Turquie – UE : Giscard favorable à l’idée d’un « partenariat privilégié »

L’ancien président français Valéry
Giscard d’Estaing estime que mettre en place un
« partenariat privilégié » entre l’UE
et la Turquie relèverait d’une « attitude
constructive et réaliste qui permettrait de
progresser ».

Estimant que l’adhésion de la Turquie à
l’UE « changerait la nature du projet
européen », l’ancien président
français Valéry Giscard d’Estaing demande
que « les négociations à venir avec la
Turquie [cessent de] se focaliser sur l’adhésion
et explor[ent] la nature des liens que l’Union
européenne devrait nouer avec ses grands
voisins. » Dans un article publié conjointement
par le Financial Times et Le Figaro, ce jeudi 25
novembre, M. Giscard d’Estaing rejoint explicitement
les partisans de la solution d’une
« troisième voie » pour la Turquie, appelant
notamment les dirigeants européens, réunis
à la mi-décembre à Bruxelles pour trancher
cette question, à « ouvrir des
négociations » visant à mettre en place
« un partenariat privilégié entre la
Turquie et l’Union européenne ». Telle
serait, estime Valéry Giscard d’Estaing,
« l’attitude constructive et réaliste qui
permettrait de progresser ».

La prise de position de l’ancien
président français intervient dans le
contexte de ce qui apparaît comme une campagne
menée par certains Etats pour promouvoir
l’idée d’un « partenariat
privilégié » entre Ankara et l’UE,
cette solution s’imposant comme une alternative
à une entrée pure et simple de la Turquie dans
l’Union. Dans une déclaration récente, le
président français Jacques Chirac –
lui-même partisan d’une entrée de la
Turquie dans l’Union – avait pour la première
fois évoqué la possibilité d’une
« troisième option » s’offrant à la
Turquie en cas d’échec des négociations
d’adhésion.

Valéry Giscard d’Estaing, qui a
également dirigé la Convention
européenne, affirme dans la
tribune publiée aujourd’hui que la Turquie
ne partage aucune des valeurs européennes
fondamentales que les auteurs de la Constitution se
sont efforcé de définir. « La
Constitution européenne soumise aujourd’hui
à la ratification n’a pas été
conçue pour accueillir une puissance de la taille de
la Turquie », estime encore M. Giscard
d’Estaing. Et l’ancien président de
faire semblant de s’interroger dans sa conclusion :
« Si nous avons beaucoup entendu, ces temps-ci, poser
la question «Et la Turquie ?», le moment
n’est-il pas venu d’en ajouter une autre :
«Et l’Europe ?» ».

La position de la Turquie n’a quant à
elle pas évolué. Ankara souhaite que l’UE
prenne une décision « juste et impartiale »
en décembre. « Dans la mesure où la
recommandation formulée dans le
rapport de la Commission est d’une clarté
absolue, je pense que nous sommes en droit d’attendre
qu’elle soit suivie par l’ensemble des Etats
membres », a notamment déclaré le ministre
turc des affaires étrangères, Abdullah
Gul. 

A l’issue d’entretiens avec ce dernier, le
ministre néerlandais des affaires
étrangères Bernard Bot a affirmé que des
négociations n’avaient de sens qu’en vue
d’une entrée de la Turquie dans l’Union.
« Il revient à la Turquie de prouver qu’elle
est capable et désireuse de remplir les
conditions requises en vue de son entrée dans
l’Union », a conclu M. Bot.

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