L’UE face à un choix historique sur la question turque

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Le Conseil européen des 16 et 17 décembre doit fixer
les étapes et les modalités du
processus d’adhésion de la Turquie. Sauf coup de théâtre de
dernière minute, les dirigeants de l’Union devraient se
prononcer en faveur d’une ouverture des négociations à
l’automne 2005.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se retrouvent
ce jeudi 16 décembre à Bruxelles pour officialiser leur
décision sur l’ouverture de négociations d’adhésion entre
l’Union et la Turquie. Les dirigeants européens feront
connaître leur décision au premier ministre turc Recep Tayyip
Erdogan lors du dîner organisé ce soir, avant de publier une
déclaration officielle dans la journée du 17.

Le Conseil européen devrait, selon toute probabilité, donner son
feu vert à l’ouverture des négociations et fixer une date (sans
doute située à l’automne 2005) pour le début de celles-ci.
D’intenses marchandages diplomatiques sont cependant encore
attendus au cours des prochaines heures.  

La décision du Conseil ouvrira un nouveau chapitre dans
l’histoire (longue de plus de 40 ans) des efforts consentis par la
Turquie pour obtenir un ticket d’entrée au sein de la Communauté,
puis de l’Union européenne. Au cours des semaines ayant
précédé le sommet de Bruxelles, l’UE a exercé une pression
accrue sur les autorités turques pour obtenir des avancées sur
un certain nombre de dossiers clés, tels que la question
de la reconnaissance de Chypre par le biais d’un accord
diplomatique officiel. A ce jour, Ankara s’est toujours
refusée à accéder aux demandes de l’Union sur cette
question. 

Le président en exercice du Conseil européen, le premier
ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, s’efforcera
également de trouver un terrain d’entente entre
partisans et adversaires de la notion de « troisième voie », les
premiers demandant que les conclusions du Conseil soulignent
la possibilité d’un échec des négociations d’adhésion. Des
discussions animées ont également, jusque très
récemment, porté sur l’opportunité d’inclure la référence à
des « exemptions permanentes » empêchant la Turquie de
bénéficier pleinement de certaines politiques européennes
(notamment en matière d’aide régionale ou de libre circulation des
personnes). L’UE devrait également réclamer des garanties
supplémentaires sur la poursuite des réformes promises par les
autorités turques.

La Turquie est restée particulièrement ferme dans
les jours précédant le sommet, exprimant par la
voix de son premier ministre son refus d’ouvrir des négociations à
n’importe quel prix. Si les conditions de l’UE s’avèrent
inacceptables, « nous n’hésiterons pas à geler [notre
candidature] et à suivre notre propre chemin », a déclaré M.
Erdogan. 

Lors du sommet, les dirigeants européens aborderont également le
sujet des calendriers d’adhésion de la Bulgarie et de
la Roumanie, et devraient fixer une date pour la signature des
traités d’adhésion avec ces deux pays. La candidature croate fera
elle aussi l’objet de discussions, qui aboutiront probablement à
l’annonce de la date d’ouverture des négociations d’adhésion avec
Zagreb (avril 2005 semblant être le choix le plus
probable).  

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