Les banques alimentaires critiquent l’aide européenne aux plus démunis

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Tout juste proposée, la nouvelle version du programme alimentaire européen suscite la méfiance des associations. Certaines se disent « déçues » et n’y voient qu’un « fourre-tout ».

La fronde de certains Etats dont l’Allemagne a eu raison du programme d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD). Dans sa forme actuelle, il disparaît donc le 31 décembre 2013. Depuis que cette décision a été prise, la Commission européenne cherche une alternative.

>>> Pour comprendre toute l’histoire, lire : Victoire à la Pyrrhus pour l’aide alimentaire

Le commissaire aux Affaires sociales Laszlo Andor a proposé le 24 octobre un nouveau schéma juridique. L’aide s’appellerait désormais « fonds européen d’aide aux plus démunis » (FEAD). Elle serait dôtée de 2,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020.

Contrairement au précédent programme, le financement des projets se ferait en partenariat avec les autorités nationales (à hauteur de 15%) et pourrait aussi permettre l’achat de biens matériels de première nécessité.

Quelque 116 millions de personnes sont menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe. 4,1 millions de personnes étaient sans-abri en Europe en 2009-2010, estime par ailleurs l’institut européen des statistiques.

Ce fonds dépendrait des politiques sociales européennes alors que le PEAD était sous la houlette de la politique agricole commune (PAC), pour des raisons historiques. Dans les années 1980, l’UE distribuait directement les surplus engendrés par la PAC. Ils sont aujourd’hui inexistants.

>>> Pour plus de détails sur les propositions du 24 octobre: La Commissaire repart à l’attaque sur l’aide alimentaire

Mais ces aménagements ne satisfont pas le monde associatif, en particulier les banques alimentaires françaises. Elles considèrent que le futur FEAD est un « fourre-tout » sans aucune cohérence alors que la nécessité est avant tout de pouvoir nourrir les Européens les plus dans le besoin.

« L’aide alimentaire est le premier pas vers le lien social. Elle permet aux bénéficiaires, aux travailleurs sociaux, aux bénévoles de se retrouver autour de l’alimentation, incontournable vecteur d’inclusion sociale », explique l’association dans un communiqué.

Les banques alimentaires jugent par ailleurs l’enveloppe de 2,5 milliards d’euros largement insuffisante et rappellent que les besoins sont estimés à 4,5 milliards.

Le principe de cofinancement est aussi pointé du doigt. Il risque de compliquer l’octroi des aides et du processus de décisions, estime l’association. Pour elle, ce nouveau programme est une manière de reléguer l’aide alimentaire « au second plan des priorités européennes ».

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