D’après EURACTIV.ro, une étude récente de Manpower Inc., un leader mondial dans le secteur des services de recrutement, montre que les entrepreneurs roumains rencontrent les plus grandes difficultés à trouver du personnel qualifié.
Publiée le 22 avril et intitulée « Talent Shortage Survey 2008: Global results » (Etude 2008 sur la pénurie de talents : résultats mondiaux), l’étude compare la situation dans 32 pays des Amériques, de l’Asie Pacifique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique.
Elle constate qu’en Roumanie, jusqu’à 73% des employeurs affirment qu’ils rencontrent des difficultés pour occuper les postes disponibles, comparé à 12% au Royaume-Uni, 18% en Italie, 26% en Belgique, 31% en France, 34% en Allemagne, 47% en Grèce et 49% en Pologne. Pour les autres continents, les chiffres se répartissent de 12% pour l’Inde à 22% pour les Etats-Unis, ou 28% pour le Mexique et 38% pour l’Afrique du Sud.
Plus de 700 représentants d’entreprises par pays ont répondu à l’enquête, révélant les demandes précises dans chaque pays pour 10 catégories de personnel. Alors que la plupart des pays occidentaux ont la plus grande demande en terme de techniciens et de travailleurs manuels qualifiés, la plus grande demande en Roumanie concerne les ingénieurs.
L’une des explications est la suivante : suite à l’adhésion de la Roumanie à l’UE en janvier 2007, l’ensemble des 15 pays de l’UE – à l’exception de la Finlande et de la Suède – ont décidé d’utiliser une clause autorisant d’introduire des « restrictions transitoires » à la libre circulation des travailleurs provenant de Roumanie pour une période de sept ans. Cependant, la plupart de ces pays ont également introduit des exceptions spécifiques aux secteurs, par exemple, en autorisant des quotas ou l’accès non restreint à la main d’œuvre hautement qualifiée.
La situation a provoqué un vaste exode des travailleurs vers l’Europe occidentale, créant des pénuries de main d’œuvre dans de nombreux secteurs de l’économie roumaine et ralentissant la croissance économique du pays.
Afin de faire face à la crise, le gouvernement roumain encourage l’expatriation, tout en essayant d’attirer des travailleurs provenant de pays tiers pour combler les lacunes du marché du travail.
Les effets de l’effort réalisé par les autorités roumaines pour trouver une solution au manque de main d’œuvre ont été ressentis aussi loin qu’au Pakistan, où la presse a récemment insisté sur des opportunités d’emplois. Les entreprises roumaines sont déjà en contact avec des pays comme la Chine, l’Inde, le Pakistan et le Kenya, et les premières vagues de travailleurs étrangers sont prévues en 2009.
Les travailleurs des pays du Tiers-monde seront payés environ 200 dollars par mois plus des tickets restaurants, ce qui, selon la presse roumaine, est dix fois supérieur à leur revenu dans leur pays d’origine. Les employeurs roumains couvriront les frais de transport et de logement, comme l’ont reporté le quotidien Ziarul Financiar et la chaîne télévisée Antena 3.
Les représentants des entreprises roumaines ont déclaré que faire venir des travailleurs des pays voisins comme la Moldavie et l’Ukraine n’est plus une solution. Ils ont également admis qu’ils ne considéraient pas que la formation des Roumains au chômage soit également une solution, affirmant qu’une fois qu’ils ont appris une profession, ils quitteraient le pays pour partir travailler à l’étranger pour un salaire plus élevé.
Le salaire mensuel moyen en Roumanie est de 400 euros inférieur à celui d’Europe occidental. Mais depuis l’adhésion du pays à l’UE, les Roumains assistent à l’une des plus rapides hausses de salaire en Europe orientale. Mais deux millions des 22 millions de Roumains travaillent déjà à l’étranger pour des salaires beaucoup plus élevés.

