était envoyée par l’Élysée en vue « de trouver une sortie à la crise [russo-ukrainienne] ».

« Rester à voir si Barack Obama et Angela Merkel, qui seront également de la partie, accepteront de poser avec Vladimir Poutine », conclut l’article de Metronews.

Cependant, la cérémonie du débarquement pourrait être sous très haute tension, étant donné que des séparatistes prorusses projettent de tenir un référendum sur l’indépendance de ce qu’ils nomment la « République populaire de Donetsk » le 11 mai prochain. Ce scénario laisse présager une annexion similaire à celle de la Crimée.

Le Seconde Guerre mondiale, un héritage historique

La Russie attache de plus en plus d’importance à l’héritage historique de la Seconde Guerre mondiale. L’URSS avait payé le plus durement de son sang la lutte internationale contre l’Allemagne nazie et le pouvoir russe en place veut s’assurer que sa contribution reste dans les annales. Le 5 mai, Vladimir Poutine a promulgué un décret imposant une peine allant jusqu’à 5 ans de prison ou une amende de 500 000 roubles (environ 10 250 euros) à toute personne jugée coupable d’avoir tenu des propos négationnistes.

La loi vise les personnes qui cautionnent publiquement les crimes nazis, en particulier quand elles tentent de diffuser ce message dans les médias.

La loi punit également ceux qui font sciemment circuler des « informations fausses sur les actes des Soviétiques » lors de la Seconde Guerre mondiale.

La promulgation de cette loi survient au moment où la Russie compare les actions des nationalistes ukrainiens aux crimes de guerre nazis, à l’orée de l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon la radio RFE/RL.

Selon la radio russe La Voix de la Russie, les nouvelles autorités ukrainiennes répandent de « fausses informations sur l’URSS ». Le président par intérim ukrainien, Olexandre Tourtchinov, le premier ministre Arseni Iatseniouk, et le chef du parti nationaliste Svoboda, Oleh Tyahnybok, sont tenus pour responsables de cette campagne de désinformation.

Les mouvements d’extrême droite Trident, le Secteur droit et Svoboda seraient responsables d’avoir placé les dirigeants ukrainiens actuels au pouvoir. Or, selon certaines sources, non seulement ils approuvent les crimes nazis contre les Juifs, mais les glorifient et cherchent à les décrire comme autant d’actes d’héroïsme ».

La Voix de Russie tient pour responsable le Secteur droit de l’incendie tragique d’un bâtiment d’Odessa le 2 mai dernier. Une quarantaine de miliciens prorusses ont péri à la suite d’une explosion alors qu’ils s’y étaient réfugiés après un affrontement avec les groupes pro-ukrainiens.        

La radio russe a ainsi affirmé que les « forces de défenses de Maïdan » et leurs camarades du Secteur droit « avaient tiré sur les personnes qui tentaient de fuir, les laissaient brûler vivant, ou encore scandaient  » Gloire à l’Ukraine  » à chaque fois qu’un prorusse sautait d’une fenêtre en vue d’échapper aux flammes ».

Le 9 mai, une journée sous haute tension

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a prévenu que des tensions pourraient avoir lieu en Ukraine le 9 mai prochain.

Ce jour-là, tous les anciens États de l’ex-URSS célèbrent le Jour de la Victoire, qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui a coûté la vie de près de 20 millions de citoyens soviétiques. La capitulation de l’Allemagne nazie a eu lieu le 8 mai 1945, mais a été annoncée en URSS le jour suivant, le 9 mai.

Or cette date coïncide avec « la Journée de l’Europe ». Certaines villes pourraient donc assister le même jour à des rassemblements consacrés à la Journée de l’Europe et au Jour de la Victoire. L’OSCE craint dès lors que des conflits surgissent. 

La crise en Ukraine a éclaté quand son ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Il a préféré se rapprocher de la Russie, ce qui a engendré des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant Orient et Occident depuis la guerre froide.

Les militants prorusses contrôlent des bâtiments dans dix villes de l'Est ukrainien après avoir s'être soulevés le 6 avril dernier. 

  • 9 mai 2014 : célébration du Jour de la Victoire en Russie en mémoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale
  • 11 mai : référendum de la « République populaire de Donetsk »
  • 25 mai : élections présidentielles en Ukraine
  • 4-5 juin : réunions à Bruxelles du G7
  • 6 juin : Jour du débarquement en Normandie

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