Le Pacte sur l’asile et la migration divise les Verts allemands avant le lancement de leur campagne pour les Européennes

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La réforme, adoptée mercredi par le Parlement européen, a été approuvée à l’issue de négociations fastidieuses entre les gouvernements de l’UE, y compris l’Allemagne, où les Verts font partie de la coalition au pouvoir. [EPA-EFE/SARAH MEYSSONNIER]

La faction de gauche du parti allemand des Verts, favorable à l’immigration, a exprimé jeudi (11 avril) sa frustration à propos de la réforme de l’UE sur l’immigration, alors que les militants n’ont pas réussi à empêcher les dirigeants du parti à l’approuver.

La réforme, entérinée mercredi (10 avril) par le Parlement européen, a été approuvée à l’issue de négociations fastidieuses entre les gouvernements de l’UE, y compris l’Allemagne, où les Verts font partie de la coalition au pouvoir.

Elle renforce considérablement les règles applicables aux demandeurs d’asile, dont certains devront être retenus à la frontière pendant de longues périodes, le temps que leur demande d’asile soit examinée.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a souligné que les pays de l’UE allaient commencer à partager plus équitablement le fardeau de l’immigration irrégulière, puisque certaines arrivées seront redistribuées entre les États membres.

Par ailleurs, les membres du parti les plus à gauche ont souligné leur déception jeudi, affirmant que le caractère restrictif et symbolique de la réforme l’emportait sur son efficacité.

« Au lieu de mettre en place des procédures plus rapides, une intégration et une distribution équitable, les personnes en quête de protection, y compris les enfants, sont enfermées et soumises à des procédures d’asile beaucoup plus bureaucratiques et plus longues », a déclaré Jamila Schäfer, députée des Verts, à t-online.

Mme Schäfer a été l’une des nombreuses législatrices écologistes de la gauche du parti qui ont exprimé leur frustration après le vote, qu’elle a qualifié « d’occasion gâchée ».

Les Verts allemands au Parlement européen ont également voté contre des parties importantes de la réforme aux côtés de leurs collègues. La cheffe allemande du groupe, Terry Reintke, qui est également la tête de liste du parti pour les élections européennes de juin, a pointé du doigt la détention des familles et le recul des droits des réfugiés.

Ces divergences de vues reflètent le malaise au sein du parti à l’égard de la réforme, qui a divisé les opinions dès le départ.

Alors que Mme Baerbock avait initialement admis que des restrictions plus strictes constituaient « la partie la plus amère du compromis », la ministre des Affaires étrangères, ainsi que la plupart de ses collègues ministres et la direction du parti, ont accepté à contrecœur de considérer qu’il s’agissait d’une réglementation nécessaire au niveau de l’UE.

Dans le même temps, la gauche du parti a exhorté ses dirigeants à ne pas donner leur approbation aux gouvernements allemand et européen.

Une motion de la branche jeunesse du parti qui aurait pu obliger les élus à les empêcher de donner leur approbation a toutefois été rejetée par les délégués lors de la conférence du parti en novembre, les plus pragmatiques conservant l’avantage.

L’orientation pragmatique des Verts après deux ans au gouvernement se reflète également dans le ton de la campagne à venir, qu’ils devraient lancer lundi (15 avril) à Berlin.

Le manifeste national des Verts met l’accent sur la stabilité, en insistant sur la « prospérité » et la « sécurité ». Lors du congrès du Parti vert européen en février, la délégation allemande a également fait des vagues lorsqu’elle a fait pression pour modérer les objectifs climatiques dans le manifeste paneuropéen.

Selon les sondages nationaux, les Verts allemands risquent de perdre environ sept eurodéputés lors des prochaines élections, puisqu’ils plafonnent à environ 13 % d’intentions de vote.

Le Pacte sur l’asile et la migration a été adopté « au détriment des droits humains », avertit Amnesty International

Le Pacte sur l’asile et la migration adopté par le Parlement européen mercredi va « affaiblir le droit d’asile » et inscrire dans la loi une approche défaillante de la question migratoire européenne, a alerté Eve Geddie, cheffe du bureau de Bruxelles d’Amnesty International.

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