Le Commissaire à l’élargissement Olli Rehn a indiqué que
l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Croatie, fixée au
17 mars prochain, n’interviendra que si le gouvernement de Zagreb
coopère pleinement avec le tribunal pénal international de la
Haye.
« Si la Commission était amenée à formuler sa recommandation sur
la base des informations disponibles à ce jour, je ne pourrais pas
proposer l’ouverture de négociations avec la Croatie », a déclaré le
Commissaire Olli Rehn, lundi 31 janvier à Bruxelles. M. Rehn a
appelé le gouvernement croate à coopérer pleinement avec le
Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, sous peine de
voir repoussée la date d’ouverture des négociations d’adhésion avec
l’UE.
L’UE presse notamment Zagreb de procéder à l’arrestation du
général Ante Gotovina, condamné par le tribunal de La Haye pour des
exactions commises à l’égard de la communauté serbe entre 1991 et
1995. « Je suis convaincu que si le gouvernement croate avait la
volonté politique de localiser et de transférer le général
Gotovina, il serait en mesure de le faire », a encore déclaré le
Commissaire Rehn.
Le Conseil européen de décembre 2004 a fixé au 17 mars la date
d’ouverture des négociations d’adhésion avec la Croatie. Mais ces
discussions ne pourront débuter qu’après que la Commission eut émis
une recommandation positive sur le cas de la Croatie, et sur la
base d’un vote unanime des Etats membres de l’Union. La Commission
se prononcera en fonction de l’aptitude de la Croatie à respecter
un certain nombre de critères [les « critères de Copenhague »]
utilisés pour évaluer la situation politique et économique d’un
pays candidat, ainsi que sa capacité à assumer les obligations
liées à l’adhésion. Parmi les exigences particulières formulées à
l’endroit de la Croatie figurent le chapitre de la coopération avec
le tribunal de La Haye, mais aussi celui de la coopération avec les
autres Etats de la région et la question de la résolution des
litiges frontaliers avec certains des voisins de Zagreb.
