Le nouveau président du CESE défend le revenu de base

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Georges Dassis [CESE]

Le nouveau président du Comité économique et social européen défend une Europe très sociale. Il plaide pour le revenu de base, des eurobligations et une taxe sur les transactions financières. 

Le militant syndical grec Georges Dassis vient d’être élu président du Comité économique et social européen (CESE), dont il est membre depuis 1989.

L’Europe doit permettre à tous ses citoyens de vivre dans la dignité et la prospérité. À ses débuts, notre communauté européenne était attrayante pour nombre de pays, car elle constituait un noyau de stabilité, de paix et de prospérité pour tous. Elle visait l’harmonisation et la cohésion économique et sociale entre ses États membres et ses régions, réalisées grâce à des fonds structurels et des politiques communes: une harmonisation dans le progrès.

Aujourd’hui, hélas, on assiste à une crise de confiance manifeste des citoyens envers notre Union et à une perte de l’enthousiasme qu’elle suscitait autrefois. Pourquoi ?

L’absence de politique sociale européenne et la crise financière importée des États-Unis en 2008 ont contribué à l’explosion du chômage, faisant de nos jeunes des générations sacrifiées ou candidates à l’expatriation. La pauvreté a récemment connu une augmentation fulgurante en Europe, y compris pour des citoyens qui ont pourtant un emploi.

Or il faut cesser d’européaniser les échecs et de nationaliser les succès : les solutions concrètes au niveau européen existent et sont réalisables. Le CESE les a détaillées à l’intention de la Commission européenne: elles se nomment « revenu minimum européen », « taxe sur les transactions financières » ou encore « émission d’euro-obligations ».

La voix de la société civile doit être entendue et je consacrerai mon mandat aux citoyens, à la défense de leur Europe, une Europe qui protège et qui inclut. Il faut soulager la pauvreté extrême, investir dans l’emploi des jeunes, dans des projets d’infrastructure, de recherche et d’innovation, et ce massivement. L’Europe ne doit pas être synonyme de nivellement par le bas, mais par le haut. Elle doit amener tous les citoyens du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest vers une vie meilleure.

Cette Europe doit rester forte de l’intérieur, en garantissant les principes fondamentaux de liberté de circulation des biens et des personnes, en assurant de bonnes conditions de concurrence et d’épanouissement des entreprises. C’est ainsi qu’elle sera également une Europe forte à l’extérieur, capable de défendre ses intérêts économiques mais aussi ses exigences sociales et environnementales.

Pour beaucoup de citoyens de ce monde, ceux qui fuient la guerre ou la faim, l’Europe est un idéal. Elle a le devoir de les accueillir mais également le devoir de se consolider, de travailler inlassablement à s’améliorer, pour que toutes et tous puissent travailler et vivre dans des conditions décentes.

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