L’initiative pour l’emploi des jeunes, un échec selon Angela Merkel

Angela Merkel. Brussels, 2011. [European Council/Flickr]

Lors du Conseil européen du 26 et 27 juin dernier, la chancelière Angela Merkel a estimé que l’initiative « Emploi des jeunes », lancée en 2013, n’avait pas tenu ses promesses.

Angela Merkel a expliqué que la lutte contre le chômage des jeunes devait être « clairement » retravaillée pour être plus efficace. C’est en ces termes qu’elle a répondu aux questions des journalistes lors de la conférence de presse à l’issue du sommet européen des 26 et 27 juin.

L’emploi des jeunes a été inscrit comme l’une des principales priorités du mandat de la prochaine Commission. Tout comme la sécurité énergétique, le renforcement de l’union monétaire, la politique extérieure et la politique migratoire.

Entre 2007 et 2013, le chômage des jeunes a atteint en effet des niveaux record dans toute l’Europe. Le taux de jeunes sans emploi est ainsi passé de 15,7 % à 23,4 % selon les chiffres publiés par Eurostat. En ce moment même, près de 5,6 millions de jeunes Européens n’ont pas de travail. Dans certains États membres, le taux de chômage parmi les jeunes atteint des niveaux critiques, comme en Espagne (55,5 %) ou en Grèce (58,3 %).

Les chefs d’État et de gouvernement ont lancé une initiative de 6 milliards d’euros pour relancer l’emploi des jeunes en février 2013. Dans le cadre de cette stratégie, ils sont censés soumettre depuis le début de 2014 des plans nationaux afin d’obtenir des fonds européens.

« Six mois ont passé et pas un euro n’a été investi. Je ne peux qu’aller dans votre sens : oui, vous avez raison, [l’initiative] doit être plus efficace. Nous devons être plus rapides. Nous devons être plus efficaces. Nous devrions être en mesure de dépenser l’argent et de le dépenser avec parcimonie », a répondu la chancelière allemande aux journalistes.

Je ne pointe personne du doigt, mais personne n’est capable de comprendre ce qui est en train d’arriver. […] Encore une fois, je n’en veux pas à la Commission ou aux États membres…Je dis juste que les résultats sont tels qu’il est nécessaire de changer [le système] », a-t-elle poursuivi.

Le dossier de la France accepté

Plus tôt dans le mois, la France est devenue le premier et jusqu’à maintenant le seul État membre à avoir reçu l’aval pour des fonds sur la base de la stratégie nationale qu’elle a présentée. L’Hexagone était parti en avance sur ce projet, puisque plusieurs régions l’avaient en phase pilote comme en Seine Saint Denis.

>>Lire aussi Comment l’UE lutte pour l’emploi des jeunes

La Commission européenne va verser à la France 620 millions d’euros issus de l’initiative pour l’emploi des jeunes d’une part et du Fonds social européen d’autre part. L’argent sera destiné à aider les jeunes sans emploi, éducation ou formation (appelés NEETs). Objectif : aider les jeunes à trouver un emploi dans les régions où le niveau de chômage dans leur tranche d’âge est au-dessus de 25 %.

Même si la France a sécurisé les fonds européens, la Commission s’en est prise aux mesures présentées par l’Hexagone.

« Les services publics dont la mission est de promouvoir l’emploi des jeunes (nommé “les missions locales”) éprouvent des difficultés à proposer des services appropriés auprès des demandeurs d’emploi », a souligné la Commission dans ses recommandations adressées à la France au vu du programme de réformes nationales soumis pour 2014 et publié le 2 juin dernier.

Selon la Commission, les mesures prises par le gouvernement français en vue d’assurer le programme de Garantie pour la jeunesse sont « insuffisantes ».

« À ce stade, des doutes subsistent quant à la qualité effective de ce soutien qui comprend des ateliers pour rédiger des CV et des simulations d’entretiens. En outre, compte tenu du fait que le nombre de jeunes inscrits s’élève à 674 000 personnes, ce dispositif de garantie ne permet de lutter que contre une petite partie du chômage global des jeunes», a affirmé la Commission.

Les chefs d'État de l'UE avaient convenu en février du lancement de l'initiative « Emploi des jeunes » de 6 milliards d'euros afin qu'elle devienne pleinement opérationnelle d'ici le 1er janvier 2014.

Lors d'un sommet de juin 2013, ils se sont mis d'accord pour dégager 8 milliards d'euros - dont 6 milliards dès février - en vue de remédier au chômage endémique. La somme est disponible sur une période de deux ans en 2014 et le restant serait disponible pour la durée du cadre financier pluriannuel sur sept ans.

Un programme de Garantie pour la jeunesse, mis en place par tous les États membres en fonction des besoins nationaux, s'appliquera aux jeunes sans emploi depuis plus de quatre mois. Il vise à leur donner une véritable chance de poursuivre des études et de trouver un emploi, un apprentissage ou un stage de formation. L'UE a fixé un objectif de 75 % d'emploi d'ici 2020 pour la population active (de 20 à 64 ans).

  •  16 juillet : sommet extraordinaire de l'UE à Bruxelles 

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