La liste des projets financés par le plan Juncker bientôt dévoilée

Jean-Claude Juncker [EPP/Flickr]

Une liste des projets et régions pouvant espérer un soutien financier dans le cadre du plan d’investissement de Jean-Claude Juncker sera communiquée prochainement par un groupe de travail de la Banque européenne d’investissement et de la Commission.

La liste des projets et régions éligibles aux financements du plan d’investissement de 315 milliards d’euros de l’Union européenne est attendue de pied ferme. 

Un responsable de la Commission a expliqué à EURACTIV que les projets figurant sur la liste du groupe de travail ne recevront en réalité pas tous de subsides, mais qu’il s’agit d’une indication quant aux projets éligibles.

Cette liste fera partie d’un ensemble de clarifications quant au plan d’investissement qui sera présenté lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement les 18 et 19 décembre à Bruxelles.

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Les détails de la gestion du fonds sont encore à l’examen, a ajouté le représentant, mais ils seront également présentés lors du sommet de décembre.

D’une manière générale, un nouveau conseil d’administration sera géré conjointement par la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI), qui décideront du déroulement des investissements, mais le processus exact de décision n’a pas encore été défini.

Miguek Gil-Tertre, qui fait partie du cabinet du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, a déclaré que le processus de décision serait indépendant des politiques de l’exécutif européen, afin d’en assurer l’impartialité.

La liste inclura des projets dans les 28 États membres, qui ont envoyé des propositions d’investissements possibles au groupe de travail ces deux dernières semaines.

Le responsable de la Commission a également expliqué qu’en plus du nouveau conseil consultatif, un comité d’investissement composé de spécialistes serait choisi pour la gestion courante du fonds.

Les projets jouissant d’un « haut rendement socio-économique » potentiel, qui peuvent être lancés dans les trois années à venir et qui pourraient obtenir d’autres sources de financement seront prioritaires.

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Un fonds aussi créé pour les petits projets

Les projets sélectionnés seront aussi de préférence évolutifs et d’une ampleur raisonnable, a indiqué la Commission.

La Commission et la BEI mettront également sur pied un large programme d’assistance technique afin d’identifier les projets potentiels et de les rendre le plus attirants possible pour les investisseurs privés.

« Il est important que cet argent aille là où il est réellement nécessaire et finance les projets qui ont la meilleure plus-value, et le meilleur impact au niveau local », soulignait Michel Lebrun, président du Comité des régions, lors d’un entretien avec EURACTIV.

Celui-ci soutient la décision de la Commission de ne pas allouer les aides en fonctions de certains domaines ou zones géographiques.

« Toutes les régions ont des besoins d’investissement spécifiques et des projets qui devraient être jugés pour leurs mérites propres », estime-t-il.

Il insiste sur le fait que les projets plus petits ne devraient pas être écartés.

« Une attention particulière donnée aux projets de taille modeste et aux groupes de projets à entreprendre à au niveau local ou régional, voilà ce que j’aimerais voir dans la mise en application du plan d’investissement, explique-t-il.

Ce genre de projet ne fait peut-être pas la une des journaux, mais, ensemble, ils peuvent avoir un impact non négligeable sur l’emploi et la prospérité. »

Le 25 novembre, la Commission a dévoilé le mécanisme de son nouveau plan d'investissement de 315 milliards d'euros.

L'argent qui alimentera ce plan sera investi prioritairement dans les pays du sud de l'Europe, durement touchés par la crise, dans un mouvement de solidarité entre les États membres.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros

L'idée sur laquelle a travaillé l'équipe du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, est celle de créer un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques à partir de 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la garantie d'une contribution 8 milliards d'euros de fonds européens existants, contribution susceptible d'être élargie jusqu'à 16 milliards.

La garantie de 8 milliards d'euros sera injectée sur trois ans et proviendra du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (3,3 milliards), du programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et d'une « marge budgétaire », c'est-à-dire des fonds non utilisés (2 milliards).

Le fonds pour les investissements stratégiques, de 21 milliards d'euros au départ, devrait générer quelque 240 milliards en investissements à long terme et 75 milliards pour les PME et les sociétés de moyenne capitalisation sur deux ans, entre 2015 et 2017.

La question du manque de liquidité se pose cependant, et certains eurodéputés ont qualifié le plan de « recyclage et réétiquetage » de programmes existants.

>> Lire : Le plan d’investissement de Juncker arrivera-t-il à générer assez de liquidités ?

  • 18-19 Dec.: EU heads of states to debate Juncker investment plan at European Council meeting in Brussels

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