Le premier ministre turc, Recep Tayyip
Erdogan, vient d’effectuer une visite en France
pour plaider en faveur de la candidature d’Ankara
à l’entrée dans l’UE. Dans plusieurs
entretiens accordés à des médias français,
M. Erdogan s’est dit préoccupé par les termes
du débat sur ce sujet en
France.
Le premier ministre turc, Recep Tayyip
Erdogan, se dit inquiet de la controverse
suscitée en France par la candidature de la Turquie
à l’entrée dans l’Union
européenne. Lors d’une visite
officielle à Paris les 19 et 20
octobre, M. Erdogan a notamment déclaré
que « la Turquie [avait] accompli les tâches qui
lui incombaient, notamment en remplissant les
critères de Copenhague », et que « le
17 décembre [serait] un test pour
l’Europe ».
»L’Union européenne
doit réussir ce test », ajoutait le
premier ministre turc. Dans un entretien accordé au
quotidien français Le Monde, Erdogan rappelle que
« la Turquie est un Etat de droit, laïque,
social et démocratique, vivant en harmonie avec
l’Europe tout en faisant partie du monde
musulman. » Dans cet entretien, Erdogan se dit
convaincu que, « si l’Union européenne
n’est pas un club chrétien, si elle n’est
pas une simple entité économique mais un
ensemble de valeurs politiques, alors la Turquie doit en
faire partie. »
Erdogan reconnaît que le risque de voir les
espoirs turcs une nouvelle fois déçus
existe bel et bien. En cas de
réponse négative de l’UE le 17
décembre prochain, la Turquie rebaptisera
« les critères de Copenhague » en
« critères d’Ankara », et poursuivra ses
efforts pour bâtir un monde où « la paix
[…] sera globalisée », affirme le premier
ministre turc. En revanche, Erdogan refuse d’entamer
des négociations susceptibles de ne pas aboutir
à l’entrée de son pays dans l’UE :
« Nul n’a le droit de transformer [les
négociations] en une sorte de sac à
malice dont on peut sortir n’importe quoi »,
déclare ainsi le premier ministre turc dans son
entretien au Monde.
Dans un autre entretien, accordé cette fois-ci au
journal Le Parisien, Erdogan disait espérer obtenir
des garanties du président Chirac sur le
soutien de la France à la candidature
d’Ankara. « J’attends, de la part de
mon ami le président Chirac, une
déclaration qui viendrait mettre un terme à
toutes ces
discussions », déclarait Erdogan.
Erdogan rappellait également que, à
l’exception de la France, aucun Etat membre de
l’Union ne prévoit d’organiser un
référendum sur l’entrée de nouveaux
pays candidats et ajoute : « Imposer ceci à
la Turquie viendrait à l’encontre
du processus qui a été engagé
jusqu’à présent. Ce serait également
contraire aux principes
de l’UE. »
Au cours de cette visite, Erdogan a multiplié les
déclarations à la presse française pour
tenter de convaincre une opinion publique hostile
à l’entrée de la Turquie dans
l’UE. Il a également obtenu le
soutien de l’OCDE, qui a loué les
réformes économiques engagées en Turquie
et s’est dite convaincue que l’ouverture des
négociations d’adhésion ne
pourrait qu’avoir un effet positif.
Le premier ministre turc doit rencontrer le
président français Jacques Chirac et le
chancelier allemand Gerhard Schröder à
Berlin la semaine prochaine.

