Le système judiciaire pénal croate est submergé d’affaires de traite d’êtres humains. Ces dernières représentent près de 15 % des affaires passées par l’ensemble du système pénitentiaire du pays en 2022, selon les données du ministère de la Justice, a rapporté lundi (29 janvier) le quotidien Večernji List.
Sur les 12 000 personnes passées par le système carcéral croate en 2022, près de 15 % étaient liées à des affaires de traite d’êtres humains. Selon l’enquête des médias locaux, les trafiquants peuvent gagner environ 2 000 € pour chaque personne transportée clandestinement.
La Croatie se trouve sur la populaire route des Balkans occidentaux, qui part de la Grèce et de l’Albanie en passant par la Bosnie-Herzégovine et la Croatie — premier pays de l’espace Schengen sur cette route. La plupart des migrants traversent la frontière orientale avec la Bosnie à pied, dans l’espoir d’atteindre les pays plus riches d’Europe occidentale.
Plus de 650 personnes soupçonnées ou condamnées pour trafic d’êtres humains, originaires de plus de 50 pays, sont actuellement en détention. Alors que les migrants en situation irrégulière qui tentent de franchir la frontière et qui sont arrêtés par la police demandent généralement l’asile — ce qui leur donne un délai de sept jours pour quitter le pays — les trafiquants restent dans le système judiciaire pendant des années, écopant souvent d’une longue peine d’emprisonnement et d’une amende.
Selon les données de la police, plus de 60 000 migrants ont demandé l’asile au cours des dix premiers mois de 2023, soit près de cinq fois plus qu’en 2022. Cependant, la grande majorité des demandeurs d’asile auraient simplement poursuivi leur voyage après avoir déposé leur demande, sans attendre que celle-ci soit examinée par les autorités croates.
Au cours de cette période, les Afghans représentaient le groupe le plus important en termes de pays d’origine (21 195), suivis par les Turcs (10 512), les Marocains (5 910) et les Pakistanais (5 100). Les autorités de Karlovac, dans le centre de la Croatie, semblent porter le plus gros du fardeau, car les routes les plus fréquentées par les trafiquants passent par cette région.
En raison de l’augmentation du nombre d’arrivées, la Slovénie voisine a mis en place, en octobre dernier, des contrôles de police dans les zones frontalières avec la Croatie, contrôles qui sont toujours en vigueur.
Les ministres de l’Intérieur des deux pays, ainsi que celui de l’Italie, se sont réunis au début du mois pour coordonner les efforts de lutte contre la traite des êtres humains et l’immigration clandestine dans la région.


