Parité hommes-femmes : les quotas sont le seul moyen d’aboutir à des résultats

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L’introduction de quotas de femmes dans les conseils d’administration est la seule solution pour atteindre la parité hommes-femmes, selon une organisation militante. Ce point de vue n’est pas nécessairement celui des législateurs du Parlement européen qui se préparent à légiférer dans ce domaine.

 

La Commission européenne prépare une nouvelle loi visant à garantir que 40 % des membres des conseils d'administration dans tous les pays de l'UE seront des femmes d'ici 2020.

 

Le Lobby européen des femmes soutient cette initiative et a affirmé que tous les États membres devraient suivre l'exemple des six pays européens qui ont déjà adopté cette loi.

 

« Les engagements répétés au niveau national, européen et international envers l'égalité entre les femmes et les hommes, y compris dans les prises de décision, n'ont pas donné de résultats », a déclaré une porte-parole de l'organisation. « Les appels à l'auto-réglementation n'ont pas donné de résultats. Les femmes ne peuvent plus accepter d'être exclues de la sorte. »

 

Une universitaire a toutefois avancé que les initiatives de l'UE en faveur de l'introduction de quotas de femmes dans les entreprises pourraient ne pas fonctionner. Selon le professeur de sociologie de l'université d'Aberdeen Claire Wallace, les quotas ne sont pas la bonne solution pour renforcer la présence des femmes aux postes de décision.

 

« Les quotas fonctionnent et sont une manière d'accroître la représentation des femmes et d'inverser la tendance pour les générations futures. Mais les quotas sont assez impopulaires et certains penseront qu'« elle » n'est à ce poste que parce qu'elle est une femme. Il existe d'autres manières d'y parvenir : des objectifs donneraient de meilleurs résultats », a-t-elle affirmé.

 

Mme Wallace a ajouté que ces objectifs devraient faire l'objet de contrôles et que les jeunes femmes devraient être encouragées par des mentors dès le début de leur carrière.

 

Au Royaume-Uni, la question des quotas a divisé les eurodéputés écossais, avec trois en faveur de cette loi et trois contre. L'eurodéputé écossais du nord-est, Struan Stevenson, est d'avis que l'UE ne devrait pas intervenir.

 

« Je suis d'accord sur le fait que trop peu de femmes siègent au sein des conseils d'administration, mais des quotas obligatoires imposés par Bruxelles ne permettront pas d'améliorer la situation. C'est aux États membres de décider de la manière de régler ce problème. Le Royaume-Uni dispose actuellement d'une approche volontaire et ça fonctionne », a-t-il expliqué.

 

Les femmes représentent 13,7 % des membres des conseils d'administration dans les entreprises cotées en bourse, selon les chiffres de l'UE qui datent de janvier dernier.

 

Une honte

 

L'eurodéputé écossais Alyn Smith n'est pas non plus en faveur de quotas à l'échelle de l'UE, bien qu'il soit en faveur de l'égalité des sexes.

 

« Je suis en faveur de toutes les mesures qui promeuvent l'égalité et la parité hommes femmes est importante. Mais je suis contre les quotas, car je pense qu'ils imposent des contraintes artificielles qui font plus de mal que de bien. Beaucoup de choses sont possibles, mais je ne pense pas que les quotas soient la réponse à ce problème. »

 

L'eurodéputé Ian Hudghton est du même avis.

 

« Je ne suis pas partisan d'une loi européenne. Je pense que les États membres devraient prendre leurs propres décisions en la matière, afin que toute action qu'ils estiment appropriée puisse être adaptée à la situation de chaque pays », a-t-il expliqué.

 

La France, l'Italie et les Pays-Bas font partie des pays qui ont déjà introduit des quotas à l'échelle nationale, contrairement au Royaume-Uni.

 

Trois eurodéputés écossais ont tout de même l'intention de soutenir cette nouvelle loi, y compris George Lyon. « Les mesures moins strictes ne fonctionnent pas, il est temps de prendre des mesures qui feront une réelle différence en matière d'égalité des sexes dans les hautes sphères des entreprises », a-t-il déclaré.

 

Les eurodéputés David Martin et Catherine Stihler sont également en faveur du projet de loi.

 

En 2011, la commissaire européenne à la justice et aux droits fondamentaux, Viviane Reding, a présenté sa déclaration d'engagement « Davantage de femmes dans les conseils d’administration », appelant les grandes entreprises à accroître le nombre de femmes siégeant dans leurs conseils d'administration à 30 % d'ici 2015 et à 40% d'ici 2020.

 

Même si les femmes représentent la moitié de la population et 60 % des diplômés universitaires, les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse ne comptent que 14 % de membres féminins.

 

Le débat sur la gouvernance économique s'est intensifié avec la crise et de plus en plus d'études montrent que l'égalité des sexes et la diversité au sein des conseils d'administration permettraient de gagner en efficacité.

 

Ces dernières années, la Norvège, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne ont tous adopté des lois visant à accroître la représentation des femmes au sein des conseils d'administration, avec des résultats encourageants. Ces exemples devraient servir de modèles au vieux continent dans son ensemble.

 

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