Martin Schulz lance sa campagne à Paris

Meeting de Martin Schultz à Paris - 17 avril 2014

Schulz,with the Socialist Party. [Parti socialiste]

Le candidat des sociaux-démocrates européens a lancé jeudi à Paris sa campagne devant quelque 1600 militants socialistes en promettant la lutte contre le dumping fiscal et social.

Le lancement de la campagne de Martin Schulz, candidat des sociaux-démocrates européens à la présidence la Commission, a des airs de déjà-vu.

À l’occasion d’un meeting à Paris, l’actuel président du Parlement européen a décliné ses priorités pour l’Europe en reprenant la formule de François Hollande lors de son débat télévisé contre Nicolas Sarkozy en 2012, « Moi président » devant quelque 1600 militants et responsables politiques de différents pays européens.

« Je veux être le premier président élu de la Commission européenne », a-t-il affirmé. Pour la première fois à l’occasion des élections européennes de mai 2014, la majorité obtenue au Parlement européen sera déterminante dans le choix du futur président de la Commission européenne.

« Moi, président de la Commission, je donnerai la priorité à la lutte contre le dumping social et fiscal », a entamé Martin Schulz. Alors que la directive d’application de la directive sur les travailleurs détachés vient d’être adoptée par le Parlement européen, le candidat socialiste s’est engagé « à réécrire le texte » en cas de victoire aux élections.

Lutte contre le dumping

Autre engagement, la défense d’un salaire minimum européen. « Ce n’est pas un objectif inatteignable, regardez, même en Allemagne nous y sommes parvenus». Sur le front du salaire minimum, Martin Schulz pourra compter sur le soutien de la tête de liste socialiste en Île-de-France, Pervenche Bérès.

Ovationnée par les militants, l’actuelle présidente de la commission de l’emploi et des affaires sociales a défendu le modèle d’une Europe sociale et a promis « d’arracher enfin le salaire minimum européen ». « Les libertés économiques ne peuvent pas, ne doivent pas l’emporter sur les droits sociaux», a-t-elle poursuivi.  

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Sur le front de la fiscalité, autre cheval de bataille des sociaux-démocrates européens, le candidat à la succession de José Manuel Barroso a affirmé son engagement en faveur de la taxe sur les transactions financières.

Afin de lutter contre l’évasion fiscale à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne, Martin Schulz a enfin promis « d’appliquer un principe simple : le pays du profit sera le pays de la taxe ! »

Une campagne anti-austérité 

Mais le principal mot d’ordre de la campagne socialiste pour les élections européennes de mai 2014 reste la réorientation de l’Europe de l’austérité mise en place par le centre-droit européen (PPE) aux manettes de l’UE durant la crise.

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Mais au lendemain du plan d’économie de 50 milliards d’euros annoncé par le premier ministre Manuel Valls, le message anti-austérité de Martin Schulz et des socialistes passe cependant difficilement auprès de certains militants.

Lors du meeting, le discours de la numéro 2 du Parti socialiste ouvrier espagnol, Elena Valenciano, a été interrompue par des manifestants l’accusant d’être en partie responsable des politiques d’austérité en Europe. « L’austérité en Europe est aussi votre erreur », annonçait une banderole adressée à la responsable politique espagnole.

De son côté, Martin Schulz a insisté sur l’importance de réorienter les politiques d’austérité en place en Europe. « On ne peut pas assainir un budget sans croissance », a-t-il pointé du doigt. Mais le candidat reste plus prudent sur un éventuel assouplissement des critères de Maastricht, que réclame une partie des socialistes français.

« Je suis en plein débat avec Jean-Christophe Cambadelis sur la question des critères de Maastricht. Mais pour l’instant, il faut vivre avec le seuil des 3 % et des 60 % » a expliqué Martin Schulz. La veille, le nouveau premier secrétaire du PS avait déclaré qu’il fallait changer les critères de Maastricht, élaborés avant la crise.

Soutiens en nombre

De nombreuses personnalités politiques françaises et européennes ont assisté au meeting. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Harlem Désir, ou encore le premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka,  était présent ainsi que l’ensemble des têtes de liste du PS aux élections européennes.

L’ex-ministre Pierre Moscovici et Élisabeth Guigou, la présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, tous deux candidats au poste de commissaire français au sein de la future Commission européenne étaient également venus soutenir le candidat allemand.

Les 22 et 25 mai 2014,  500 millions d'Européens devront choisir leurs représentants au Parlement européen et définir la direction politique de l'Union. L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne entraîne des modifications dans l'organisation des institutions européennes, notamment en ce qui concerne la nomination de ses dirigeants. Pour combler le déficit démocratique souvent reproché à l'UE, il est prévu que le Conseil de l'Union européenne tienne compte du résultat des élections, et choisisse le président de la Commission européenne au sein du principal parti élu au Parlement européen.

Martin Schulz pour les socialistes,  Jean-Claude Juncker pour le centre-droit, Guy Verhofstadt pour les libéraux les deux candidats verts, Ska Keller et José Bové, ainsi que le candidat de Gauche européenne, Alexis Tsipras sont en campagne pour le poste de président de l’exécutif européen. 

  • 22 - 25 mai 2014: élections européennes dans les 28 États membres

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