L’Europe intensifie la lutte contre le chômage des jeunes

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Vingt-quatre chefs d’Etats européens se sont retrouvés le 12 novembre pour confirmer la mobilisation contre le chômage des jeunes. 45 milliards seront mobilisés dans un calendrier serré.

Peu ont manqué le rendez-vous fixé par François Hollande le 12 novembre 2013. Vingt-quatre des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne et des dirigeants européens ont participé à la seconde conférence contre le chômage des jeunes organisé à l’Elysée sous la houlette du chef d’Etat français.  

Un grand raoût à l’issue duquel aucune décision politique majeure n’a été annoncée, comme attendu. Ce rassemblement  confirme cependant la mobilisation des dirigeants européens sur  ce problème touchant  environ 6 millions de moins de 25 ans.

Cette seconde réunion organisée sur le chômage des jeunes succède à l’initiative de la chancelière allemande, Angela Merkel  en juillet dernier. Un troisième rendez-vous des dirigeants européens, à Rome cette fois, se tiendra au printemps pour tirer un premier bilan des initiatives européennes en faveur de l’emploi des jeunes.

Concertation et couac

En plus des ministres de l'emploi, des responsables des administrations de gestion du chômage ou encore de divers institutions de formations, des jeunes avaient été conviées à rencontrer les politiques. Une douzaine d'entre eux, choisis sur le volet par le mouvement des Jeunes Européens, se sont entretenus avec François Hollande.

Les Jeunes Verts se sont offusqués de ne pas faire partie de la délégation, à laquelle ils avaient été conviés dans un premier temps. « Nous sommes déçus, l'emploi des jeunes ne peut trouver de réponses qu'avec toutes les forces politiques en présence» estime Michael Bloss, porte-parole du mouvement, en Allemagne. L'Elysée affirme de son côté n'être pas intervenu dans le casting des jeunes représentés, simplement sur leur nombre.

Volonté politique

« La mobilisation est à la hauteur du problème » s’est  félicité le Président Hollande lors d'une conférence de presse.  En effet,  le taux de chômage des jeunes en Europe a grimpé jusqu’à  23,5% au mois de septembre. La France  se place juste au dessus de cette moyenne tandis que l’Allemagne affiche le taux le plus bas avec 7,7% de jeunes au chômage.

Ce sont les pays de Sud de l’UE qui sont le plus durement touchés par le phénomène, avec des taux de chômage dépassant les 50% pour l’Espagne ou la Grèce.

Garantie pour la jeunesse

Face à cette situation alarmante, les dirigeants européens ont décidé d’aller vite, en mettant en place dès le 1er janvier 2014 le principe de la « garantie pour la jeunesse ». Ce dernier prévoit qu'aucun jeune Européen ne reste plus de 4 mois sans se voir proposer un emploi, un stage ou une formation.

Concrètement, tous les pays en ayant fait la demande auprès de la Commission européenne pourront recevoir dès le début de l’année prochaine les financements nécessaires permettant de mettre en place ce principe. Une manière de donner le soin aux pays de se saisir du programme européen. 

La France a déjà rendu son plan d’application de la garantie jeunesse à la Commission européenne, et devrait toucher une enveloppe de 600 millions d’euros

Un revenu minimum pour les jeunes

«Sans croissance, il n'y aura pas d'emploi pour les jeunes. La politique ne crée pas d'emploi, c'est l'entreprise qui crée de l'emploi», a insisté Angela Merkel, rappelant qu'il s'agissait «d'une responsabilité nationale de lutter contre le chômage des jeunes».  

Francois Hollande a par ailleurs rappelé les trois priorités du plan d’action élaboré par les partenaires européens : développer la formation dans les métiers d’avenir, insertion professionnelles des plus défavorisés et aide à la création d’activité.

Un programme qui « dispose aussi d’instruments financiers » a rappelé François Hollande. 

La contribution du Fonds Social européen, dont 70 % du total sera affecté aux jeunes, atteindra 7 milliards par an. La Banque européenne d’investissement (BEI) alignera de son côté environ 6 milliards d’euros par an. L'addition des deux sources de financement représente 45 milliards d'euros.

L'Initiative Emploi Jeunesse s’inspire en partie de l’expérience française qui permet aux jeunes les plus vulnérables, sans emploi, formation ou études,  d’avoir accès à un revenu minimum (434 euros par mois en France) en même temps qu’une formation ou un stage leur est proposé. 

L'expérience est déjà menée dans 10 départements, et huit régions métropolitaines françaises (Champagne-Ardennes, Picardie, Haute-Normandie, Centre, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Auvergne et Languedoc-Roussillon) sont éligibles au programme, auxquelles s'ajoutent la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion.

Pour l'heure, environ 10.000 jeunes bénéficient de ce dispositif. Le gouvernement espère multiplier par dix le nombre de bénéficiaires à partir de 2016.

 

Réactions

Karima Delli, députée européenne Europe Ecologie - Les Verts, membre de la Commission de Emploi et affaires sociales du Parlement européen a réagi: 

« Aujourd’hui, je constate que nous avons affaire à un nouvel exercice de communication, rien de concret n’est proposé. C'est une grande opération de communication semée d'artifices.

La Garantie Jeunesse avait pour objectif d’offrir à chaque jeune un emploi, une formation ou un stage de qualité dans un délai maximum de quatre mois après leur sortie du système scolaire. Aujourd’hui, la notion de qualité et le délai de 4 mois n’apparaissent plus. Un recul de taille !

Si 45 milliards d’investissement sur trois ans sont annoncés, en dépenses annuelles, cela représenteraseulement 0,08% du PIB annuel européen. Pour rappel, le coût de l’inaction des gouvernements face à l’exclusion des jeunes est de 150 milliards d’euros, selon la Fondation européenne pour les conditions de vie et de travail. Le compte n’y est donc pas ! C'est une rustine sur la grave crise qui frappe les jeunes. »

Contexte

Les pays européens tentent de se mobiliser pour lutter contre le chômage des jeunes qui frappe tous les pays de l'Union européenne. Sous l'impulsion de la France et avec le soutien de l'Allemagne, le projet Initiative Européenne pour la Jeunesse est un des plus ambitieux programmes sociaux que l'Europe ait connu. Un quart des jeunes de moins de 25 ans en Europe sont aujourd'hui au chômage.  

Prochaines étapes

printemps 2014: troisième conférence sur l'emploi des jeunes à Rome

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